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L’allocation veuvage est une aide temporaire versée au conjoint survivant de moins de 55 ans, marié au défunt, qui ne vit pas en couple et dont les ressources sont modestes. En 2026, elle atteint au maximum 719,58 € net par mois, pendant 2 ans à partir du mois du décès (jusqu’à 55 ans si vous aviez au moins 50 ans au décès). Elle n’est jamais versée d’office : il faut la demander à l’Assurance retraite (ou à la MSA), au plus tard 2 ans après le mois du décès.
Elle comble un vide. La pension de réversion du régime général n’est accessible qu’à partir de 55 ans : un veuf ou une veuve de 40 ou 50 ans n’y a pas encore droit, alors que le revenu du foyer vient souvent de chuter. L’allocation veuvage sert de relais, sous conditions strictes, puis la réversion prend la suite à 55 ans. Elle est gérée par l’Assurance retraite pour les assurés du régime général et par la MSA pour les assurés agricoles.
Cette page donne la vue d’ensemble. Les règles détaillées sont développées dans deux pages voisines : les conditions de l’allocation veuvage en détail et le calcul du montant de l’allocation veuvage.
À qui s’adresse l’allocation veuvage ?
L’allocation vise une situation précise : celle d’une personne veuve, encore loin de la retraite, qui n’a pas ou peu de revenus personnels. Elle doit avoir été mariée avec le défunt au moment du décès. Les partenaires de Pacs et les concubins en sont exclus, même après des années de vie commune ou avec des enfants communs. Un ex-conjoint divorcé n’y a pas droit non plus, contrairement à la pension de réversion.
Elle ne concerne pas les personnes âgées de 55 ans ou plus au jour du décès : pour elles, c’est directement la pension de réversion qui s’applique. Elle ne concerne pas non plus les veufs et veuves de fonctionnaires titulaires, dont le régime verse une réversion sans condition d’âge (voir plus bas).
Quelles sont les conditions en résumé ?
Les conditions portent à la fois sur vous et sur votre conjoint décédé. Toutes doivent être réunies, et celles qui vous concernent doivent le rester pendant toute la durée du versement.
| Condition | Règle |
|---|---|
| Âge du survivant | Moins de 55 ans |
| Situation familiale | Veuf ou veuve, non divorcé du défunt, ne vivant pas en couple (ni remariage, ni Pacs, ni concubinage) |
| Résidence | En France (métropole, départements d’outre-mer, Polynésie, Nouvelle-Calédonie), sauf exceptions liées à la nationalité |
| Ressources | Au maximum 2 698,43 € sur les 3 mois civils de référence, allocation comprise |
| Défunt | Affilié à l’assurance vieillesse au moins 3 mois, continus ou non, dans l’année précédant le décès, ou dans une situation assimilée (chômage indemnisé, arrêt maladie, invalidité, AAH…) |
| Délai | Demande dans les 2 ans à partir du 1er jour du mois du décès |
La condition d’affiliation du défunt est assez souple : il suffit de trois mois, même discontinus, dans les douze mois qui précèdent le mois du décès. Les périodes de chômage indemnisé, d’arrêt de travail, d’invalidité ou de perception de l’allocation aux adultes handicapés comptent. Le détail, avec les cas limites, figure dans notre page sur les conditions d’accès à l’allocation de veuvage.
Combien touche-t-on en 2026 ?
Le montant maximum est de 719,58 € net par mois depuis le 1er janvier 2026 (713,17 € en 2025). C’est un forfait : il ne dépend ni du salaire du défunt, ni de la durée du mariage, ni du nombre d’enfants. Il n’est soumis ni à la CSG, ni à la CRDS, ni à la Casa, de sorte que le montant affiché est celui que vous recevez.
Ce forfait baisse si vous avez des ressources personnelles. La règle est différentielle : vos ressources des 3 mois de référence plus l’allocation des mêmes 3 mois ne doivent pas dépasser 2 698,43 €. Comme l’allocation représente à elle seule 2 158,74 € par trimestre, elle reste entière tant que vos autres ressources ne dépassent pas 539,69 € sur 3 mois, soit environ 180 € par mois. Au-delà, chaque euro de ressources en plus retire un euro d’allocation.
Les ressources retenues, les exclusions (capital décès de la Sécurité sociale, aides au logement…) et d’autres exemples chiffrés sont détaillés dans la page consacrée au montant de l’allocation veuvage et à son calcul.
Combien de temps est-elle versée ?
Le versement dure 2 ans au maximum, à compter du 1er jour du mois du décès, et non à compter de la demande. Si le décès survient le 9 février 2026, la période court du 1er février 2026 au 31 janvier 2028 : demander tard raccourcit donc la période réellement payée.
