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Comment savoir si j’ai un héritage ?

Publié le 28 novembre 2024, mis à jour le 13 septembre 2026 par .

Pour savoir si vous avez un héritage, il faut vérifier deux choses différentes :

  1. êtes-vous juridiquement héritier ou bénéficiaire d’un testament ?
  2. quels biens, comptes, placements ou contrats possédait réellement la personne décédée ?

En France, un héritier peut être désigné par la loi en fonction de son lien de parenté avec le défunt, ou par un testament. Une assurance-vie obéit encore à une autre logique : vous pouvez en être bénéficiaire sans que le capital fasse partie de la succession ordinaire. Cela vaut aussi pour une garantie de capital décès MGEN lorsqu’une clause bénéficiaire s’applique.

Il n’existe donc pas un fichier unique dans lequel taper son nom pour voir immédiatement “votre héritage”. Il faut croiser plusieurs démarches officielles.

Au sommaire

Les 6 vérifications à faire

  1. Héritier légalVérifier votre lien avec le défunt.
  2. TestamentInterroger le FCDDV.
  3. NotaireIdentifier l’office chargé du dossier.
  4. PreuveObtenir l’attestation ou l’acte de notoriété.
  5. ComptesRechercher les banques via Ficoba.
  6. ContratsUtiliser AGIRA puis Ciclade.
Situation Ce que cela signifie
Vous êtes enfant ou conjoint du défunt Vous pouvez être héritier légal selon la situation familiale
Vous êtes désigné dans un testament Vous pouvez être héritier ou légataire testamentaire
Vous êtes partenaire de Pacs Vous n’êtes pas héritier automatique : un testament peut être nécessaire
Vous êtes concubin Vous n’êtes pas héritier automatique sans testament
Vous êtes bénéficiaire d’une assurance-vie Vous pouvez recevoir un capital en dehors de la succession ordinaire
Vous ignorez ce que possédait le défunt Il faut rechercher les comptes, contrats et autres actifs

Lorsqu’une personne décède sans testament, c’est la loi qui détermine les personnes appelées à hériter.

La situation dépend notamment :

Si le défunt avait des enfants

Les enfants sont des héritiers légaux.

Si le défunt était marié, l’époux survivant hérite également, mais sa part dépend notamment du fait que tous les enfants soient ou non issus du couple.

Par exemple, lorsqu’un défunt marié laisse des enfants non communs au couple, l’époux survivant reçoit en principe un quart de la succession en pleine propriété et les enfants se partagent les trois quarts restants, sous réserve des dispositions particulières éventuellement prises.

Si le défunt n’avait pas d’enfant

La répartition dépend de la présence du conjoint et des autres membres de la famille.

Un époux survivant peut avoir des droits importants dans la succession.

À l’inverse, un partenaire de Pacs ou un concubin n’est pas héritier légal automatiquement.

Un partenaire de Pacs peut toutefois recevoir des biens si le défunt l’a désigné par testament.

Si vous êtes un petit-enfant

Vous n’héritez pas systématiquement directement de vos grands-parents.

Vous pouvez notamment venir à la succession par le mécanisme de la représentation lorsque votre parent, qui aurait lui-même été héritier, est décédé avant le défunt ou dans certaines autres situations prévues par la loi.

Si votre place dans l’ordre des héritiers est incertaine, le notaire pourra établir officiellement la dévolution successorale.

2. Comment savoir si le défunt avait fait un testament ?

C’est l’une des premières vérifications à faire.

Un testament peut modifier la répartition d’une partie de la succession et désigner des personnes qui n’auraient pas hérité automatiquement selon la loi.

En France, les notaires peuvent enregistrer l’existence d’un testament au Fichier central des dispositions de dernières volontés (FCDDV).

Le FCDDV ne contient pas nécessairement le texte du testament lui-même. Il permet surtout de savoir :

  • qu’un testament ou une disposition de dernières volontés existe ;
  • la date de son dépôt ;
  • et auprès de quel office notarial le document est conservé.

Peut-on interroger le FCDDV soi-même ?

Oui.

Après le décès, il est possible de demander une interrogation du FCDDV.

Service-Public précise notamment que ce fichier peut être interrogé pour obtenir un certificat d’absence d’inscription de dispositions de dernières volontés.

