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Pour toucher l’allocation de veuvage, vous devez avoir moins de 55 ans, avoir été marié au défunt au jour du décès, ne pas vivre en couple, résider en France et disposer de ressources limitées : 2 698,43 € au maximum sur 3 mois en 2026, allocation comprise. Votre conjoint doit avoir été affilié à l’assurance vieillesse au moins 3 mois dans l’année précédant son décès. La demande doit être faite dans les 2 ans à partir du 1er jour du mois du décès.
Ces conditions sont cumulatives et la caisse les vérifie une à une. Certaines s’apprécient une seule fois, au décès (le mariage, l’affiliation du défunt). D’autres doivent rester remplies pendant tout le versement : l’âge, l’absence de vie de couple, la résidence et les ressources. Les règles ci-dessous sont celles du régime général, gérées par l’Assurance retraite ; la MSA applique les mêmes conditions à ses assurés.
Si vous cherchez d’abord le montant, la durée et la démarche, la page allocation veuvage : montant, durée et démarches donne la vue d’ensemble.
Quel âge faut-il avoir ?
Vous devez avoir moins de 55 ans. La condition joue à la demande, puis pendant tout le versement : l’allocation s’arrête dès que vous atteignez 55 ans. Une personne veuve qui a déjà 55 ans au moment du décès n’y a pas droit, mais elle peut prétendre directement à la pension de réversion du régime général (54 % de la retraite de base du défunt, sous condition de ressources).
L’âge au décès compte aussi pour la durée. Avant 50 ans, l’allocation est versée 2 ans au plus. À 50 ans ou plus au jour du décès, elle est prolongée jusqu’à 55 ans. Il n’y a pas d’âge minimum : une veuve de 30 ans peut en bénéficier.
Faut-il avoir été marié avec le défunt ?
Oui. Il faut être veuf ou veuve, c’est-à-dire marié au défunt au jour de son décès, et ne pas en être divorcé. La durée du mariage n’entre pas en ligne de compte : un mariage de quelques mois suffit.
Le partenaire de Pacs et le concubin sont exclus, quelle que soit la durée de vie commune et même s’ils ont eu des enfants avec le défunt. Cette exclusion est fréquemment contestée par les familles, mais elle est appliquée strictement ; notre article sur le refus de l’allocation veuvage malgré un enfant commun revient sur un cas récent. L’ex-conjoint divorcé n’a pas droit à l’allocation veuvage, alors qu’il peut, lui, prétendre à une part de pension de réversion.
Peut-on vivre en couple et toucher l’allocation ?
Non. Vous ne devez pas vivre en couple : ni remariage, ni Pacs, ni concubinage. La condition s’applique pendant toute la durée du versement. Une installation avec un nouveau compagnon, même sans formalité, met fin au droit et doit être déclarée à la caisse. Les sommes perçues après la mise en couple non déclarée sont réclamées en trop-perçu.
La pension de réversion du régime général, elle, n’est pas supprimée par une nouvelle union : seules les ressources du nouveau ménage sont prises en compte. Si vous envisagez de refaire votre vie après 55 ans, la page pension de réversion et remariage compare les effets régime par régime.
Où faut-il résider ?
Vous devez résider en France : en métropole, dans un département d’outre-mer, en Polynésie française ou en Nouvelle-Calédonie, selon l’Assurance retraite. Des exceptions existent selon votre nationalité ou celle du défunt, notamment dans le cadre de conventions de sécurité sociale. Si vous vivez à l’étranger ou envisagez de partir, interrogez l’Assurance retraite avant de déposer la demande ou de déménager : un départ en cours de versement peut faire cesser l’allocation.
Quelles conditions doit remplir le conjoint décédé ?
Votre conjoint devait avoir été affilié à l’assurance vieillesse pendant au moins 3 mois, continus ou non, au cours des 12 mois qui précèdent son décès. Concrètement, il suffit qu’il ait travaillé et cotisé trois mois, même en plusieurs contrats courts.
Les périodes suivantes sont assimilées, d’après l’Assurance retraite :
- chômage indemnisé ;
- arrêt de travail pour maladie, maternité ou accident du travail ;
- invalidité ;
- perception de l’allocation aux adultes handicapés (AAH).