Une exception protège les veufs et veuves proches de 55 ans : si vous aviez au moins 50 ans à la date du décès, l’allocation est versée jusqu’à vos 55 ans, même si cela dépasse 2 ans. Une veuve de 51 ans peut ainsi la percevoir pendant près de 4 ans. Dans tous les cas, le versement s’arrête plus tôt si une condition cesse d’être remplie : remise en couple, ressources trop élevées, départ à l’étranger.
L’allocation est payée chaque mois, le 20, par la Carsat Bourgogne-Franche-Comté, qui gère l’allocation pour toute la France au titre du régime général.
Que se passe-t-il à 55 ans ?
L’allocation veuvage s’arrête à 55 ans. C’est à cet âge que s’ouvre le droit à la pension de réversion du régime général (54 % de la retraite de base du défunt, sous plafond de ressources) et, en principe, à la réversion Agirc-Arrco (60 % des points du défunt, sans condition de ressources). Ces réversions ne prennent pas le relais automatiquement : il faut les demander, idéalement quelques mois avant vos 55 ans pour éviter une interruption de revenus.
La réversion du régime général peut démarrer au plus tôt le 1er jour du mois qui suit vos 55 ans. La démarche passe par la demande unique de réversion en ligne sur info-retraite.fr, qui couvre aussi les complémentaires.
Bon à savoir : la réversion Agirc-Arrco peut être versée avant 55 ans si le survivant a au moins deux enfants à charge au moment du décès, ou s’il est invalide. Elle est présentée dans notre page sur la réversion de la retraite complémentaire.
Comment demander l’allocation veuvage ?
La demande n’est pas automatique, même si la caisse de retraite a été informée du décès. Pour le régime général, la procédure est la suivante.
- Récupérez le formulaire de demande d’allocation de veuvage de l’Assurance retraite (formulaire R1339 sur service-public.fr). Pour un assuré agricole, utilisez le formulaire MSA R32890, avec la déclaration de situation familiale et de revenus R32895.
- Remplissez-le, datez-le et signez-le. Déclarez précisément vos ressources des 3 mois de référence.
- Envoyez-le en ligne : dans votre espace personnel sur lassuranceretraite.fr, rubrique « Consulter ma messagerie », puis « Transmettre mon formulaire », en joignant le formulaire scanné ou photographié.
- Ou par courrier : Carsat Bourgogne et Franche-Comté, Centre national de traitement de l’allocation veuvage, 21044 Dijon Cedex. Service-public.fr indique aussi que la caisse du dernier lieu de travail du défunt peut être saisie.
- Un conseiller vous contacte par la messagerie et vous indique la liste des justificatifs à fournir (acte de décès, pièce d’identité, justificatifs de ressources, relevé d’identité bancaire, en règle générale).
Pour toute question : 39 60 (ou 09 71 10 39 60 depuis un mobile, une box ou l’étranger), du lundi au vendredi de 8 h à 17 h.
À partir de quand est-elle versée ?
La date de départ dépend de la date de votre demande.
- Demande dans les 12 mois suivant le décès : l’allocation est due à partir du 1er jour du mois du décès, si vous remplissiez les conditions à cette date. Les mois écoulés vous sont versés en rappel.
- Demande entre 12 mois et 2 ans après le décès : l’allocation démarre au 1er jour du mois de la demande. Les mois antérieurs sont perdus, et la fin de la période de 2 ans ne bouge pas.
- Au-delà de 2 ans : plus aucune demande n’est recevable.
L’allocation veuvage est-elle imposable ?
Oui. L’administration fiscale la range parmi les revenus imposables dans la catégorie des pensions (Bofip, BOI-RSA-PENS-10-20-10). Le montant versé dans l’année est donc à déclarer, en principe prérempli par la caisse sur votre déclaration de revenus. En revanche, elle échappe aux prélèvements sociaux (CSG, CRDS, Casa), ce qui la distingue d’une pension de réversion.
Peut-on travailler en touchant l’allocation veuvage ?
Oui, et la règle est plutôt favorable si l’activité commence pendant la période de versement. Le salaire d’une activité reprise, ou d’une formation rémunérée, est cumulable avec l’allocation pendant 12 mois : il n’est pas du tout pris en compte les 3 premiers mois, puis seulement pour moitié les 9 mois suivants. Pour une création ou reprise d’entreprise, des règles forfaitaires spécifiques s’appliquent. Les calculs sont détaillés dans la page sur le montant de l’allocation veuvage.
Toute modification de situation (ressources, emploi, déménagement, vie en couple) doit être signalée sans attendre à la caisse. Une déclaration tardive se traduit par un trop-perçu à rembourser.
Quelles différences avec la pension de réversion ?
- Allocation veuvage
- Moins de 55 ans, mariage obligatoire, ex-conjoint exclu, forfait de 719,58 € net maximum, durée limitée à 2 ans (ou jusqu’à 55 ans), imposable mais sans CSG.
