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Le capital décès et l’assurance vie sont deux sommes différentes, versées par deux organismes différents, selon des règles qui n’ont rien en commun. Le capital décès de la Sécurité sociale est une prestation légale forfaitaire de 4 009 € en 2026, payée par la CPAM si le défunt était salarié, chômeur indemnisé ou invalide dans les 3 mois avant sa mort, aux proches désignés par la loi. L’assurance vie est un placement souscrit par le défunt auprès d’un assureur ou d’une banque : son capital, souvent bien plus élevé, revient aux bénéficiaires choisis dans le contrat, avec une fiscalité propre. Les deux se cumulent et se demandent séparément.
La confusion est entretenue par le vocabulaire : les assureurs parlent aussi de « capital décès » pour désigner la somme versée au dénouement d’un contrat, et l’« assurance décès » (ou prévoyance) est encore un troisième produit. Cette page met les dispositifs côte à côte pour savoir, dans chaque cas, à qui écrire, quoi attendre et quels impôts prévoir.
Le tableau comparatif
| Critère | Capital décès (CPAM, MSA) | Assurance vie |
|---|---|---|
| Nature | Prestation sociale légale | Contrat d’épargne souscrit par le défunt |
| Qui paie | CPAM (MSA pour un salarié agricole) | Assureur ou banque qui gère le contrat |
| Condition | Défunt salarié, chômeur indemnisé, en arrêt, invalide ou titulaire d’une rente AT d’au moins 66,66 % dans les 3 mois, ou en maintien de droits | Contrat en cours au décès |
| Montant | 4 009 € forfaitaires (salariés) ; 9 612 € ou 3 844,80 € pour les indépendants | Valeur de l’épargne au décès, selon les versements et le rendement |
| Bénéficiaires | Personnes à charge, puis conjoint ou partenaire de Pacs, descendants, ascendants | Personnes désignées dans la clause bénéficiaire, librement |
| Fiscalité | Aucune : ni impôt sur le revenu, ni CSG, ni droits de succession | Article 990 I (primes avant 70 ans) ou 757 B (après 70 ans) ; conjoint et Pacs exonérés |
| Succession | Hors succession | Hors succession si un bénéficiaire est désigné, dans la succession sinon |
| Créanciers du défunt | Insaisissable (sauf dette alimentaire, fraude) | Ne peuvent pas réclamer le capital (sauf primes manifestement exagérées) |
| Démarche | Formulaire S3180 à la CPAM du défunt | Courrier à l’assureur avec acte de décès ; recherche via l’Agira si contrat inconnu |
| Délai pour agir | 1 mois (prioritaires), 2 ans (autres) | 10 ans à compter du décès ou de sa connaissance, 30 ans au plus |
| Délai de paiement | Non fixé par les textes publiés | 1 mois après réception des pièces, intérêts de retard au-delà |
Qui verse le capital décès et qui verse l’assurance vie ?
Le capital décès est payé par l’Assurance maladie, au titre de l’assurance décès obligatoire des salariés. Aucun contrat n’a été signé : le droit naît de la situation du défunt dans les 3 mois précédant le décès. Un retraité de longue date ne l’ouvre donc pas, sauf exceptions (un artisan ou commerçant retraité avec 80 trimestres, par exemple). Les conditions sont détaillées sur la page capital décès de la Sécurité sociale en 2026.
L’assurance vie, elle, est versée par l’organisme auprès duquel le défunt avait ouvert un contrat : une compagnie d’assurance, une mutuelle, ou une banque qui distribue le contrat de sa filiale. Il peut y en avoir plusieurs, souscrits à des époques différentes. C’est le contrat qui fixe le montant et les bénéficiaires.
Combien rapporte chacun ?
Le capital décès est un forfait de 4 009 € depuis le 1er avril 2026, identique quel que soit le salaire du défunt. Pour un travailleur indépendant non retraité, il atteint 9 612 €, et 3 844,80 € pour un indépendant retraité ayant validé 80 trimestres. Il a été conçu comme une aide immédiate, pas comme une épargne.
Le capital d’une assurance vie correspond à l’épargne accumulée au jour du décès : versements, moins les éventuels retraits, plus les intérêts ou la valorisation des unités de compte. Il n’est connu avec certitude qu’au dénouement, quand l’assureur a valorisé le contrat. Les calculs nets d’impôt, selon le lien avec le défunt et l’âge aux versements, sont développés sur la page combien touche le bénéficiaire d’une assurance vie.
Qui sont les bénéficiaires ?
Pour le capital décès, le choix appartient à la loi (article L361-4 du Code de la sécurité sociale) : d’abord les personnes qui étaient à la charge effective, totale et permanente du défunt, si elles se manifestent dans le mois ; ensuite le conjoint non séparé ou le partenaire de Pacs, puis les descendants, puis les ascendants. Le défunt ne pouvait rien y changer.
Pour l’assurance vie, le choix appartient au souscripteur. La clause bénéficiaire peut désigner un conjoint, des enfants, un concubin, un ami ou une association. Le mot « conjoint » ne vise que la personne mariée au défunt au jour du décès, pas le partenaire de Pacs ni un ex-époux, comme l’explique notre article sur la clause bénéficiaire et le mot « conjoint ». Le fonctionnement de la clause est détaillé sur la page capital décès par assurance vie.
Quelle fiscalité pour chacun ?
Le capital décès de la Sécurité sociale n’est soumis ni à l’impôt sur le revenu, ni à la CSG ni à la CRDS, ni aux droits de succession. Rien à déclarer.
