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Pension de réversion

Combien d’années de mariage faut-il pour avoir la pension de réversion ?

Sur cette page (sommaire)

Pour la retraite de base du régime général et pour l’Agirc-Arrco, aucune durée minimale de mariage n’est exigée : il suffit d’avoir été marié avec la personne décédée. La règle des 4 ans de mariage existe seulement dans la fonction publique et à l’Ircantec, et elle tombe dès qu’une autre condition est remplie, par exemple un enfant né du mariage. Le Pacs et le concubinage, eux, n’ouvrent aucun droit, quelle que soit leur durée.

La réponse dépend donc du régime de retraite auquel cotisait le conjoint décédé. Un ancien salarié du privé relève de l’Assurance retraite (Carsat) pour sa retraite de base et de l’Agirc-Arrco pour sa complémentaire. Un fonctionnaire d’État dépend du Service des retraites de l’État (SRE), un fonctionnaire territorial ou hospitalier de la CNRACL, un contractuel de la fonction publique de l’Ircantec pour sa complémentaire. Chaque caisse applique ses propres conditions de mariage, et la durée de l’union peut aussi servir à partager la pension entre plusieurs conjoints successifs.

Durée minimale de mariage exigée pour la pension de réversion, par régime (règles en vigueur au 12 octobre 2026)
Régime du conjoint décédéDurée minimale de mariageExceptions
Régime général (salarié du privé, artisan, commerçant, contractuel pour la base)AucuneSans objet
Agirc-Arrco (complémentaire des salariés du privé)AucuneSans objet, mais le survivant ne doit pas être remarié
Fonction publique d’État et militaires (SRE)4 ansEnfant issu du mariage, mariage au moins 2 ans avant la retraite, mariage antérieur à l’événement ayant causé la retraite pour invalidité ou le décès
Fonction publique territoriale et hospitalière (CNRACL)4 ansEnfant issu de l’union, 2 ans de services entre le mariage et la radiation des cadres
Ircantec (contractuels de la fonction publique)4 ansMariage 2 ans avant les 55 ans du défunt ou avant la fin de ses cotisations, enfant né de l’union
Pacs ou concubinagePas de droitAucune

Régime général : le mariage suffit, sans durée minimale

Pour la pension de réversion versée par l’Assurance retraite, la condition familiale tient en une ligne : être ou avoir été marié avec l’assuré décédé. Aucun texte n’impose 2, 4 ou 5 ans de mariage. Une union de quelques mois ouvre donc le droit, dès lors que les autres conditions sont remplies.

Ces autres conditions sont l’âge (55 ans au minimum) et les ressources. En 2026, vos ressources annuelles brutes ne doivent pas dépasser 25 001,60 € si vous vivez seul, ou 40 002,56 € si vous vivez en couple. La pension vaut 54 % de la retraite de base que percevait ou aurait perçue le défunt. Le détail figure dans notre page sur les conditions pour toucher la pension de réversion.

La même règle s’applique aux régimes alignés sur le régime général : MSA pour les salariés agricoles, retraite de base des artisans et commerçants, retraite de base des professions libérales (CNAVPL).

Un mariage très récent ou tardif ouvre-t-il le droit ?

Oui dans le privé. Se marier à 70 ans avec un conjoint déjà retraité, ou peu de temps avant son décès, n’empêche pas la réversion de la Carsat ni celle de l’Agirc-Arrco. La caisse ne vérifie pas l’ancienneté du mariage, seulement son existence au jour du décès (ou le divorce, pour un ex-conjoint).

Agirc-Arrco : pas de durée minimale, mais pas de remariage

La retraite complémentaire des salariés du privé verse au conjoint survivant 60 % des points du défunt, sans condition de ressources. Là non plus, aucune durée de mariage n’est imposée. Il faut avoir été marié, avoir 55 ans (sans condition d’âge si vous aviez au moins 2 enfants à charge au décès ou si vous êtes invalide) et ne pas être remarié.

Ce dernier point pèse lourd : un remariage, même ultérieur, supprime définitivement la réversion Agirc-Arrco, y compris si le nouveau mariage se termine par un divorce ou un veuvage. Notre page sur les situations qui font perdre la pension de réversion détaille ces cas.