En France métropolitaine, Service-Public indique en 2026 un coût de 18 € pour cette interrogation.

Si un notaire est chargé de la succession, il effectue généralement lui-même cette vérification.

3. Comment savoir quel notaire s’occupe de la succession ?

Il n’existe pas nécessairement un notaire déjà désigné au jour du décès.

Commencez par demander :

Si un testament enregistré existe, l’interrogation du FCDDV peut indiquer l’office notarial qui le détient.

Si aucun notaire n’a encore été choisi mais que son intervention est nécessaire, les héritiers peuvent en saisir un. Notre page qui prévient le notaire après un décès détaille ce point.

Le recours au notaire devient notamment incontournable dans plusieurs situations, en particulier lorsqu’il faut établir un acte de notoriété ou lorsque la succession comprend un bien immobilier.

4. Comment prouver officiellement que vous êtes héritier ?

Savoir que vous êtes probablement héritier ne suffit pas toujours.

Une banque, une administration ou un assureur peut demander un document prouvant officiellement votre qualité.

Deux procédures principales existent.

Succession inférieure à 5 965 €

Pour une succession inférieure à 5 965 €, Service-Public indique qu’il est possible, sous conditions, de prouver sa qualité d’héritier avec une attestation signée par l’ensemble des héritiers.

Cette attestation peut notamment permettre certaines démarches successorales auprès de la banque sans notaire. Elle peut notamment servir à :

  • de retirer certaines sommes sur les comptes du défunt ;
  • ou d’obtenir la clôture des comptes lorsque les sommes détenues par l’établissement bancaire restent sous le seuil applicable.

Des justificatifs sont nécessaires, notamment des actes d’état civil et le certificat relatif à l’absence de dispositions de dernières volontés.

Succession de 5 965 € ou plus

À partir de 5 965 €, il faut demander à un notaire un acte de notoriété pour prouver sa qualité d’héritier.

L’acte précise notamment :

  • l’identité du défunt ;
  • l’existence éventuelle d’un testament ou d’une donation entre époux ;
  • l’identité des héritiers ;
  • leur lien avec le défunt ;
  • la part revenant à chacun.

5. Comment savoir si le défunt avait des comptes bancaires ?

Si vous êtes héritier et que vous ignorez dans quelles banques le défunt avait des comptes, il existe un fichier officiel : Ficoba.

Ficoba recense les comptes bancaires ouverts en France déclarés par les établissements financiers.

Un héritier peut demander l’accès aux informations concernant les comptes de la personne décédée.

En 2026, Service-Public indique que la demande d’un héritier doit être adressée par courrier postal au Centre national de traitement FBFV.

Il faut notamment joindre :

  • une copie de l’acte de décès ;
  • un justificatif d’identité ;
  • un document prouvant votre qualité d’héritier.

Si un notaire règle la succession, vous pouvez également lui demander d’interroger Ficoba. Il dispose d’un accès professionnel sécurisé dans les conditions prévues.

Ce que Ficoba permet de savoir

Ficoba peut aider à retrouver l’existence de comptes bancaires.

En revanche, le fichier n’est pas un relevé bancaire complet de la succession : il ne vous donne pas nécessairement le solde actuel de tous les comptes ni la liste détaillée de toutes les opérations.

Une fois l’établissement bancaire identifié, il faut poursuivre la démarche auprès de la banque ou par l’intermédiaire du notaire, notamment pour connaître le délai de clôture du compte bancaire.

6. Comment savoir si le défunt avait une assurance-vie ?

Une assurance-vie ne doit pas être recherchée uniquement dans la succession bancaire classique. La recherche de capitaux après un décès suit plusieurs circuits.

Si vous pensez être bénéficiaire d’un contrat d’assurance-vie mais ignorez auprès de quel assureur il avait été souscrit, utilisez le dispositif officiel AGIRA VIE.

La demande est gratuite.

Service-Public indique qu’il faut notamment :

  • remplir la demande ;
  • joindre l’acte de décès ;
  • transmettre les informations permettant d’identifier les bénéficiaires potentiels.

AGIRA transmet ensuite la demande aux organismes d’assurance.

Si un contrat existe et que vous en êtes bénéficiaire, c’est l’assureur concerné qui vous contacte directement.

AGIRA n’est donc pas un moteur de recherche qui vous affiche instantanément tous les contrats du défunt.

