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Pension de réversion

Pension de réversion : 12 idées reçues, vrai ou faux ?

Sur cette page (sommaire)

La plupart des idées qui circulent sur la pension de réversion sont fausses ou à moitié vraies, parce qu’elles appliquent à tous les régimes une règle qui n’en concerne qu’un. La réversion n’est jamais automatique, elle ne s’ouvre pas aux partenaires de Pacs, un remariage ne fait pas tout perdre au régime général, et une demande tardive conserve le droit, sans le rappel des mois passés. Les douze affirmations ci-dessous sont confrontées aux textes et aux pages officielles en vigueur au 12 octobre 2026.

Pour s’y retrouver, il faut garder en tête que le défunt a presque toujours cotisé à plusieurs caisses : un régime de base (Assurance retraite, MSA, fonction publique…) et un ou plusieurs régimes complémentaires (Agirc-Arrco, Ircantec…). Chacune applique ses propres taux et conditions. Notre guide de la pension de réversion présente le dispositif dans son ensemble ; cette page sert à corriger les erreurs les plus coûteuses.

Les 12 idées reçues sur la réversion et leur verdict
Idée reçueVerdictCe que dit la règle
1. La réversion est versée automatiquementFauxElle doit être demandée
2. Un partenaire de Pacs y a droitFauxMariage obligatoire
3. Il faut des années de mariageFaux au régime généralCondition de durée surtout dans le public
4. L’ex-épouse n’a droit à rienFauxPartage au prorata des mariages
5. Se remarier fait tout perdreÇa dépendMaintien au régime général, perte à l’Agirc-Arrco
6. Il y a un plafond de ressources partoutFauxPas de plafond à l’Agirc-Arrco ni dans le public
7. Au-dessus du plafond, on perd toutFauxRéduction du seul dépassement
8. La maison du couple compte dans les ressourcesFauxRésidence principale exclue
9. Avant 55 ans, rien n’est possibleFauxAllocation veuvage, fonction publique, exceptions Agirc-Arrco
10. Après un an, c’est trop tardFauxSeul le rappel est perdu
11. La réversion n’est pas imposableFauxImposable comme une retraite
12. Le montant ne bouge plus une fois accordéFauxRévisable jusqu’à la cristallisation

1. « La réversion est versée automatiquement au conjoint » : faux

Aucune caisse ne verse la réversion d’office, même lorsqu’elle a été informée du décès et qu’elle connaît le conjoint. Le service public le rappelle pour le régime général, et c’est vrai partout ailleurs. La démarche a été simplifiée : le service « Demander ma réversion » d’info-retraite.fr, accessible avec FranceConnect, transmet une seule demande à tous les régimes de base et complémentaires du défunt. Le pas à pas se trouve dans notre page sur la demande unique de réversion en ligne.

2. « Pacsé ou en concubinage, j’y ai droit » : faux

Tous les régimes réservent la réversion aux personnes mariées avec le défunt. Vingt ans de Pacs ou trois enfants communs n’y changent rien. Le partenaire survivant peut toutefois avoir droit à d’autres sommes, comme le capital décès de la Sécurité sociale ou une assurance vie dont il est bénéficiaire. Nous détaillons ces solutions dans notre page sur le Pacs et la réversion.

3. « Il faut avoir été marié plusieurs années » : faux au régime général

Le régime général, la MSA, les indépendants et l’Agirc-Arrco n’imposent aucune durée minimale de mariage. La condition existe en revanche dans la fonction publique de l’État : un enfant issu du mariage, ou quatre ans de mariage, ou un mariage célébré au moins deux ans avant la mise à la retraite. La CNRACL et l’Ircantec appliquent des règles proches. Un même veuf peut donc toucher la réversion du privé de son épouse et se la voir refuser pour ses années de fonctionnaire.

4. « L’ex-épouse divorcée n’a droit à rien » : faux

L’ex-conjoint divorcé est bénéficiaire, quel que soit le motif du divorce. Au régime général, il garde ce droit même s’il vit de nouveau en couple. Lorsque le défunt s’est remarié, la réversion est partagée entre la veuve et les ex-épouses au prorata de la durée de chaque mariage, calculée de date à date. La veuve ne touche donc pas toujours la totalité. Les modalités de partage sont détaillées dans qui touche la réversion en cas de divorce.

5. « Se remarier fait perdre toute la réversion » : ça dépend du régime

Au régime général, le remariage ne supprime pas le droit : les ressources du nouveau couple sont comparées au plafond de 40 002,56 € par an, ce qui réduit souvent la pension mais ne l’annule pas systématiquement. À l’Agirc-Arrco, le remariage supprime la réversion définitivement, même en cas de nouveau veuvage. Dans la fonction publique, remariage, Pacs ou concubinage la suspendent, avec possibilité de la retrouver si la nouvelle union prend fin. Un Pacs ou un concubinage ne fait pas perdre la réversion Agirc-Arrco, puisque seul le remariage est visé.

6. « Toutes les réversions sont soumises à un plafond de ressources » : faux

Le plafond ne concerne que les régimes de base alignés sur le régime général : Assurance retraite, MSA, indépendants, professions libérales (CNAVPL). En 2026, il est de 25 001,60 € par an pour une personne seule et 40 002,56 € pour un couple, calculé sur 2 080 fois le Smic horaire au 1er janvier (12,02 €). La hausse du Smic au 1er juin 2026 ne l’a pas modifié. L’Agirc-Arrco, la fonction publique et l’Ircantec versent la réversion sans condition de ressources. Les détails figurent sur notre page plafond de ressources de la réversion en 2026.

