Vendredi 11 septembre, le réacteur numéro 2 de Flamanville ne produisait plus que 260 MW, loin de sa puissance maximale de 1 300 MW. EDF a attribué cette baisse à une grève de quelques agents, sans conséquence selon l’entreprise sur la sécurité d’approvisionnement. Le geste visait déjà le « tarif agent », cette ristourne sur l’électricité et le gaz que le gouvernement veut rogner.

Les fédérations CGT, CFE-CGC, CFDT et FO ont appelé les salariés de l’électricité et du gaz à cesser le travail mardi 15 septembre, avec un rassemblement devant le ministère de l’Économie à Paris. À Flamanville, les agents ont aussi choisi de ne pas arrêter le réacteur 1, initialement prévu en maintenance. Maxence François, coordinateur CGT à la division nucléaire et thermique, a parlé d’une « anticipation de la grève ».

Un avantage qui laisse moins de 2% à payer

Selon la Cour des comptes, le tarif agent donne un abonnement gratuit et une consommation réduite de 90% à 95% par rapport au tarif réglementé, pour les résidences principales et secondaires. Salariés et retraités s’acquittent ainsi de moins de 2% des tarifs moyens payés par les autres consommateurs. L’avantage est soumis à l’impôt sur le revenu.

Pour le groupe EDF, le coût net du tarif agent s’est élevé à 813,7 millions d’euros en 2024, après refacturations aux entreprises hors groupe mais soumises au statut des industries électriques et gazières. Les magistrats financiers jugent ce montant « démesuré » pour EDF SA et estiment que le dispositif ne peut « perdurer en l’état ». Les syndicats, eux, y voient un élément de rémunération. Dès la mi-juillet, ils avaient écrit au Premier ministre pour demander de ne pas y toucher.

En 2024, le groupe comptait 98 549 salariés sous le statut IEG, sur 181 850 personnes. Le même statut ouvre des avantages après l’emploi, dont le maintien de cette ristourne aux retraités du régime spécial ou du régime général. Ce volet postérieur au contrat de travail pèse donc aussi sur les comptes, au-delà des seuls actifs.

Une tension qui dépasse la centrale

Le gouvernement vise cet avantage en nature au moment où les ménages, eux, restent exposés au prix de l’énergie. D’autres dispositifs existent pour alléger les aides disponibles pour réduire les factures d’électricité et de gaz, sans atteindre le niveau du tarif agent. Du côté des anciens salariés, la défense de cet acquis rappelle d’autres combats sur le maintien d’un avantage collectif après le départ à la retraite et évolution du coût.

Mardi 15 septembre, le rapport de force se déplace de Flamanville vers Paris. Ni le calendrier d’une éventuelle réforme ni le niveau de ristourne qui serait conservé n’étaient encore tranchés au moment du mouvement.

Sources

  • https://www.capital.fr/economie-politique/les-agents-edf-en-greve-pour-garder-leur-ristourne-quel-montant-de-leurs-factures-d-electricite-et-de-gaz-payent-ils-reellement-1530084
  • https://www.bfmtv.com/economie/entreprises/les-agents-veulent-conserver-leur-genereuse-ristourne-sur-les-factures-d-electricite-et-de-gaz-la-centrale-de-flamanville-au-ralenti-en-raison-d-un-mouvement-de-greve-chez-edf_AD-202609110743.html
  • https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2025-09/20250924-Modele-economique-EDF_1.pdf