PER ou assurance-vie, 200 euros par mois dès 35 ans : 15 ans d'avance valent 66 400 euros de capital selon Philippe Crevel
Philippe Crevel compare PER et assurance-vie : versements tôt, déduction fiscale, blocage, rachats et sécurisation progressive du capital avant la retraite.

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La crainte que le régime par répartition ne suffise plus au moment du départ pousse à constituer un complément personnel. Philippe Crevel, économiste et directeur du Cercle des Épargnants, insiste sur un point simple : le montant de départ compte moins que le moment où l’effort commence et sa régularité. Que l’enveloppe soit de 100, 300 ou 500 euros par mois, le temps fait le levier principal via les intérêts composés.
200 euros par mois, 3% par an : l’écart entre 35 et 50 ans
L’économiste a illustré le coût d’attendre. À 200 euros versés chaque mois, avec un rendement annuel de 3%, un effort lancé à 35 ans aboutit vers 63 ans à un capital d’environ 104 400 euros, dont 37 200 euros de gains. Le même rythme commencé à 50 ans ne donne qu’environ 38 000 euros, dont 6 800 euros de plus-value. Commencer 15 ans plus tôt ajoute ainsi 66 400 euros de capital.
Les versements cumulés expliquent une partie du choc : 67 200 euros sur 28 ans contre 31 200 euros sur 13 ans. Une capitalisation mensuelle équivalente à 3% par an donne des ordres de grandeur proches, autour de 105 115 euros après 28 ans et 38 101 euros après 13 ans, hors frais, fiscalité et variations de rendement. Il s’agit d’une simulation, pas d’une promesse.
Le PER pour la déduction, l’assurance-vie pour la souplesse
2 enveloppes dominent la préparation d’un revenu complémentaire. Le plan d’épargne retraite individuel, décrit par Service-Public.fr, sert à épargner pendant la vie active pour obtenir, à partir de l’âge de la retraite, un capital ou une rente. Il est ouvert aux majeurs, sous forme de compte-titres ou de contrat d’assurance de groupe. Les versements volontaires effectués avant 70 ans peuvent être déduits du revenu imposable dans la limite du plafond. « Le PER est avantageux pour ceux qui sont dans des taux d’imposition élevés », précise Philippe Crevel. En contrepartie, l’épargne est en principe disponible à la retraite. Des sorties anticipées existent, notamment en cas d’accident de la vie et, selon l’origine des sommes, pour l’achat de la résidence principale. Le régime fiscal à la sortie dépend du choix fait à l’entrée, du type de versements et d’une sortie en rente ou en capital. La déductibilité des versements sur le PER et changement applicable après 70 ans change concrètement l’intérêt de l’enveloppe pour les contribuables encore imposables.
L’assurance-vie, de son côté, se nourrit de versements libres ou programmés, sur un fonds en euros et des unités de compte. Les gains sont réinvestis. Un rachat peut être total ou partiel : le rachat partiel retire une fraction sans clôturer le contrat. La fiscalité porte sur la part de gains et dépend notamment de l’ancienneté du contrat et de la date des versements. Après une demande de rachat, le délai de versement par l’assureur ne doit pas dépasser 2 mois. Cette souplesse permet de financer d’autres projets sans attendre la liquidation. Les retraits sur une assurance-vie et fiscalité selon l’ancienneté du contrat pèsent donc dès qu’un besoin de liquidités apparaît avant la retraite.
Les 2 produits ne s’excluent pas. « Ça se cumule », rappelle Philippe Crevel : un PER pour l’avantage à l’entrée, une assurance-vie pour garder une poche disponible.
Versements périodiques et sécurisation avec l’âge
Plutôt que de chercher le « bon » moment de marché, l’économiste privilégie des versements périodiques. « Quand vous investissez de façon périodique, vous lissez les effets de marché. » Sur un horizon long, une part de risque mesurée peut se justifier, à condition de « sécuriser progressivement le capital avec l’âge pour éviter d’être pris au dépourvu par un krach boursier au moment du départ ».
Reste ouvert le calibrage entre déduction immédiate, liquidité et profil de risque : le rendement de 3% de la simulation n’est qu’un scénario, et le choix d’enveloppe se joue aussi sur le taux d’imposition, l’âge des 70 ans pour le PER et le besoin éventuel de racheter avant la liquidation.
Sources
- https://www.pleinevie.fr/conso-argent/per-ou-assurance-vie-quel-est-le-meilleur-placement-pour-votre-retraite-selon-un-expert-227188.html
- https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F34982
- https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F15274


