Les impôts et cotisations prélevés directement sur les retraites, les indemnités journalières et les allocations chômage ont représenté 51,6 milliards d’euros en France en 2023. Rapportés à 889,5 milliards d’euros de prestations brutes, cela donne un taux moyen de 5,8%, selon l’étude de la Drees publiée le 27 octobre 2026.
Le chiffre est plus élevé qu’en 2010, où le même taux s’établissait à 5,1%. Il reste toutefois nettement inférieur à la moyenne de l’Union européenne, estimée à 9% à périmètre comparable. Aux Pays-Bas, le taux atteint 18% ; au Danemark, 15,2%. La Bulgarie affiche un niveau quasi nul, la Tchéquie et la Slovaquie des taux très faibles.
Les retraites absorbent 41 milliards d’euros de prélèvements
Le risque vieillesse-survie, essentiellement les pensions de retraite et de réversion, concentre 41 milliards d’euros, soit 78,9% de l’ensemble des prélèvements. Cette domination s’explique à la fois par le volume des prestations, autour de 400 milliards d’euros, et par un taux d’imposition plus élevé que sur d’autres versements.
Sur ce seul risque, le taux moyen français passe de 9,1% en 2010 à 10,2% en 2023. Dans l’Union européenne, le taux moyen sur le risque vieillesse s’élève à 14,5% et dépasse 20% dans plusieurs pays d’Europe de l’Ouest, du Nord ou du Sud. C’est cet indicateur, plus que le 5,8% calculé sur toutes les prestations, qui rapproche le plus la comparaison de la fiscalité des pensions.
Le risque santé, surtout via les indemnités journalières, pèse 4,7 milliards d’euros. Le chômage représente 3,8 milliards. D’autres prestations restent exonérées, comme le RSA et les remboursements de soins. La prime d’activité et les allocations familiales ne supportent en pratique que la CRDS, au taux de 0,5%.
CSG à 8,3%, Casa et impôt : ce qui a fait monter le taux depuis 2010
Plusieurs réformes expliquent la hausse de 0,7 point sur 13 ans. La contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie a été instaurée en 2013. Un taux de CSG de 8,3% a été créé en 2019 pour les pensions de retraite et d’invalidité les plus élevées. D’autres relèvements de CSG et des modifications du barème de l’impôt sur le revenu ont aussi joué.
Ces agrégats ne correspondent pas à un taux individuel. Un ménage exonéré ou soumis à un taux réduit de CSG ne subit pas le même prélèvement qu’un foyer imposable percevant plusieurs pensions. Il faut distinguer la moyenne statistique des prélèvements sur les retraites des taux individuels de CSG appliqués selon le revenu fiscal de référence. La Drees le souligne implicitement en travaillant sur des masses nationales, pas sur une fiche de pension type.
Le même écart apparaît lorsqu’on replace l’écart entre pension brute et pension nette dans les données moyennes publiées par la DREES : le montant versé après CSG, CRDS, Casa et impôt n’est pas le montant brut annoncé par les caisses.
Une moyenne européenne qui mélange des prestations très différentes
Comparer 5,8% en France et 9% dans l’UE ne revient pas à dire que chaque retraité français paie 5,8% ni que chaque pensionné néerlandais paie 18%. Le taux global mélange des revenus de remplacement imposables et des prestations en nature ou exonérées. La part des remboursements de soins, l’architecture des régimes et le poids des pensions varient d’un pays à l’autre.
La publication officielle porte sur les dépenses nettes de protection sociale dans l’Union européenne, avec des données 2023. Elle ne tranche pas le débat budgétaire de 2027 sur l’indexation ou l’imposition des retraites. Elle montre seulement que, en moyenne, la fiscalité directe des prestations françaises reste plus modérée que celle de plusieurs voisins, tout en ayant déjà augmenté, et que cette moyenne ne dit rien du pouvoir d’achat d’un ménage donné après inflation.



