Reste à charge santé à 495 € par an : 207 € pèsent sur la perte d’autonomie, un poste que la mutuelle ne finance presque pas
En 2025, le reste à charge santé atteint 495 € par habitant. Près de 42% vient des soins de longue durée, surtout l’hébergement en Ehpad, hors mutuelle.

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Les comptes de la santé publiés par la Drees le 1er octobre 2026 fixent le reste à charge des ménages à 495 € par habitant en 2025, contre 487 € un an plus tôt. Une fois passées la Sécurité sociale et les complémentaires, 34,1 milliards d’euros restent à payer, soit 9,7% de la dépense courante de santé au sens international. Près de 42% de cette facture vient d’un seul poste : les soins de longue durée, que les mutuelles ne financent quasiment pas.
495 € par habitant, mais 207 € sur la perte d’autonomie
La dépense courante de santé atteint 353,2 milliards d’euros en 2025, en hausse de 3,3%. Les administrations publiques en financent 77,4%. Les organismes complémentaires en portent 12,3%. Les ménages, eux, règlent 9,7% du total, un taux légèrement inférieur à 2024 (9,8%).
Cette moyenne de 495 € inclut les enfants et les personnes sans aucun soin. Elle se décompose ainsi : 207 € pour les soins de longue durée, 112 € pour les soins courants en ville, 67 € pour les médicaments, 52 € pour les dispositifs médicaux (lunettes, audition, matériel), 25 € pour l’hôpital privé, 15 € pour l’hôpital public et 15 € pour les analyses, l’imagerie et les transports sanitaires.
Sur le périmètre plus étroit de la consommation de soins et de biens médicaux, le reste à charge tombe à 288 € par habitant, soit 7,7% de ce champ, inchangé par rapport à 2024.
Pourquoi les mutuelles pèsent 0,4% sur ce poste
Les soins de longue durée regroupent la perte d’autonomie des personnes âgées et le handicap, hors soins destinés à guérir ou rééduquer. Ils pèsent 69,9 milliards d’euros en 2025, en hausse de 4,7%, soit 20% de l’ensemble des dépenses de santé. Ils recouvrent les Ehpad, les unités de soins de longue durée hospitalières, les établissements pour adultes handicapés, les soins infirmiers à domicile et la part santé des aides départementales, notamment l’allocation personnalisée d’autonomie et la prestation de compensation du handicap.
Le financement n’a rien d’un contrat santé classique. La Sécurité sociale verse 37,7 milliards d’euros (53,9%). Les départements et l’État en portent 17,6 milliards (25,2%). Les ménages règlent 14,3 milliards (20,4%). Les complémentaires n’y versent que 0,3 milliard, soit 0,4% du total.
Ces 0,3 milliard correspondent surtout au ticket modérateur des infirmiers et kinésithérapeutes à domicile, et à une partie du forfait journalier dans les unités hospitalières de long séjour. L’essentiel de la note familiale porte sur l’hébergement en Ehpad, estimé à 13,4 milliards d’euros. Les contrats santé ne le prennent pas en charge. Lorsque le résident ne peut pas payer, l’obligation alimentaire peut se reporter sur les enfants. C’est aussi là que se joue la différence entre soins remboursés et frais d’hébergement ou de dépendance en EHPAD.
Une moyenne qui concentre la facture sur peu de familles
Les 207 € par habitant sont calculés sur toute la population. Dans les faits, ils se concentrent sur un nombre réduit de foyers, ceux qui ont un parent en établissement ou une personne dépendante à domicile. Pour eux, la facture se compte en centaines d’euros par mois, pas en dizaines par an. La Drees souligne de « grandes disparités de reste à charge selon l’âge ou l’état de santé, en particulier sur les soins de longue durée ».
La part payée par les ménages sur ce poste est pourtant passée de 24,9% en 2019 à 20,4% en 2025. En 2025, les financements publics des soins de longue durée progressent de 5,5%, contre 1,9% pour ceux des ménages. Le Ségur de la santé et une dépense publique plus dynamique expliquent ce recul relatif. À domicile, des dispositifs comme le crédit d’impôt sur la téléassistance d’un parent âgé allègent aussi une partie de la note.
Là où la complémentaire pèse vraiment : optique, dents, audition
Les complémentaires restent le premier payeur de l’optique médicale (69% de la dépense en 2025), un financeur majeur des audioprothèses (48%) et des soins et prothèses dentaires (46%). C’est aussi sur ces postes que se logent les plus gros prix libres : 7,1 milliards d’euros en optique et 6,9 milliards sur les prothèses dentaires, auxquels s’ajoutent 4,2 milliards de dépassements d’honoraires des spécialistes. Le niveau de garantie choisi décide alors de la part qui reste au patient.
L’hôpital public, à l’inverse, ne laisse que 1,1% de sa dépense aux patients, grâce au remboursement intégral des séjours les plus coûteux, en particulier pour les affections de longue durée. L’hôpital privé laisse 6,3%.
Un poste qui a empiré en 2025 : analyses, imagerie, transports
La part payée par les ménages sur les analyses de laboratoire, l’imagerie et les transports sanitaires est passée de 4,2% à 5,8% en un an. La Drees l’explique par la hausse des participations forfaitaires sur les analyses biologiques et par les dépassements d’honoraires en imagerie.
Les franchises et participations forfaitaires ont coûté 2,8 milliards d’euros aux patients, après 2,5 milliards en 2024. Les contrats responsables n’ont pas le droit de les rembourser. Leur plafond annuel a ensuite été relevé au 1er octobre 2026, dans le cadre des franchises et participations qui restent à la charge des assurés.
Malgré ces hausses, la France reste l’un des pays d’Europe où les ménages paient le moins de leur poche : 9,7% de la dépense, contre 14,8% en moyenne dans l’Union européenne. Seuls le Luxembourg et la Croatie font mieux, selon la Drees. L’écart tient au poids de l’assurance maladie et des complémentaires, pas à une couverture de l’hébergement en établissement.
La mutuelle réduit surtout la facture des lunettes, des dents, de l’audition et des dépassements. La perte d’autonomie relève d’un autre contrat, l’assurance dépendance, qui verse une rente et ne rembourse pas des soins. Pour un retraité, cet écart de couverture pèse d’autant plus que les garanties optique et dentaire perdent souvent de leur intérêt avec l’âge, alors que la cotisation, elle, continue de monter.
Sources
- https://www.vie-publique.fr/rapport/304836-les-depenses-de-sante-2025-resultats-des-comptes-de-la-sante-2026-drees
- https://www.hospitalia.fr/DREES-les-depenses-de-sante-en-2025-Resultats-des-comptes-de-la-sante-Edition-2026_a5269.html
- https://www.jechange.fr/assurance/mutuelle-sante/news/reste-a-charge-sante-495-euros-207-euros-soins-longue-duree-mutuelle


