Sur cette page (sommaire)
Après le décès de votre mari, vous pouvez avoir droit à une pension de réversion (54 % de sa retraite de base sous conditions de ressources dès 55 ans, 60 % de ses points Agirc-Arrco sans condition de ressources), à l’allocation de veuvage si vous avez moins de 55 ans, au capital décès de 4 009 € s’il était encore en activité, ainsi qu’à une part de sa succession. Aucun de ces droits n’est versé automatiquement : chacun se demande, et certains délais font perdre de l’argent s’ils sont dépassés. Une seule démarche en ligne suffit toutefois pour toutes les pensions de réversion.
Les règles varient selon la situation de votre mari au moment du décès (salarié, retraité, fonctionnaire, indépendant), selon votre âge et selon vos ressources. Cette page fait le tour de ce qui peut vous revenir et vous oriente vers les organismes à contacter, dans l’ordre où les démarches se posent. Les montants indiqués sont ceux en vigueur au 12 octobre 2026.
Que faire dans les premières semaines ?
Commencez par réunir les pièces qui servent partout : plusieurs copies intégrales de l’acte de décès (gratuites, à demander à la mairie du lieu du décès), votre livret de famille, votre pièce d’identité, un RIB à votre nom, les derniers relevés de pension ou bulletins de salaire de votre mari et vos propres justificatifs de ressources.
Les comptes ouverts au seul nom de votre mari sont bloqués dès que la banque apprend le décès. Le compte joint, lui, continue en principe de fonctionner avec vous, sauf opposition d’un héritier. La banque peut régler la facture des obsèques sur les comptes du défunt dans la limite du solde disponible et de 5 965 €. Le détail se trouve dans notre article sur l’usage du compte du défunt par le conjoint survivant.
Prévenez aussi sans tarder les caisses de retraite de votre mari, son employeur s’il travaillait, sa mutuelle et ses assureurs. Il n’existe pas de service officiel qui prévienne toutes les administrations en une fois. Notre liste des démarches administratives après un décès détaille l’ordre à suivre.
Avez-vous droit au capital décès de la Sécurité sociale ?
Le capital décès de l’Assurance maladie est un versement unique de 4 009 € depuis le 1er avril 2026, quel que soit le salaire. Il est dû si, dans les 3 mois précédant le décès, votre mari était salarié, demandeur d’emploi indemnisé, en arrêt maladie ou accident du travail, ou titulaire d’une pension d’invalidité. Un retraité du régime général n’y ouvre pas droit. Un artisan ou commerçant retraité ayant validé au moins 80 trimestres ouvre droit, lui, à 3 844,80 €.
Si vous étiez à la charge effective, totale et permanente de votre mari, vous êtes bénéficiaire prioritaire et devez faire valoir cette priorité dans le mois qui suit le décès. Sinon, en tant qu’épouse non séparée, vous pouvez le demander dans les 2 ans. La demande se fait avec le formulaire S3180 (cerfa n° 10431*05), envoyé à la CPAM ou à la MSA de votre mari avec un RIB. Les cas particuliers sont détaillés dans notre page sur le capital décès de la CPAM. Si votre mari était fonctionnaire en activité, le capital décès est versé par son administration et équivaut au minimum à 12 mois de rémunération pour un agent de l’État.
L’allocation de veuvage si vous avez moins de 55 ans
Avant 55 ans, vous ne pouvez pas encore toucher la réversion du régime général. L’allocation de veuvage prend le relais si votre mari était affilié à l’assurance vieillesse au moins 3 mois dans l’année précédant son décès, si vous ne vivez pas en couple et si vos ressources des 3 derniers mois ne dépassent pas 2 698,43 €.
Son montant maximum est de 719,58 € net par mois en 2026, réduit si vos ressources dépassent le plafond. Elle est versée pendant 2 ans au plus à partir du mois du décès, ou jusqu’à vos 55 ans si vous aviez au moins 50 ans au décès. La demande se fait auprès de la Carsat ou de la MSA, dans les 2 ans. Déposée dans les 12 mois suivant le décès, elle prend effet au 1er jour du mois du décès. Conditions et calcul sont détaillés dans notre guide de l’allocation de veuvage.