L’allocation relève du régime général et de la MSA. Si votre conjoint relevait d’un autre régime (fonctionnaire titulaire, par exemple), c’est ce régime qui fixe les droits du survivant. Pour un fonctionnaire, la réversion de 50 % est versée sans condition d’âge ni de ressources : voir le montant de la réversion d’un fonctionnaire.
Quel est le plafond de ressources en 2026 ?
Le plafond est de 2 698,43 € pour 3 mois, soit 899,48 € par mois, depuis le 1er janvier 2026. Il est égal à 3,75 fois le montant mensuel maximum de l’allocation (719,58 €).
Point souvent mal compris : ce plafond s’applique au total de vos ressources personnelles et de l’allocation elle-même. Comme l’allocation pèse 2 158,74 € par trimestre, vos autres ressources peuvent atteindre 539,69 € sur 3 mois sans aucune réduction. Entre 539,69 € et 2 698,43 €, vous avez droit à une allocation réduite. À partir de 2 698,43 € de ressources sur le trimestre, vous n’avez droit à rien. Le calcul complet, avec plusieurs cas, figure dans la page sur le montant de l’allocation veuvage.
| Vos ressources sur 3 mois (hors allocation) | Droit | Allocation mensuelle |
|---|---|---|
| 0 € à 539,69 € | Allocation complète | 719,58 € |
| 900 € | Allocation réduite (2 698,43 − 900 = 1 798,43 € par trimestre) | 599,48 € |
| 1 800 € | Allocation réduite (2 698,43 − 1 800 = 898,43 € par trimestre) | 299,48 € |
| 2 698,43 € ou plus | Pas d’allocation | 0 € |
Sur quelle période les ressources sont-elles examinées ?
La caisse retient les ressources des 3 mois civils qui précèdent la date d’effet de l’allocation. Si vous déposez la demande dans les 12 mois qui suivent le décès, l’allocation part du mois du décès : ce sont donc, en pratique, les trois mois civils précédant le décès qui sont examinés. Si vous la déposez plus tard, ce sont les trois mois précédant la demande.
Les ressources sont ensuite revues pendant le versement. Toute variation (nouvel emploi, fin d’indemnisation, revenus locatifs) doit être signalée, car elle peut faire baisser ou remonter l’allocation.
Quelles ressources comptent, et lesquelles sont exclues ?
Les ressources du survivant sont appréciées selon les règles de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (articles R815-22 à R815-25 du Code de la sécurité sociale), avec des aménagements propres au veuvage prévus par l’article D356-3. Entrent notamment en compte vos revenus d’activité, vos pensions et rentes (invalidité par exemple) et les revenus de votre patrimoine.
Sont expressément exclus :
- le capital décès versé par l’Assurance maladie (4 009 € depuis le 1er avril 2026) ;
- l’allocation de logement et l’aide personnalisée au logement ;
- la prestation de compensation du handicap (PCH).
Les autres capitaux décès, comme celui d’un contrat de prévoyance, ne sont pas ignorés : ils sont réputés vous procurer chaque année un revenu calculé au taux du livret A en vigueur au 1er janvier, pendant trois ou cinq ans après le décès selon le cas. Un capital de prévoyance important peut donc réduire l’allocation sans que vous ayez « touché » un revenu au sens habituel.
Dans quel délai faut-il faire la demande ?
La demande doit être déposée dans les 2 ans à partir du 1er jour du mois du décès. Passé ce délai, le droit est perdu. Entre ces deux bornes, la date compte :
- Demande dans les 12 mois suivant le décès : allocation due depuis le 1er jour du mois du décès, avec un rappel des mois écoulés.
- Demande entre 12 et 24 mois : allocation due seulement depuis le 1er jour du mois de la demande. La fin de la période (2 ans après le mois du décès) ne recule pas.
Que se passe-t-il si une condition cesse d’être remplie ?
L’allocation est versée tant que les conditions sont réunies. Elle s’arrête si vous atteignez 55 ans, si vous vivez de nouveau en couple, si vous quittez la France hors des exceptions prévues, ou si vos ressources dépassent le plafond. Vous devez signaler à la caisse tout changement de situation : ressources, situation familiale, adresse. L’Assurance retraite rappelle cette obligation dans sa page consacrée au veuvage.
