Un proche reconnu en affection longue durée et hébergé en EHPAD n’obtient pas, de ce seul fait, une chambre moins chère. L’ALD dite exonérante agit sur les soins liés à la maladie, au tarif de l’Assurance maladie. Elle ne touche ni le tarif hébergement ni le tarif dépendance, les 2 postes qui pèsent le plus sur le budget mensuel.

3 lignes de facture, une seule hors du champ de l’ALD

La facture d’un EHPAD se lit en 3 blocs. L’hébergement (gîte, repas, ménage, animation, entretien) reste entièrement à la charge du résident, sauf aide sociale à l’hébergement. La dépendance, calculée selon le GIR, est en partie couverte par l’APA en établissement ; un ticket reste souvent dû. Les soins, eux, sont versés par l’Assurance maladie à l’établissement et ne sont pas facturés au résident.

Cette distinction entre tarif d’hébergement, tarif dépendance, places habilitées et prix libre en EHPAD explique pourquoi 2 voisins de palier, l’un en ALD et l’autre non, paient le même prix de chambre. L’état de santé n’entre pas dans le barème d’hébergement.

Ce que le 100% ALD couvre réellement

Selon l’Assurance maladie, la reconnaissance en ALD exonérante ouvre droit à une prise en charge à 100% du montant remboursable pour les soins en lien direct avec l’affection. La base reste celle des tarifs de remboursement de la Sécurité sociale. Consultations du spécialiste qui suit la pathologie, médicaments rattachés à l’ALD, examens et actes liés à la maladie : le ticket modérateur disparaît.

Pour un résident atteint, par exemple, de la maladie de Parkinson ou d’une insuffisance cardiaque reconnue en ALD, les soins de ville et hospitaliers rattachés à cette pathologie sont donc exonérés de ce ticket. Certains transports sanitaires prescrits et liés à la pathologie peuvent aussi être pris en charge à 100%, sous conditions. Les médicaments spécifiques de l’ALD suivent la même logique ; les autres restent au taux habituel.

Ces économies existent. Elles restent modestes face au coût de l’hébergement.

Ce qui reste à payer, y compris en ALD

Le 100% ALD ne couvre pas le tarif hébergement. Il ne couvre pas non plus le reste du tarif dépendance après APA. Les soins sans rapport avec l’affection reconnue continuent d’être remboursés au taux normal.

Les dépassements d’honoraires, les actes et médicaments non remboursables, les participations forfaitaires et les franchises médicales peuvent rester à charge ou relever de la complémentaire. L’Assurance maladie le rappelle explicitement : la prise en charge à 100% s’applique sur la base des tarifs de remboursement, pas au-delà.

En cas d’hospitalisation, le forfait journalier n’est pas absorbé par l’ALD. Depuis le 1er mars 2026, il est fixé à 23 euros par jour en hôpital ou en clinique, et à 17 euros par jour dans le service psychiatrique d’un établissement de santé. Une mutuelle peut le prendre en charge ; l’ALD, non.

Garder une complémentaire n’est donc pas superflu, même avec une ALD à 100% : elle sert précisément à ces postes non exonérés.

Les leviers qui pèsent vraiment sur le reste à charge

Puisque l’ALD ne change pas le loyer de l’établissement, les aides qui peuvent réduire le reste à charge en EHPAD, notamment APA, aides au logement, ASH et réduction d’impôt deviennent le vrai levier.

L’APA en établissement finance une partie du tarif dépendance. L’aide sociale à l’hébergement, versée par le département pour les revenus modestes, peut couvrir l’hébergement ; elle est récupérable sur succession. Les aides au logement (APL ou ALS) s’appliquent si l’établissement est conventionné.

Une réduction d’impôt existe aussi pour les frais de dépendance et d’hébergement en EHPAD : 25% des sommes restant à charge, dans la limite de 10 000 euros par an et par personne, soit jusqu’à 2 500 euros de réduction.

L’ALD, elle, n’est pas récupérable sur la succession : c’est un mode de prise en charge de l’Assurance maladie, pas une avance d’aide sociale.

Le calendrier des dossiers APA, ASH et logement, plus la mutuelle sur le forfait de 23 euros, décide donc davantage du reste à payer que le tampon ALD sur la carte Vitale.

Sources

  • https://www.ameli.fr/assure/droits-demarches/maladie-accident-hospitalisation/affection-longue-duree-ald/prise-en-charge-ald-exonerante
  • https://www.ameli.fr/assure/remboursements/reste-charge/forfait-hospitalier
  • https://www.capretraite.fr/blog/actualites/ald-et-reste-a-charge-en-ehpad-comment-laffection-longue-duree-reduit-ou-pas-la-facture/