L’assurance vie suit deux régimes selon l’âge de l’assuré au moment des versements :
- Primes versées avant 70 ans (article 990 I du Code général des impôts) : abattement de 152 500 € par bénéficiaire, tous contrats confondus, puis prélèvement de 20 % jusqu’à 700 000 € et de 31,25 % au-delà.
- Primes versées après 70 ans (article 757 B) : abattement global de 30 500 €, partagé entre tous les bénéficiaires, puis droits de succession selon le lien de parenté, calculés sur les primes et non sur les intérêts.
- Conjoint marié et partenaire de Pacs : exonérés dans les deux cas.
Lequel entre dans la succession ?
Aucun des deux, en principe. Le capital décès est attribué directement par le Code de la sécurité sociale et il est insaisissable. Le capital d’assurance vie versé à un bénéficiaire désigné ne fait pas partie de la succession (article L132-12 du Code des assurances) et échappe aux créanciers du défunt (article L132-14). Deux réserves : sans bénéficiaire désigné, l’assurance vie entre dans la succession (article L132-11) ; et des primes manifestement exagérées au regard des revenus du défunt peuvent être réintégrées à la demande des héritiers réservataires (article L132-13). Le sujet est traité en détail sur la page le capital décès fait-il partie de la succession.
Quels délais pour les demander et les toucher ?
Pour le capital décès, ce sont les bénéficiaires qui ont un délai : 1 mois pour faire valoir leur priorité s’ils étaient à la charge du défunt, 2 ans pour les autres. La CPAM n’a pas de délai de paiement publié. La démarche est expliquée sur la page demander le capital décès à la CPAM.
Pour l’assurance vie, c’est l’assureur qui est tenu par des délais (article L132-23-1 du Code des assurances) : 15 jours pour demander les pièces après avoir reçu l’avis de décès et les coordonnées du bénéficiaire, puis 1 mois pour payer après réception des pièces. Au-delà, le capital produit des intérêts au double du taux légal pendant 2 mois, puis au triple. Le compte à rebours complet figure sur la page délai pour toucher une assurance vie après un décès.
- Capital décès
- Prestation légale de l’Assurance maladie, forfaitaire, versée aux proches désignés par la loi.
- Assurance vie
- Contrat d’épargne ; au décès, l’épargne est versée aux bénéficiaires choisis par le souscripteur.
- Assurance décès ou prévoyance
- Contrat de protection, souvent souscrit via l’employeur : il verse un capital ou une rente fixés au contrat, sans épargne accumulée. Voir capital décès prévoyance.
L’assurance vie et le capital décès comptent-ils pour la réversion ?
Pour le calcul des ressources de la pension de réversion du régime général, les revenus des biens recueillis du chef du défunt ou à la suite du décès sont exclus. La façon dont l’Assurance retraite traite un capital d’assurance vie reçu est expliquée sur la page l’assurance vie compte-t-elle pour la réversion.
Pour ne rien laisser de côté, le pilier capital décès et capitaux à rechercher recense toutes les sommes possibles après un décès et l’organisme à qui les demander.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre capital décès et assurance vie ?
Le capital décès est une prestation légale de 4 009 € versée par la CPAM aux proches désignés par la loi, si le défunt était salarié, indemnisé ou invalide dans les 3 mois avant sa mort. L’assurance vie est un contrat d’épargne souscrit par le défunt, dont le capital va aux bénéficiaires qu’il a choisis.
Peut-on toucher à la fois le capital décès et une assurance vie ?
Oui, les deux se cumulent. Chacun se demande auprès de son organisme : la CPAM pour le capital décès, l’assureur pour l’assurance vie.
Le capital décès de la CPAM est-il imposable comme une assurance vie ?
Non. Le capital décès n’est soumis à aucun impôt ni prélèvement social. L’assurance vie est taxée au-delà de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans, ou de 30 500 € pour celles versées après, sauf pour le conjoint et le partenaire de Pacs.
Qui touche l’assurance vie si aucun bénéficiaire n’est désigné ?
Le capital entre alors dans la succession et revient aux héritiers selon les règles de l’héritage, avec les droits de succession correspondants.
Comment savoir si le défunt avait une assurance vie ?
Interrogez gratuitement l’Agira en ligne ou par courrier avec l’acte de décès, si le décès date de moins de 10 ans. Elle transmet la demande aux assureurs, qui contactent directement les bénéficiaires dans le mois.
L’assurance vie est-elle versée plus vite que le capital décès ?
L’assureur doit payer dans le mois qui suit la réception des pièces complètes, sous peine d’intérêts de retard. Pour le capital décès, aucun délai de paiement n’est publié : il dépend de l’instruction du dossier par la CPAM.
Sources officielles
- Assurance maladie : Décès d’un proche, capital décès et frais de santé dus (consulté le 12 octobre 2026)
- Service-public.fr : Capital décès d’un salarié du secteur privé (consulté le 12 octobre 2026)
- Service-public.fr : Assurance-vie, comment savoir si on est bénéficiaire d’un assuré décédé ? (consulté le 12 octobre 2026)
- Légifrance : Code des assurances, article L132-23-1 (consulté le 12 octobre 2026)
- Légifrance : Code des assurances, articles L132-11 à L132-14 (consulté le 12 octobre 2026)
- Impots.gouv.fr : Je suis bénéficiaire d’une assurance-vie, comment la déclarer ? (consulté le 12 octobre 2026)
- Service-public.fr : Délai de prescription des actions liées à un contrat d’assurance-vie (consulté le 12 octobre 2026)
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