La pension de réversion de la retraite de base
Si votre mari était salarié du privé, artisan, commerçant ou contractuel de la fonction publique, sa retraite de base relevait de l’Assurance retraite (Carsat), de la MSA pour les salariés agricoles, ou de la Cnavpl pour une profession libérale. La réversion y représente 54 % de la retraite qu’il percevait ou aurait perçue, hors majorations.
Trois conditions : avoir été mariée avec lui (le Pacs et le concubinage n’ouvrent aucun droit), avoir au moins 55 ans, et ne pas dépasser le plafond de ressources : 25 001,60 € par an si vous vivez seule, 40 002,56 € si vous vivez de nouveau en couple. Vos revenus d’activité ne comptent que pour 70 % de leur montant, et les biens reçus de votre mari ou en raison de son décès sont exclus. Si le total de vos ressources et de la réversion dépasse le plafond, la pension est réduite du dépassement. Le calcul complet figure dans notre page sur le plafond de ressources de la réversion.
Si votre mari avait au moins 60 trimestres au régime général, la réversion ne peut pas être inférieure à 334,92 € par mois. Elle peut être majorée de 10 % si vous avez eu ou élevé au moins 3 enfants, et de 11,1 % à partir de 67 ans si l’ensemble de vos retraites ne dépasse pas 3 020,07 € par trimestre.
La réversion de la retraite complémentaire Agirc-Arrco
Pour un ancien salarié du privé, la complémentaire Agirc-Arrco verse 60 % des points acquis par votre mari, sans condition de ressources. L’âge minimum est de 55 ans, sauf si vous avez au moins 2 enfants à charge au moment du décès ou si vous êtes invalide. Le remariage met fin définitivement à cette pension, même si la nouvelle union se termine ensuite ; le Pacs et le concubinage n’ouvrent pas de droit. Les règles propres à ce régime sont expliquées dans notre page sur la réversion de la retraite complémentaire.
Votre mari était fonctionnaire : quelles différences ?
Si votre mari était fonctionnaire titulaire, la réversion représente 50 % de sa pension, sans condition d’âge ni de ressources. Il faut en revanche une condition liée au mariage : un enfant issu du mariage, 4 ans de mariage, ou d’autres cas prévus par le régime. Le droit est perdu en cas de remariage, de Pacs ou de concubinage, et peut être rétabli quand cette nouvelle union prend fin. Les fonctionnaires de l’État relèvent du Service des retraites de l’État, les territoriaux et hospitaliers de la CNRACL. Montants et conditions sont détaillés dans notre page sur la réversion d’un fonctionnaire.
| Droit | Montant | Conditions principales | À qui s’adresser |
|---|---|---|---|
| Réversion régime général | 54 % de la retraite de base, minimum 334,92 €/mois | Mariage, 55 ans, ressources ≤ 25 001,60 € seule | Demande en ligne info-retraite.fr ou Carsat |
| Réversion Agirc-Arrco | 60 % des points du défunt | Mariage, 55 ans (sauf 2 enfants à charge ou invalidité), pas remariée | Même demande en ligne |
| Réversion fonction publique | 50 % de la pension | Mariage avec enfant ou 4 ans d’union (ou autre cas prévu), pas de condition d’âge ni de ressources | SRE ou CNRACL, via la même demande |
| Allocation de veuvage | Jusqu’à 719,58 € net/mois, 2 ans maximum | Moins de 55 ans, ressources ≤ 2 698,43 € sur 3 mois | Carsat ou MSA |
| Capital décès CPAM | 4 009 € en une fois | Défunt salarié, chômeur indemnisé, en arrêt ou invalide dans les 3 mois | CPAM ou MSA, formulaire S3180 |
Comment demander toutes vos pensions de réversion en une fois ?
Le service « Demander ma réversion » d’info-retraite.fr, accessible avec FranceConnect, transmet une demande unique à tous les régimes auxquels votre mari a cotisé, base et complémentaires. Vous pouvez enregistrer un brouillon, conservé 90 jours, et déposer des justificatifs scannés de 4 Mo au plus. Chaque caisse étudie ensuite votre dossier et verse sa propre pension. Par courrier, en revanche, le formulaire « demande unique » ne vaut que pour les régimes de base : il faut écrire séparément à chaque caisse complémentaire.