Et si le décès est ancien ?

Ciclade recommande :

  • si le souscripteur est décédé depuis moins de 10 ans et que vous ignorez l’assureur : contactez d’abord AGIRA ;
  • si le contrat est resté non réclamé et que les sommes ont été transférées à la Caisse des Dépôts, recherchez-les sur Ciclade.

Ciclade est également utile pour rechercher certaines sommes provenant de comptes bancaires inactifs transférés à la Caisse des Dépôts.

7. Ciclade peut-il permettre de retrouver un héritage oublié ?

Oui, dans certaines situations.

Ciclade est le service officiel de la Caisse des Dépôts permettant de rechercher gratuitement des sommes transférées après une période d’inactivité ou de non-réclamation.

Cela peut notamment concerner :

  • des comptes bancaires inactifs ;
  • certains livrets ;
  • certains contrats d’assurance-vie ;
  • des contrats de prévoyance décès ;
  • certains produits d’épargne.

Un héritier ou un bénéficiaire potentiel peut effectuer une recherche à partir de l’identité de la personne décédée.

Si une correspondance est trouvée, il faut ensuite transmettre les justificatifs permettant à la Caisse des Dépôts de vérifier le droit à restitution.

8. Comment savoir ce que contient réellement l’héritage ?

Être héritier ne signifie pas encore connaître la valeur de la succession.

Il faut reconstituer l’actif et le passif du défunt.

L’actif peut comprendre

  • comptes bancaires ;
  • livrets ;
  • portefeuille de titres ;
  • biens immobiliers ;
  • véhicule ;
  • meubles et objets de valeur ;
  • parts de société ;
  • créances dues au défunt ;
  • autres placements.

Le passif peut comprendre

  • crédits ;
  • dettes fiscales ;
  • factures ;
  • dettes personnelles ;
  • charges liées au logement ;
  • autres sommes dues.

Un héritage peut donc être positif, faible ou même présenter davantage de dettes que de biens.

Ne prenez pas de décision uniquement parce que vous avez découvert un compte bancaire ou une maison.

Avant d’accepter définitivement une succession incertaine, il faut essayer d’en mesurer l’actif net.

9. Comment savoir si vous avez été volontairement écarté de la succession ?

La réponse dépend de votre qualité.

Vous êtes un enfant du défunt

En droit français, les enfants sont en principe des héritiers réservataires.

Une fraction minimale du patrimoine doit leur revenir.

Le défunt ne peut donc normalement pas les déshériter totalement par un simple testament lorsqu’ils bénéficient de cette réserve.

La part librement transmissible, appelée quotité disponible, dépend du nombre d’enfants.

Vous êtes partenaire de Pacs ou concubin

Vous n’êtes pas héritier automatique.

Si aucun testament ne vous désigne, il est donc possible que vous ne receviez rien dans la succession ordinaire.

Vous pouvez cependant avoir été désigné comme bénéficiaire d’une assurance-vie, qui suit ses propres règles.

Vous êtes frère, sœur, neveu, nièce ou autre parent

Votre droit dépend de la présence d’héritiers appartenant à un ordre prioritaire et de l’existence éventuelle d’un testament.

10. Peut-on avoir un héritage sans avoir été contacté ?

Oui.

Le fait de ne pas avoir reçu de courrier ne signifie pas forcément que vous n’avez aucun droit.

Cela peut arriver notamment lorsque :

Si vous avez un lien familial avec le défunt ou une raison sérieuse de penser que vous avez été désigné, faites les vérifications vous-même plutôt que d’attendre indéfiniment d’être contacté.

La méthode la plus simple en pratique

Si vous venez d’apprendre le décès et que vous ne savez pas si quelque chose vous revient, procédez dans cet ordre :

1. Vérifiez votre lien avec le défunt

Êtes-vous :

  • enfant ;
  • conjoint ;
  • petit-enfant venant éventuellement en représentation ;
  • parent ;
  • frère ou sœur ;
  • partenaire de Pacs ;
  • autre proche ?

2. Vérifiez s’il existe un testament

Interrogez le FCDDV ou demandez au notaire de le faire.

3. Identifiez le notaire

S’il existe déjà un notaire chargé de la succession, contactez-le et communiquez vos justificatifs d’état civil.