Fonctionnaire de l’État : 4 ans de mariage ou une autre condition

C’est de la fonction publique que vient l’idée d’une durée minimale. Pour la réversion d’une pension civile ou militaire de l’État, le conjoint ou l’ex-conjoint doit remplir une des conditions suivantes :

  • avoir eu au moins un enfant issu du mariage ;
  • avoir été marié au moins 4 ans ;
  • s’être marié au moins 2 ans avant la mise à la retraite du fonctionnaire ;
  • s’être marié avant l’événement qui a causé sa mise à la retraite pour invalidité ou son décès.

Une seule condition suffit. Un mariage célébré en 2015 avec un fonctionnaire parti à la retraite en 2020 ouvre le droit même si le décès survient dès 2021, après 6 ans d’union : le mariage précédait de plus de 2 ans la mise à la retraite. À l’inverse, épouser un fonctionnaire déjà retraité impose d’atteindre 4 ans de mariage, sauf enfant commun.

En contrepartie, le SRE ne fixe ni âge minimum ni plafond de ressources. La réversion représente 50 % de la pension du défunt, comme l’explique notre page sur le montant de la réversion d’un fonctionnaire.

Fonctionnaire territorial ou hospitalier : la règle de la CNRACL

La CNRACL, qui gère les retraites des agents des collectivités locales et des hôpitaux, retient trois conditions alternatives : 4 ans de mariage, un enfant issu de l’union, ou 2 ans de services valables entre le mariage et la radiation des cadres de l’agent. Le demandeur ne doit pas non plus avoir été condamné pour violences conjugales ou harcèlement envers le défunt.

La nuance avec l’État porte sur la troisième condition : la CNRACL compte des années de services effectués après le mariage, l’État compte le délai entre le mariage et la retraite.

Contractuel de la fonction publique : les conditions de l’Ircantec

Un agent non titulaire relève du régime général pour sa base (donc sans durée minimale) et de l’Ircantec pour sa complémentaire. L’Ircantec verse 50 % des points du défunt à partir de 50 ans (ou sans condition d’âge avec 2 enfants à charge de moins de 21 ans ou handicapés). Elle exige 4 ans de mariage, ou un mariage célébré au moins 2 ans avant les 55 ans du défunt ou avant la fin de ses cotisations. Aucune durée n’est exigée si un enfant est né de l’union.

Ex-conjoint divorcé : la durée du mariage sert au partage

Le divorce ne fait pas perdre la réversion. Dans le régime général, l’ex-conjoint est traité comme un conjoint survivant, même s’il vit de nouveau en couple. Quand le défunt laisse un conjoint et un ou plusieurs ex-conjoints, la pension est partagée au prorata de la durée de chaque mariage, calculée de date à date et arrondie au mois inférieur. C’est ici que les années de mariage comptent vraiment : elles ne conditionnent pas le droit, elles fixent la part de chacun.

L’Agirc-Arrco applique aussi un prorata des durées de mariage, mais seulement entre les bénéficiaires non remariés. Le SRE partage de la même façon, avec une différence : la part d’un bénéficiaire qui disparaît va aux enfants de moins de 21 ans, pas aux autres conjoints. Les cas de divorce sont développés dans notre page qui touche la réversion en cas de divorce.

Pacs et concubinage : des années de vie commune qui ne comptent pas

Le Pacs ne donne droit à aucune pension de réversion, ni au régime général, ni à l’Agirc-Arrco, ni dans la fonction publique. Le concubinage non plus, même après plusieurs dizaines d’années. Le Gouvernement l’a rappelé le 7 avril 2026 dans une réponse à une question écrite de l’Assemblée nationale : la réversion reste liée au mariage, la législation n’est pas modifiée.

Les années de vie commune avant le mariage ne s’ajoutent pas non plus : un couple qui a vécu 25 ans en concubinage puis s’est marié 2 ans avant le décès totalise 2 ans de mariage. Pour un fonctionnaire de l’État déjà retraité, sans enfant commun, cela ne suffit pas. Notre page Pacs et pension de réversion traite aussi le cas inverse, celui du veuf qui se pacse.