- Connectez-vous à votre espace sur info-retraite.fr et choisissez « Demander ma réversion ».
- Indiquez l’identité et le numéro de Sécurité sociale de votre mari, la date du mariage et du décès.
- Déclarez vos ressources des 3 derniers mois et celles de votre foyer.
- Joignez l’acte de décès, l’acte de mariage ou le livret de famille, une pièce d’identité et un RIB : la liste complète figure dans notre page sur les documents à fournir pour la réversion.
- Suivez l’avancement dans la rubrique de suivi des demandes, et conservez l’accusé de dépôt.
Ne laissez pas passer le délai d’un an : pour la réversion de base, une demande déposée dans les 12 mois suivant le décès permet un versement à partir du 1er jour du mois suivant le décès. Au-delà, la pension ne démarre qu’au 1er jour du mois suivant la demande, et les mois écoulés sont perdus. Si la caisse ne répond pas dans les 4 mois, son silence vaut refus, ce qui vous permet de contester.
Quels sont vos droits dans la succession ?
En l’absence de testament ou de donation entre époux, vos droits dépendent des enfants. Si vous n’avez que des enfants communs, vous choisissez entre l’usufruit de toute la succession et la pleine propriété d’un quart. Si votre mari avait au moins un enfant d’une autre union, vous recevez un quart en pleine propriété, sans choix. Sans enfant, vous partagez avec ses parents s’ils sont vivants, sinon vous héritez de tout.
Vous bénéficiez d’un droit d’occuper gratuitement le logement pendant 1 an, puis d’un droit viager d’habitation à demander dans l’année du décès. En tant qu’épouse, vous êtes exonérée de droits de succession. Le notaire est obligatoire s’il y a un bien immobilier, un testament ou une donation entre époux, ou si l’actif atteint 5 965 €. Le notaire gère la succession, mais il ne dépose pas vos demandes de réversion ou de capital décès : ces démarches restent à votre charge.
Assurance vie, prévoyance, contrats oubliés
Votre mari a pu souscrire une assurance vie, ou bénéficier d’une prévoyance par son employeur qui verse un capital ou une rente au conjoint. Ces sommes ne passent pas par la Sécurité sociale. Le capital d’une assurance vie versé à un bénéficiaire désigné n’entre pas dans la succession. L’assureur a 15 jours après l’avis de décès pour vous demander les pièces, puis 1 mois après leur réception pour payer.
Si vous ignorez l’existence d’un contrat, l’AGIRA recherche gratuitement les contrats d’assurance vie et obsèques. Contactez aussi les anciens employeurs pour les contrats de prévoyance collective. Notre page sur la recherche de capitaux après un décès détaille ces démarches.
Santé, logement, impôts : ce qu’il faut mettre à jour
Si vous étiez rattachée à votre mari pour l’Assurance maladie, signalez le décès à votre caisse pour être prise en charge à votre nom. Si sa mutuelle d’entreprise vous couvrait, demandez à l’organisme les conditions de maintien. En cas de ressources modestes, la Complémentaire santé solidaire peut prendre le relais.
Si vous êtes locataire et que le bail était au nom de votre mari, il vous est transféré à votre demande ; s’il était à vos deux noms, il continue avec vous. Prévenez la Caf : vos aides au logement sont recalculées sur votre nouvelle situation.
Pour l’impôt sur le revenu de l’année du décès, vous déposerez au printemps suivant deux déclarations : une déclaration commune du 1er janvier à la date du décès, puis la vôtre jusqu’au 31 décembre. Vous gardez cette année-là le même nombre de parts. Signalez le décès dans les 60 jours dans la rubrique « Gérer mon prélèvement à la source » de votre espace impots.gouv.fr.
Les délais qui comptent
- 1 mois : pour faire valoir une priorité au capital décès si vous étiez à la charge de votre mari.
- 12 mois : pour obtenir la réversion de base à partir du mois suivant le décès, et l’allocation de veuvage à partir du mois du décès.