- Pension de réversion du régime général
- À partir de 55 ans, ouverte aussi aux ex-conjoints divorcés, 54 % de la retraite de base du défunt, plafond de ressources annuel de 25 001,60 € pour une personne seule en 2026, versée à vie sous réserve des révisions.
- Réversion Agirc-Arrco
- 60 % des points du défunt, sans condition de ressources, dès 55 ans (ou avant sous conditions d’enfants à charge ou d’invalidité), supprimée en cas de remariage.
Pour un panorama de tous les droits du survivant (capital décès, réversions, prévoyance, aides), consultez la page « mon mari est décédé : quels sont mes droits ? ».
Et si le défunt était fonctionnaire ?
L’allocation veuvage relève du régime général et de la MSA. Si le défunt était fonctionnaire titulaire, son régime (Service des retraites de l’État ou CNRACL) verse une pension de réversion de 50 % sans condition d’âge ni de ressources : le besoin d’une allocation de veuvage ne se pose donc pas de la même manière. Si le défunt a relevé de plusieurs régimes au cours de sa carrière, ou si vous ne savez pas quelle caisse est compétente, le 39 60 vous oriente avant l’envoi du dossier.
Quelles autres aides demander en parallèle ?
L’allocation veuvage se cumule avec d’autres démarches à mener dans les premiers mois : le capital décès de la CPAM si le défunt était salarié ou indemnisé (4 009 € depuis le 1er avril 2026, voir le capital décès de la Sécurité sociale), une éventuelle prévoyance d’entreprise, l’allocation de soutien familial si vous élevez seul des enfants, ou la réversion Agirc-Arrco anticipée en présence de deux enfants à charge. La vue d’ensemble des aides figure dans notre page sur les aides financières après un décès.
Questions fréquentes
Quel est le montant de l’allocation veuvage en 2026 ?
Le montant maximum est de 719,58 € net par mois depuis le 1er janvier 2026. Il est réduit si vos ressources personnelles dépassent 539,69 € sur les 3 mois de référence, car le total allocation plus ressources ne peut pas dépasser 2 698,43 € par trimestre.
Combien de temps dure l’allocation veuvage ?
Deux ans au maximum à compter du 1er jour du mois du décès. Si vous aviez au moins 50 ans au décès, elle est versée jusqu’à vos 55 ans. Elle s’arrête plus tôt si vous vivez de nouveau en couple ou si vos ressources deviennent trop élevées.
Peut-on toucher l’allocation veuvage si l’on était pacsé ?
Non. Seul le conjoint marié au défunt au moment du décès peut en bénéficier. Le partenaire de Pacs et le concubin en sont exclus, même avec des enfants communs.
Où envoyer la demande d’allocation veuvage ?
Pour le régime général, en ligne dans votre espace personnel lassuranceretraite.fr ou par courrier à la Carsat Bourgogne et Franche-Comté, Centre national de traitement de l’allocation veuvage, 21044 Dijon Cedex. Pour un assuré agricole, à la MSA.
L’allocation veuvage est-elle automatique ?
Non. Elle doit être demandée dans les 2 ans à partir du 1er jour du mois du décès. Une demande déposée dans les 12 mois permet d’être payé depuis le mois du décès.
L’allocation veuvage est-elle imposable ?
Oui, elle est imposable dans la catégorie des pensions selon la doctrine fiscale. Elle n’est en revanche soumise ni à la CSG, ni à la CRDS, ni à la Casa.
Que se passe-t-il à 55 ans ?
L’allocation s’arrête. Vous pouvez alors demander la pension de réversion du régime général, qui peut démarrer au plus tôt le mois suivant vos 55 ans, ainsi que la réversion Agirc-Arrco. Mieux vaut déposer la demande quelques mois avant.
Peut-on travailler et toucher l’allocation veuvage ?
Oui. Si vous reprenez une activité pendant le versement, votre salaire n’est pas compté les 3 premiers mois, puis il ne l’est qu’à 50 % les 9 mois suivants. L’allocation peut donc être maintenue, en tout ou partie, pendant un an.
Sources officielles
- Service-public.fr : Allocation veuvage (consulté le 12 octobre 2026)
- L’Assurance retraite : Veuvage, allocation de veuvage (consulté le 12 octobre 2026)
- Service-public.fr : Demande d’allocation de veuvage auprès de la Cnav (consulté le 12 octobre 2026)
- Légifrance : article D356-1 du Code de la sécurité sociale (durée de l’allocation) (consulté le 12 octobre 2026)
- Légifrance : article D356-3 du Code de la sécurité sociale (ressources et cumul avec une activité) (consulté le 12 octobre 2026)
- Bofip : BOI-RSA-PENS-10-20-10, allocation de veuvage (consulté le 12 octobre 2026)
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