7. « Si je dépasse le plafond, je perds tout » : faux

Quand les ressources du demandeur augmentées de la réversion dépassent le plafond, la caisse retranche le dépassement de la pension. Elle ne la supprime que si le dépassement est égal ou supérieur au montant de la réversion. Les revenus d’activité du survivant ne sont en outre retenus qu’à hauteur de 70 %, et sa réversion Agirc-Arrco n’est pas comptée.

8. « Ma maison et l’héritage comptent dans mes ressources » : faux

La valeur de la résidence principale n’est pas retenue. Les biens et revenus reçus du chef du défunt ou à cause du décès (part d’héritage, capital d’assurance vie dont vous êtes bénéficiaire) sont exclus des ressources par l’article R353-1 du Code de la sécurité sociale. En revanche, votre épargne personnelle et vos biens propres non loués sont réputés produire un revenu forfaitaire égal à 3 % de leur valeur. Une résidence secondaire vous appartenant en propre peut donc peser. Voir les biens mobiliers à déclarer.

9. « Avant 55 ans, il n’y a rien » : faux

L’âge de 55 ans s’applique au régime général et, en principe, à l’Agirc-Arrco. Mais l’Agirc-Arrco lève la condition d’âge si le survivant a au moins deux enfants à charge au décès ou s’il est invalide. La fonction publique n’impose aucun âge, et l’Ircantec ouvre la réversion dès 50 ans. Enfin, le veuf ou la veuve de moins de 55 ans peut demander l’allocation veuvage, au plus 719,58 € net par mois pendant deux ans, sous condition de ressources : voir l’allocation veuvage en 2026.

10. « Passé un an après le décès, c’est trop tard » : faux

Le droit à la réversion ne se prescrit pas en un an. Ce qui se joue dans les 12 mois, c’est la date de départ : au régime général, une demande déposée dans l’année qui suit le décès permet un versement à partir du 1er jour du mois suivant le décès. Au-delà, la pension démarre au plus tôt le 1er jour du mois suivant la demande, et les mois écoulés sont perdus. À l’Agirc-Arrco, le rappel est limité à un an en cas de demande tardive. Notre page sur la rétroactivité de la réversion donne les calculs.

11. « La réversion n’est pas imposable » : faux

La pension de réversion est imposable à l’impôt sur le revenu dans la catégorie des pensions, au nom de son bénéficiaire et non du défunt. Elle bénéficie de l’abattement de 10 % des pensions. Elle supporte aussi la CSG, la CRDS et la Casa, selon le revenu fiscal de référence. La marche à suivre est expliquée dans comment déclarer la réversion aux impôts.

12. « Une fois accordé, le montant ne bouge plus » : faux

Au régime général, la réversion reste révisable tant qu’elle n’est pas « cristallisée » : si vos ressources changent, la caisse recalcule. La dernière révision intervient au plus tard trois mois après que vous avez obtenu l’ensemble de vos retraites personnelles, de base et complémentaires, ou à l’âge légal si vous n’avez aucun droit propre. Depuis le 1er janvier 2026, les droits nouveaux acquis en cumul emploi-retraite ne repoussent plus cette date. Après la cristallisation, seule la revalorisation annuelle fait évoluer la pension. Pour mesurer l’effet de votre propre retraite, voir le cumul réversion et retraite personnelle.

Et l’idée que « la réversion, c’est la moitié de la retraite » ?

C’est un ordre de grandeur, pas une règle. Le régime général verse 54 % de la retraite de base du défunt, l’Agirc-Arrco 60 % de ses points, la fonction publique et l’Ircantec 50 %. Au régime général, la pension ne peut descendre sous un minimum de 334,92 € par mois si le défunt totalisait au moins 60 trimestres, et elle est plafonnée à 54 % de la pension maximale du régime. Des majorations s’ajoutent : 10 % pour avoir eu ou élevé au moins trois enfants, et 11,1 % à partir de 67 ans pour les petites retraites.

Questions fréquentes

La pension de réversion est-elle supprimée si l’on vit en concubinage ?

Au régime général, non : les ressources du couple sont simplement prises en compte. À l’Agirc-Arrco, seul le remariage supprime le droit. Dans la fonction publique, le concubinage suspend la réversion, qui peut être rétablie à la fin de la vie commune.

Les hommes veufs ont-ils droit à la réversion ?

Oui, dans les mêmes conditions que les veuves. Les règles ne font aucune différence selon le sexe du conjoint survivant.

Peut-on toucher la réversion en continuant à travailler ?

Oui. Au régime général, vos revenus d’activité ne sont retenus qu’à 70 % pour le calcul des ressources. À l’Agirc-Arrco et dans la fonction publique, travailler n’a aucun effet sur la réversion.

La réversion est-elle versée à vie ?

Oui, en principe, tant que les conditions restent remplies. Elle peut être réduite ou suspendue en cas de changement de ressources avant la cristallisation, ou supprimée par un remariage dans certains régimes.

L’assurance vie reçue au décès compte-t-elle dans les ressources ?

Non pour le capital reçu en tant que bénéficiaire du contrat du défunt : les biens obtenus du fait du décès sont exclus. Votre propre assurance vie, en revanche, peut être prise en compte au régime général.

Faut-il écrire à chaque caisse de retraite ?

Pas si vous passez par info-retraite.fr : une demande unique en ligne est transmise à tous les régimes, de base et complémentaires. Sur papier, le formulaire unique ne vaut que pour les régimes de base ; il faut une demande séparée pour l’Agirc-Arrco.

Sources officielles

Comment cette page est tenue à jour. Les montants, plafonds et délais sont vérifiés sur les sources officielles citées à la date indiquée en haut de page, et revus à chaque revalorisation. Cette page donne une information générale : elle ne remplace pas l’avis de votre caisse, d’un notaire ou d’un avocat.

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