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Le capital décès d’une prévoyance est une somme prévue par un contrat, souvent souscrit par l’employeur, et versée par un assureur, une institution de prévoyance ou une mutuelle aux bénéficiaires désignés. Il n’est jamais versé d’office : il faut identifier l’organisme et lui envoyer une demande. Pour un salarié, le premier interlocuteur est l’employeur, qui connaît le contrat collectif. Le capital peut s’accompagner d’une rente éducation pour les enfants ou d’une rente de conjoint.
La prévoyance s’ajoute au capital décès de la Sécurité sociale (4 009 € depuis le 1er avril 2026 pour un salarié du privé) et ne le remplace pas. Elle est souvent la plus grosse somme en jeu après le décès d’un actif, et c’est aussi la plus souvent oubliée, parce que la famille ignore son existence. Le calcul du montant est traité à part, sur la page consacrée au calcul du capital décès prévoyance.
Prévoyance collective ou individuelle : de quoi parle-t-on ?
Prévoyance collective
Souscrite par l’employeur pour tout ou partie du personnel, en application d’une convention collective, d’un accord d’entreprise ou d’une décision unilatérale. Les cotisations figurent sur le bulletin de paie. Elle couvre en général le décès, l’incapacité de travail et l’invalidité.
Prévoyance individuelle
Souscrite à titre personnel : assurance temporaire décès, garantie décès d’une mutuelle, contrat Madelin d’un indépendant, garantie décès d’un prêt. Le contrat est dans les papiers du défunt ou se repère par les prélèvements sur ses relevés bancaires.
Capital décès de la Sécurité sociale
Prestation légale forfaitaire versée par la CPAM, sans contrat, aux proches de certains actifs. Elle obéit à ses propres règles de priorité et de délai, distinctes de la prévoyance.
Le défunt était-il obligatoirement couvert ?
Pour les cadres, oui. L’accord national interprofessionnel du 17 novembre 2017 oblige l’employeur à cotiser 1,50 % de la tranche A de la rémunération, c’est-à-dire de la fraction du salaire sous le plafond de la Sécurité sociale (48 060 € par an en 2026), affectée en priorité à la garantie décès. Si l’employeur n’a pas souscrit de contrat, il doit verser lui-même aux ayants droit un capital égal à 3 fois le plafond annuel en vigueur au décès, soit 144 180 € en 2026.
Pour les non-cadres, aucune obligation générale ne s’applique, mais de nombreuses conventions collectives de branche imposent une garantie décès minimale. La convention applicable figure sur le bulletin de paie et son texte est consultable sur Légifrance. Dans la fonction publique, il n’existe pas de prévoyance obligatoire de ce type : le capital décès est versé par l’administration pour un agent en activité (voir notre page sur le capital décès d’un fonctionnaire), et une garantie décès peut exister en plus via une mutuelle comme la MGEN.
Comment savoir si le défunt avait une prévoyance ?
- Regardez les derniers bulletins de paie : une ligne « prévoyance », « décès » ou « incapacité-invalidité-décès » signale un contrat collectif. Le nom de l’organisme y figure parfois.
- Écrivez au service des ressources humaines : l’employeur doit informer l’organisme de prévoyance du décès d’un salarié et verser aux héritiers les sommes qui leur reviennent. Demandez-lui la notice d’information du contrat et le nom de l’organisme.
- Fouillez les papiers et les relevés bancaires pour un contrat individuel : cotisations prélevées par un assureur, une mutuelle, une banque.
- Pour un contrat d’assurance souscrit à titre individuel, faites une recherche gratuite auprès de l’Agira avec l’acte de décès.
- Interrogez la mutuelle santé du défunt : certaines incluent une garantie décès, comme le détaille notre page sur le capital décès MGEN.
Notre guide pour retrouver les organismes d’une personne décédée donne la méthode complète pour reconstituer les affiliations quand les papiers manquent.
Le défunt avait quitté son emploi : est-il encore couvert ?
Plusieurs situations maintiennent la garantie décès après la fin du contrat de travail.
- Chômage indemnisé : la portabilité (article L911-8 du Code de la sécurité sociale) maintient gratuitement les garanties de prévoyance de l’ancien employeur pendant la durée d’indemnisation, dans la limite de la durée du dernier contrat et de 12 mois.
- Arrêt de travail ou invalidité : dans un contrat collectif couvrant décès, incapacité et invalidité, la garantie décès doit être maintenue tant que dure l’incapacité ou l’invalidité, même si le contrat est résilié ou non renouvelé entre-temps (article 7-1 de la loi Évin du 31 décembre 1989).
- Retraite : la prévoyance collective d’entreprise cesse en principe au départ en retraite. Un retraité n’est couvert que par un contrat individuel ou une garantie de sa mutuelle.
Qui touche le capital décès de la prévoyance ?