- 2 ans : pour demander le capital décès en tant qu’épouse, et l’allocation de veuvage.
- 6 mois : pour déposer la déclaration de succession si elle est nécessaire.
- 1 an : pour demander le droit viager d’habitation sur le logement.
Pour être aidée pas à pas dans la demande, consultez notre dossier pension de réversion : récupérer la pension de votre conjoint.
Questions fréquentes
Combien touche une veuve sur la retraite de son mari ?
Elle touche 54 % de la retraite de base du régime général si ses ressources respectent le plafond, et 60 % des points Agirc-Arrco sans condition de ressources. Si le mari était fonctionnaire, la réversion représente 50 % de sa pension. Le montant réel dépend aussi d’un éventuel partage avec une ex-épouse.
La pension de réversion est-elle automatique ?
Non. Il faut la demander, de préférence en ligne sur info-retraite.fr, où une demande unique est transmise à tous les régimes de votre mari. Déposée dans les 12 mois suivant le décès, elle permet un versement à partir du mois suivant le décès pour la retraite de base.
Ai-je droit au capital décès si mon mari était retraité ?
Pas de la part de la CPAM si votre mari était retraité du régime général : le capital décès est réservé aux personnes en activité, au chômage indemnisé, en arrêt ou invalides dans les 3 mois avant le décès. Un ancien artisan ou commerçant retraité avec 80 trimestres ouvre droit à 3 844,80 €. Un contrat de prévoyance ou une mutuelle peut aussi prévoir un capital.
Puis-je toucher l’allocation de veuvage et la réversion en même temps ?
L’allocation de veuvage concerne les veufs et veuves de moins de 55 ans, âge à partir duquel la réversion du régime général peut être demandée. Elle cesse au plus tard au bout de 2 ans, ou à 55 ans si vous aviez au moins 50 ans au décès. La réversion Agirc-Arrco, elle, peut être versée avant 55 ans si vous avez 2 enfants à charge.
Est-ce que je perds la réversion si je me remarie ?
Pas au régime général, mais les ressources de votre nouveau couple sont alors comparées au plafond de 40 002,56 €. À l’Agirc-Arrco, le remariage supprime définitivement la réversion. Dans la fonction publique, le remariage, le Pacs ou le concubinage la suspendent, avec un rétablissement possible à la fin de la nouvelle union.
Le Pacs donne-t-il droit à la réversion ?
Non. Tous les régimes exigent d’avoir été marié avec le défunt. Le partenaire de Pacs n’a pas droit à la réversion, quelle que soit la durée de l’union.
Le notaire s’occupe-t-il de la pension de réversion ?
Non. Le notaire règle la succession, mais les demandes de réversion, d’allocation de veuvage et de capital décès sont des démarches personnelles auprès des caisses. Vous pouvez vous faire aider par un proche ou par un service d’accompagnement.
Sources officielles
- Service-Public : Pension de réversion de l’Assurance retraite (consulté le 12 octobre 2026)
- Agirc-Arrco : Pension de réversion du conjoint ou ex-conjoint (consulté le 12 octobre 2026)
- Info Retraite : Demander ma réversion en ligne (consulté le 12 octobre 2026)
- Service-Public : Allocation veuvage (consulté le 12 octobre 2026)
- Service-Public : Capital décès versé pour le décès d’un salarié du secteur privé (consulté le 12 octobre 2026)
- Service-Public : Quelles sont les règles pour hériter ? (consulté le 12 octobre 2026)
- Service-Public : Que devient un compte bancaire en cas de décès ? (consulté le 12 octobre 2026)
- Service des retraites de l’État : La veuve, le veuf et les ex-conjoints (consulté le 12 octobre 2026)
Comment cette page est tenue à jour. Les montants, plafonds et délais sont vérifiés sur les sources officielles citées à la date indiquée en haut de page, et revus à chaque revalorisation. Cette page donne une information générale : elle ne remplace pas l’avis de votre caisse, d’un notaire ou d’un avocat.
Une erreur, une règle qui a changé ? Signalez-la à la rédaction : toute correction justifiée est appliquée et datée.