Les tarifs d’hébergement en EHPAD continuent d’augmenter en 2026, portés par le personnel, l’énergie et l’inflation. Il n’existe pas de département où le prix recule. En revanche, les écarts territoriaux restent très marqués, et plusieurs départements du Centre-Val de Loire et de l’ancienne Bourgogne se situent nettement sous la moyenne nationale de 2 630 euros par mois, selon les données de la DREES.

Les montants départementaux cités ici sont des moyennes indicatives issues de comparateurs spécialisés, pas des tarifs officiels arrêtés. Le prix exact se vérifie établissement par établissement sur le portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr.

L’Indre décroche le tarif le plus bas du Centre-Val de Loire

La région affiche un tarif moyen d’environ 2 509 euros par mois, légèrement sous la moyenne nationale. L’écart interne dépasse 700 euros. L’Indre (36) se situe autour de 1 974 euros, soit près de 660 euros de moins que les 2 630 euros nationaux. Le Cher (18) suit, autour de 2 091 euros. L’Eure-et-Loir (28) avoisine 2 189 euros, le Loiret (45) 2 343 euros et le Loir-et-Cher (41) 2 348 euros.

À l’opposé, l’Indre-et-Loire (37), tirée par l’agglomération de Tours, grimpe autour de 2 704 euros. Un même séjour en maison de retraite médicalisée n’a donc pas le même poids selon que l’on habite Châteauroux, Bourges ou Tours.

En Bourgogne, la Nièvre et l’Yonne restent les plus abordables

Dans les 4 départements de la Bourgogne historique, le même clivage rural-urbain apparaît. La Nièvre (58) tourne autour de 2 140 euros et l’Yonne (89) autour de 2 146 euros. La Saône-et-Loire (71) s’établit près de 2 230 euros. La Côte-d’Or (21), portée par Dijon, se rapproche de la moyenne nationale, autour de 2 628 euros.

Ces moyennes masquent des écarts internes. En Côte-d’Or, certains établissements publics descendent sous 1 500 euros, tandis que le privé peut approcher 4 000 euros. Un tarif départemental « contenu » ne dit rien du prix d’une chambre précise, ni de la distinction entre prix d’entrée, tarif d’hébergement, places habilitées et encadrement des hausses.

Un prix bas ne dit rien de l’accompagnement

Le financement des soins par l’Assurance maladie repose sur des règles communes. Le cadre de vie, les prestations, l’organisation et les conditions d’accompagnement varient en revanche d’un établissement à l’autre. Qualiscope, l’outil de la Haute Autorité de santé, permet de consulter les résultats d’évaluation des EHPAD, avec un tri possible par département.

Le statut de l’établissement et son habilitation à l’aide sociale pèsent aussi sur le reste à charge. Les zones rurales comme l’Indre, la Nièvre ou l’Yonne cumulent souvent un tarif plus bas et davantage de places habilitées.

APA, impôt et aide sociale peuvent encore réduire la facture

Quel que soit le département, le reste à charge n’est pas le tarif affiché. L’APA en établissement prend en charge une part du tarif dépendance, dans la limite des plafonds nationaux. L’aide sociale à l’hébergement du département intervient pour les ressources modestes, uniquement dans les établissements habilités.

Pour les foyers imposables, le portail national pour les personnes âgées confirme une réduction d’impôt égale à 25% des frais d’hébergement et de dépendance, plafonnée à 10 000 euros de dépenses par an et par personne hébergée, soit au plus 2 500 euros de réduction. Il n’y a pas de condition d’âge. Les dépenses de soins seules, ou d’hébergement sans frais de dépendance, ne comptent pas. APA et aides au logement doivent être déduites des montants déclarés (lignes 7CD/7CE de la 2042 RICI). Si la réduction dépasse l’impôt, celui-ci est ramené à 0 euro, sans remboursement.

Depuis le prélèvement à la source, une avance de 60% est versée en janvier sur certaines réductions, dont les dépenses d’accueil en EHPAD, puis régularisée à la liquidation. La réduction peut se cumuler avec le crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile lorsqu’un membre du couple est en EHPAD et l’autre emploie une aide à domicile. Ces aides qui allègent encore le reste à charge changent le calcul autant que le département choisi.

Le comparateur officiel du portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr reste le point de passage pour croiser prix d’hébergement, tarifs dépendance, statut, capacité et reste à charge après APA et aides au logement. Dans l’Indre comme dans la Nièvre, le tarif moyen plus bas n’efface ni la file d’attente ni l’écart entre un public habilité et un privé non habilité.

Sources

  • https://www.capretraite.fr/blog/maisons-de-retraite/ehpad-en-centre-val-de-loire-et-bourgogne-les-departements-ou-le-prix-reste-le-plus-contenu/
  • https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/vivre-dans-un-ehpad/aides-financieres-en-ehpad/la-reduction-d-impot-en-etablissement-d-hebergement
  • https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/annuaire-ehpad-et-comparateur-de-prix-et-restes-a-charge
  • https://www.has-sante.fr/jcms/c_1725555/fr/qualiscope