Les autres conditions à remplir en plus du mariage

Remplir la condition de mariage ne garantit pas le versement. Selon la caisse, il faut aussi :

  • avoir l’âge requis : 55 ans au régime général et à l’Agirc-Arrco, 50 ans à l’Ircantec, aucun âge dans la fonction publique ;
  • respecter le plafond de ressources du régime général (25 001,60 € seul, 40 002,56 € en couple en 2026), qui n’existe ni à l’Agirc-Arrco ni dans la fonction publique ;
  • ne pas être remarié pour l’Agirc-Arrco, et ne vivre ni en mariage, ni en Pacs, ni en concubinage pour la fonction publique ;
  • déposer une demande, car la réversion n’est jamais versée d’office.

Le plafond de ressources est détaillé dans notre page plafond de ressources de la réversion en 2026.

Comment vérifier vos droits et déposer la demande ?

  1. Listez les régimes du défunt : ses relevés de carrière ou son espace sur info-retraite.fr les indiquent.
  2. Pour chaque régime de la fonction publique ou l’Ircantec, vérifiez la date du mariage, la durée de l’union, la date de départ à la retraite et l’existence d’un enfant commun.
  3. Rassemblez l’acte de naissance du défunt avec mentions marginales : il prouve les mariages et divorces successifs.
  4. Déposez une seule demande en ligne sur info-retraite.fr, transmise à tous les régimes, base et complémentaires.

Les pièces à joindre sont listées dans notre page documents à fournir pour une demande de réversion. Déposez la demande dans les 12 mois suivant le décès : au régime général, c’est la condition pour que la pension démarre au mois suivant le décès.

Questions fréquentes

Peut-on toucher une pension de réversion après seulement un an de mariage ?

Oui si le défunt était salarié du privé, artisan ou commerçant : ni le régime général ni l’Agirc-Arrco n’exigent de durée minimale. Dans la fonction publique, un an de mariage suffit seulement si un enfant est né de l’union ou si le mariage précédait d’au moins 2 ans la retraite du fonctionnaire.

Faut-il être marié depuis 5 ans pour toucher la pension de réversion ?

Non. Aucun régime n’exige 5 ans. La durée la plus longue demandée est de 4 ans, dans la fonction publique et à l’Ircantec, et elle n’est exigée que si aucune autre condition n’est remplie.

Un mariage après le départ à la retraite du conjoint ouvre-t-il le droit ?

Oui dans le privé. Pour un fonctionnaire de l’État, un mariage postérieur à la retraite doit avoir duré au moins 4 ans, sauf si un enfant en est issu.

Une ex-épouse divorcée peut-elle toucher la réversion ?

Oui. Le divorce ne fait pas perdre le droit. Si le défunt s’était remarié, la pension est partagée entre les conjoints successifs au prorata de la durée de chaque mariage. À l’Agirc-Arrco, l’ex-épouse ne doit pas s’être remariée.

Le Pacs compte-t-il comme des années de mariage ?

Non. Un Pacs n’est pas assimilé au mariage et n’ouvre aucun droit à réversion, quelle que soit sa durée. Le Gouvernement a confirmé le 7 avril 2026 qu’il ne modifiait pas cette règle.

Est-ce la durée du mariage ou la durée de vie commune qui compte ?

Seule la durée du mariage compte. Les années de concubinage ou de Pacs qui ont précédé le mariage ne sont pas ajoutées, ni pour ouvrir le droit, ni pour calculer un partage entre ex-conjoints.

La durée du mariage change-t-elle le montant de la réversion ?

Seulement s’il y a plusieurs bénéficiaires. Avec un seul conjoint, il reçoit la totalité de la réversion, que le mariage ait duré 2 ou 40 ans. Avec plusieurs conjoints successifs, chacun reçoit une part proportionnelle à la durée de son mariage.

Sources officielles

Comment cette page est tenue à jour. Les montants, plafonds et délais sont vérifiés sur les sources officielles citées à la date indiquée en haut de page, et revus à chaque revalorisation. Cette page donne une information générale : elle ne remplace pas l’avis de votre caisse, d’un notaire ou d’un avocat.

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