4. Faites reconnaître votre qualité d’héritier

Selon la situation :

  • attestation des héritiers pour certaines petites successions ;
  • acte de notoriété établi par un notaire dans les autres cas.

5. Recherchez les comptes

Utilisez Ficoba, directement dans les conditions prévues ou par l’intermédiaire du notaire.

6. Recherchez les contrats hors succession classique

Utilisez :

  • AGIRA pour l’assurance-vie d’un défunt ;
  • Ciclade pour les sommes anciennes transférées à la Caisse des Dépôts.

Cette méthode permet de vérifier à la fois votre droit d’hériter et la réalité du patrimoine à transmettre.

Ce qu’il faut retenir

Pour savoir si vous avez un héritage, ne cherchez pas un hypothétique “registre des héritages”.

Il faut procéder en plusieurs étapes.

D’abord, déterminez si vous êtes héritier légal selon votre lien avec le défunt.

Ensuite, vérifiez l’existence d’un éventuel testament grâce au FCDDV.

Si vous êtes héritier, faites établir le document qui prouve cette qualité : attestation dans certaines petites successions ou acte de notoriété lorsque nécessaire.

Pour retrouver les biens :

Enfin, n’oubliez pas qu’une succession comprend les dettes autant que les biens. Avant d’accepter une succession inconnue, essayez toujours d’évaluer son actif net.

Une fois vos droits identifiés, vous pouvez vérifier comment renoncer à la succession si vous ne souhaitez pas l’accepter.

Questions fréquentes

Existe-t-il un site pour savoir si j’ai un héritage ?

Il n’existe pas un site unique recensant tous les héritages à votre nom. Plusieurs services officiels doivent être utilisés selon ce que vous recherchez : FCDDV pour un testament, Ficoba pour les comptes d’un défunt, AGIRA pour une assurance-vie et Ciclade pour certaines sommes anciennes non réclamées.

Comment savoir si quelqu’un m’a mis sur son testament ?

Après son décès, vous pouvez faire interroger le **Fichier central des dispositions de dernières volontés (FCDDV)**. Il permet de savoir si une disposition a été enregistrée et auprès de quel office notarial elle est conservée.

Comment savoir si mes parents m’ont laissé un héritage ?

En tant qu’enfant, vous êtes en principe héritier légal. Il faut ensuite déterminer la composition de la succession : comptes, biens immobiliers, placements et dettes. Le notaire, Ficoba et les autres outils officiels peuvent permettre de reconstituer le patrimoine.

Comment savoir si un défunt avait des comptes bancaires ?

Un héritier peut demander l’accès à **Ficoba** en fournissant les justificatifs prévus, ou demander au notaire chargé de la succession de l’interroger.

Comment savoir si je suis bénéficiaire d’une assurance-vie ?

Après le décès du souscripteur, vous pouvez déposer gratuitement une demande auprès d’**AGIRA VIE**. Si un contrat existe et que vous êtes bénéficiaire, l’assureur concerné vous contacte.

Quelle différence entre AGIRA et Ciclade ?

AGIRA sert notamment à rechercher l’existence d’une assurance-vie souscrite par une personne décédée lorsque l’assureur est inconnu. Ciclade sert à rechercher des sommes déjà transférées à la Caisse des Dépôts après une période d’inactivité ou de non-réclamation.

Combien faut-il d’héritage pour avoir besoin d’un notaire ?

Pour **prouver sa qualité d’héritier**, Service-Public fixe le seuil à **5 965 €** : sous ce seuil une attestation signée des héritiers peut être possible sous conditions ; à partir de 5 965 €, un acte de notoriété notarié est nécessaire. Par ailleurs, la présence d’un bien immobilier ou d’autres situations juridiques peut rendre l’intervention du notaire nécessaire indépendamment de ce seuil.

Peut-on hériter sans le savoir ?

Oui. Un héritier peut ne pas être immédiatement contacté, notamment si la succession n’est pas encore réglée ou si ses coordonnées sont inconnues. Des contrats d’assurance-vie ou comptes non réclamés peuvent également rester inconnus pendant plusieurs années.

Être héritier signifie-t-il que je dois accepter la succession ?

Non. La preuve de votre qualité d’héritier ne signifie pas que vous avez accepté la succession. Selon la situation, vous pouvez notamment accepter, accepter à concurrence de l’actif net ou renoncer.

Sources officielles