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Non : le capital décès de la Sécurité sociale (4 009 € en 2026) n’entre pas dans la succession. Il est versé directement aux bénéficiaires désignés par le Code de la sécurité sociale, échappe aux droits de succession et ne peut pas être saisi par les créanciers du défunt, sauf pour une dette alimentaire. Il en va de même, en principe, pour le capital d’une assurance vie ou d’un contrat de prévoyance qui désigne un bénéficiaire. En revanche, la retraite du mois du décès, les soldes bancaires et toute somme due au défunt lui-même font partie de l’héritage.
La distinction a des conséquences très concrètes : qui reçoit l’argent, s’il faut payer un impôt, et surtout ce qu’il advient de ces sommes quand la succession est endettée et que les héritiers envisagent d’y renoncer. Cette page passe en revue chaque capital, avec la règle qui s’applique et sa source.
Pourquoi le capital décès de la CPAM échappe-t-il à la succession ?
La succession, c’est l’ensemble des biens et des dettes que possédait le défunt au jour de sa mort. Le capital décès de la Sécurité sociale n’en a jamais fait partie : il naît au décès, au profit de personnes que la loi désigne elle-même. L’article L361-4 du Code de la sécurité sociale le verse d’abord aux personnes qui étaient à la charge effective, totale et permanente du défunt, puis, à défaut de demande dans le mois, au conjoint non séparé ou au partenaire de Pacs, aux descendants, et enfin aux ascendants.
Cet ordre n’est pas celui du Code civil. Un concubin ou un frère à la charge du défunt peut toucher le capital alors qu’il n’hérite pas, et un enfant peut être devancé par le conjoint alors qu’il est héritier réservataire. Les règles d’attribution sont détaillées sur la page qui a droit au capital décès, et la démarche sur celle consacrée à la demande de capital décès à la CPAM.
Le capital décès est-il soumis aux droits de succession ou à l’impôt ?
Non. L’Assurance maladie précise que le capital décès n’est soumis ni à la CSG, ni à la CRDS, ni aux cotisations sociales, ni à l’impôt sur les successions. Service-public.fr ajoute qu’il n’est pas soumis à l’impôt sur le revenu. Le bénéficiaire n’a donc rien à déclarer au titre de la succession pour cette somme, et le notaire n’a pas à l’intégrer dans l’actif.
Les créanciers du défunt peuvent-ils saisir le capital décès ?
Non. L’article L361-5 du Code de la sécurité sociale rend le capital décès incessible et insaisissable. Il prévoit deux exceptions seulement : le paiement de dettes alimentaires et le remboursement d’un capital obtenu par manœuvre frauduleuse ou fausse déclaration. Une banque, un bailleur ou un organisme de crédit à qui le défunt devait de l’argent ne peut donc pas se servir sur ce capital.
Pour l’assurance vie, l’article L132-14 du Code des assurances pose une règle voisine : les créanciers du souscripteur ne peuvent pas réclamer le capital garanti à un bénéficiaire déterminé. Ils ne peuvent agir que sur les primes, et seulement dans des cas limités, notamment lorsqu’elles étaient manifestement exagérées par rapport aux moyens du défunt.
Capital par capital : ce qui entre ou non dans la succession
| Somme | Dans la succession ? | Fiscalité | Créanciers du défunt |
|---|---|---|---|
| Capital décès CPAM ou MSA | Non | Aucun impôt | Insaisissable (sauf dette alimentaire, fraude) |
| Capital décès d’un fonctionnaire | Non, versé aux ayants droit fixés par les textes | Non précisé par la fiche officielle | Non précisé par la fiche officielle |
| Assurance vie, bénéficiaire désigné | Non | Prélèvement de l’article 990 I ou droits de l’article 757 B selon l’âge aux versements | Ne peuvent pas réclamer le capital |
| Assurance vie, aucun bénéficiaire désigné | Oui | Droits de succession | Oui |
| Prévoyance ou assurance décès, bénéficiaire désigné | Non, en principe | Régime propre au contrat | Selon le contrat et le code applicable |
| Retraite du mois du décès, arrérages dus | Oui | Droits de succession selon le barème | Oui |
| Remboursement de soins dus au défunt par la CPAM | Oui, versé aux héritiers | Droits de succession selon le barème | Oui |
Et l’assurance vie : hors succession, mais pas hors impôt
L’article L132-12 du Code des assurances est explicite : le capital payable à un bénéficiaire déterminé ne fait pas partie de la succession de l’assuré. Le bénéficiaire est réputé y avoir eu seul droit dès la souscription. À l’inverse, l’article L132-11 fait tomber le capital dans la succession quand aucun bénéficiaire n’est désigné.
Ce capital hors succession reste taxé selon ses propres règles. Pour les primes versées avant les 70 ans de l’assuré, chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 €, puis d’un prélèvement de 20 % jusqu’à 700 000 € et de 31,25 % au-delà (article 990 I du Code général des impôts). Pour les primes versées après 70 ans, un abattement global de 30 500 € s’applique, puis les droits de succession selon le lien de parenté (article 757 B). Le conjoint et le partenaire de Pacs sont exonérés dans les deux cas. Le calcul détaillé figure sur la page combien touche le bénéficiaire d’une assurance vie, et la différence avec le capital de la Sécurité sociale dans notre comparatif capital décès et assurance vie.