À l’inverse, une baisse de ressources peut augmenter l’allocation : un veuf dont le contrat de travail prend fin a intérêt à le déclarer rapidement.
Comment vérifier si vous remplissez toutes les conditions ?
- Vérifiez votre âge au jour du décès et la date de vos 55 ans.
- Rassemblez l’acte de mariage ou le livret de famille et l’acte de décès.
- Faites la liste de vos ressources des 3 mois civils de référence, en mettant de côté le capital décès CPAM et les aides au logement.
- Renseignez-vous sur la situation professionnelle du défunt dans les 12 mois précédant son décès (bulletins de salaire, attestation France Travail, indemnités journalières).
- Déposez la demande dans votre espace personnel lassuranceretraite.fr ou par courrier au centre national de Dijon. En cas d’hésitation, appelez le 39 60.
Si la démarche vous semble lourde, la page qui peut m’aider à remplir mon dossier recense les interlocuteurs gratuits (conseillers des caisses, France services, CCAS). Pour l’ensemble des démarches liées à la réversion, consultez notre dossier pension de réversion.
Questions fréquentes
Quel est l’âge limite pour l’allocation veuvage ?
Il faut avoir moins de 55 ans. L’allocation s’arrête à 55 ans, âge à partir duquel la pension de réversion du régime général peut être demandée.
Faut-il une durée minimale de mariage pour l’allocation veuvage ?
Non. Il suffit d’avoir été marié au défunt au jour du décès et de ne pas en être divorcé. Aucune durée minimale n’est exigée.
Un concubin ou un partenaire de Pacs peut-il toucher l’allocation veuvage ?
Non. L’allocation est réservée au conjoint marié. Le Pacs et le concubinage n’ouvrent aucun droit, même en présence d’enfants communs.
Quel est le plafond de ressources de l’allocation veuvage en 2026 ?
2 698,43 € sur 3 mois, soit 899,48 € par mois. Ce plafond inclut l’allocation elle-même : l’allocation reste complète tant que vos autres ressources ne dépassent pas 539,69 € sur le trimestre.
Le capital décès compte-t-il dans les ressources de l’allocation veuvage ?
Le capital décès de la Sécurité sociale est exclu. Les autres capitaux décès, par exemple de prévoyance, sont réputés produire un revenu annuel calculé au taux du livret A, pendant trois ou cinq ans selon le cas.
Mon conjoint était au chômage : ai-je droit à l’allocation veuvage ?
Oui, si les autres conditions sont réunies. Le chômage indemnisé fait partie des situations assimilées à l’affiliation : il suffit de 3 mois d’affiliation ou de situation assimilée dans l’année précédant le décès.
Quel est le délai pour demander l’allocation veuvage ?
Deux ans à partir du 1er jour du mois du décès. Pour être payé depuis le mois du décès, la demande doit être déposée dans les 12 mois.
Peut-on toucher l’allocation veuvage en vivant à l’étranger ?
En principe non : il faut résider en France, y compris en outre-mer, en Polynésie ou en Nouvelle-Calédonie. Des exceptions existent selon la nationalité, à vérifier auprès de l’Assurance retraite.
Sources officielles
- Service-public.fr : Allocation veuvage (consulté le 12 octobre 2026)
- L’Assurance retraite : Veuvage, allocation de veuvage (consulté le 12 octobre 2026)
- Légifrance : article D356-3 du Code de la sécurité sociale (ressources prises en compte) (consulté le 12 octobre 2026)
- Légifrance : article D356-1 du Code de la sécurité sociale (durée de versement) (consulté le 12 octobre 2026)
- Sénat : question écrite n° 04561 « Allocation veuvage » et réponse du ministère des Solidarités et de la Santé (24 mai 2018) (consulté le 12 octobre 2026)
Comment cette page est tenue à jour. Les montants, plafonds et délais sont vérifiés sur les sources officielles citées à la date indiquée en haut de page, et revus à chaque revalorisation. Cette page donne une information générale : elle ne remplace pas l’avis de votre caisse, d’un notaire ou d’un avocat.
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