Peut-on renoncer à la succession et toucher quand même le capital ?
Pour l’assurance vie, oui : le capital versé à un bénéficiaire déterminé ne faisant pas partie de la succession, y renoncer n’empêche pas de le toucher. Pour le capital décès de la Sécurité sociale, la logique est la même : il est attribué à un ayant droit désigné par le Code de la sécurité sociale, et non à un héritier. Aucune page officielle consultée ne traite toutefois explicitement de cette combinaison. Si la succession est lourdement déficitaire, faites confirmer la situation par le notaire avant de signer la renonciation.
Renoncer a d’autres conséquences : l’héritier ne reçoit plus rien de l’actif (comptes, retraite du mois du décès, biens) et ne paie aucune dette. En revanche, les enfants et les parents du défunt peuvent rester tenus de contribuer aux frais d’obsèques au titre de l’obligation alimentaire, selon leurs moyens. La procédure est expliquée sur la page refuser un héritage, et le cas des dettes sur celle de la succession déficitaire.
Faut-il déclarer le capital décès dans la déclaration de succession ?
Le capital de la Sécurité sociale, exonéré d’impôt sur les successions, n’a pas à être intégré à l’actif taxable. Pour l’assurance vie, tout dépend de l’âge de l’assuré lors des versements. Lorsque des primes ont été versées après 70 ans, le bénéficiaire dépose une déclaration partielle de succession (formulaire 2705-A) au service de l’enregistrement du domicile du défunt, dans les 6 mois du décès en métropole. Une fois visé par l’administration, ce formulaire doit être présenté à l’assureur pour obtenir le versement.
La prévoyance et le capital d’un fonctionnaire suivent-ils les mêmes règles ?
Contrat de prévoyance
Un contrat collectif d’entreprise ou une prévoyance individuelle verse son capital au bénéficiaire prévu par le contrat (souvent le conjoint, à défaut les enfants, à défaut les héritiers). Si la clause renvoie finalement aux « héritiers », ils le reçoivent en cette qualité. Lisez la clause et le régime fiscal indiqué dans la notice : voir capital décès prévoyance.
Capital d’un fonctionnaire
Il est versé par l’employeur au conjoint ou partenaire de Pacs (1/3) et aux enfants de moins de 21 ans (2/3), selon une répartition fixée par les textes. Un enfant majeur de 25 ans, héritier à part entière, ne reçoit rien à ce titre.
Pour savoir quelles sommes rechercher après un décès et à quel organisme les demander, consultez le pilier capital décès et capitaux à rechercher. Pour le règlement de la succession elle-même (notaire, déclaration, partage), le pilier succession et héritage donne la marche à suivre.
Questions fréquentes
Le capital décès est-il imposable ?
Le capital décès de la Sécurité sociale n’est soumis ni à l’impôt sur le revenu, ni aux droits de succession, ni à la CSG ou à la CRDS. Une assurance vie ou une prévoyance a en revanche sa propre fiscalité, selon le contrat et l’âge de l’assuré lors des versements.
Les héritiers doivent-ils partager le capital décès ?
Non. Le capital de la CPAM revient aux bénéficiaires fixés par le Code de la sécurité sociale, d’abord les personnes à charge du défunt, puis le conjoint ou partenaire de Pacs, puis les enfants, puis les parents. Il n’est pas partagé selon les règles de l’héritage.
Un créancier peut-il saisir le capital décès ?
Non, le capital décès de la Sécurité sociale est incessible et insaisissable, sauf pour une dette alimentaire ou en cas de fraude. Le capital d’une assurance vie versé à un bénéficiaire désigné ne peut pas non plus être réclamé par les créanciers du souscripteur.
Peut-on toucher une assurance vie en refusant l’héritage ?
Oui. Le capital versé à un bénéficiaire désigné ne fait pas partie de la succession : le bénéficiaire le perçoit même s’il renonce à la succession. Sans bénéficiaire désigné, en revanche, le capital entre dans la succession.
La retraite du mois du décès fait-elle partie de la succession ?
Oui. Elle était due au défunt et entre dans l’actif successoral, comme les soldes bancaires. Les mensualités versées après le mois du décès, elles, sont un trop-perçu à rembourser à la caisse.
Le notaire doit-il tenir compte du capital décès ?
Le capital décès de la Sécurité sociale n’entre pas dans l’actif qu’il liquide. Pour l’assurance vie, il vérifie la clause bénéficiaire et l’âge de l’assuré lors des versements, car des primes versées après 70 ans imposent une déclaration partielle.
Sources officielles
- Assurance maladie : Décès d’un proche, capital décès et frais de santé dus (consulté le 12 octobre 2026)
- Légifrance : Code de la sécurité sociale, articles L361-1 à L361-5 (assurance décès) (consulté le 12 octobre 2026)
- Légifrance : Code des assurances, articles L132-11 à L132-14 (consulté le 12 octobre 2026)
- Service-public.fr : Capital décès d’un salarié du secteur privé (consulté le 12 octobre 2026)
- Service-public.fr : Capital décès dans la fonction publique (consulté le 12 octobre 2026)
- Impots.gouv.fr : Je suis bénéficiaire d’une assurance-vie, comment la déclarer ? (consulté le 12 octobre 2026)
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