Les bénéficiaires désignés par le salarié dans le bulletin d’affiliation, s’il en a rempli un. À défaut, le contrat prévoit une clause type, qui désigne en général le conjoint, puis les enfants, puis d’autres proches dans un ordre fixé par la notice. Le partenaire de Pacs ou le concubin ne sont protégés que si le contrat le prévoit ou si le salarié les a nommés.
Comme en assurance vie, le capital versé à un bénéficiaire désigné ne fait pas partie de la succession (article L132-12 du Code des assurances). Il n’est pas partagé entre les héritiers et peut être touché même par un enfant qui renonce à l’héritage. Notre page sur le capital décès et la succession compare tous les capitaux sur ce point.
Rente éducation, rente de conjoint : quelles différences avec le capital ?
| Prestation | Bénéficiaire | Forme | Ce qu’il faut vérifier |
|---|---|---|---|
| Capital décès | Bénéficiaires désignés ou clause type | Somme versée en une fois | Pourcentage du salaire, majorations pour enfants, doublement éventuel en cas d’accident |
| Rente éducation | Chaque enfant à charge | Rente versée jusqu’à un âge fixé par le contrat, souvent plus élevée pendant les études | Âge limite, conditions d’études, montant par tranche d’âge |
| Rente de conjoint | Conjoint survivant, parfois partenaire de Pacs | Rente temporaire ou viagère | Durée, définition du conjoint, cumul avec le capital |
| Garantie obsèques ou forfait frais funéraires | Celui qui a payé les obsèques | Remboursement plafonné sur facture | Plafond, pièces demandées |
| Capital en cas d’invalidité absolue | L’assuré lui-même, de son vivant | Versement anticipé du capital décès | S’il a été versé avant le décès, il n’est plus dû |
Les rentes éducation et de conjoint sont souvent assurées par un organisme distinct de celui qui verse le capital, par exemple une union d’institutions de prévoyance désignée par la branche professionnelle. La notice d’information indique qui contacter pour chaque garantie : un seul courrier ne suffit pas toujours.
Comment demander le capital décès de la prévoyance ?
- Prévenez l’employeur et l’organisme de prévoyance du décès, par écrit.
- Demandez la liste des pièces : en général acte de décès, pièce d’identité et RIB de chaque bénéficiaire, livret de famille ou acte de mariage, certificat de scolarité pour une rente éducation, et le dernier bulletin de salaire ou une attestation de salaire de l’employeur.
- Joignez le certificat médical demandé si le contrat prévoit une majoration en cas d’accident.
- Envoyez le dossier en recommandé et conservez une copie.
Pour un contrat relevant du Code des assurances, l’assureur a 15 jours pour réclamer les pièces et 1 mois pour payer après leur réception, sous peine d’intérêts au double puis au triple du taux légal. Les règles applicables aux institutions de prévoyance et aux mutuelles, et les recours en cas de retard, sont détaillés sur la page consacrée au délai de versement du capital décès en prévoyance.
Le capital de prévoyance est-il imposé ?
Il n’est pas soumis à l’impôt sur le revenu du bénéficiaire. Le prélèvement de l’article 990 I du Code général des impôts, qui frappe les capitaux d’assurance vie au-delà de 152 500 €, se calcule différemment pour un contrat temporaire décès, sans valeur de rachat : selon la doctrine fiscale (BOI-TCAS-AUT-60, § 180), la base est la dernière prime annuelle et non le capital versé. Certains contrats de groupe souscrits dans un cadre professionnel sont en outre exonérés (même BOI, § 150). Le conjoint et le partenaire de Pacs sont exonérés dans tous les cas. En pratique, l’organisme indique dans son courrier de règlement si une retenue fiscale s’applique.
Prévoyance, assurance vie, CPAM : que demander à qui ?
Après le décès d’un salarié, trois demandes distinctes sont à faire : le capital décès à la CPAM (formulaire S3180), la prévoyance à l’organisme désigné par l’employeur, et une éventuelle assurance vie à l’assureur. La page capital décès et assurance vie compare ces sommes, et le guide de la recherche de capitaux après un décès recense toutes les pistes.
Questions fréquentes
Comment savoir si un salarié décédé avait une prévoyance ?
Regardez ses bulletins de paie : une ligne de cotisation prévoyance ou décès signale un contrat collectif. L’employeur peut indiquer l’organisme et fournir la notice d’information. Tous les cadres sont couverts au titre de l’accord de 2017.
Qui verse le capital décès de la prévoyance ?
L’organisme qui gère le contrat : société d’assurance, institution de prévoyance ou mutuelle. L’employeur ne paie lui-même que s’il n’a pas souscrit le contrat obligatoire, par exemple pour un cadre.
Le capital décès prévoyance fait-il partie de la succession ?
Non, lorsqu’il est versé à un bénéficiaire désigné ou prévu par la clause type du contrat. Il n’est pas partagé entre les héritiers et reste dû même à un enfant qui renonce à l’héritage.
Un chômeur est-il couvert par la prévoyance de son ancien employeur ?
Oui, grâce à la portabilité, pendant sa période d’indemnisation par l’assurance chômage, dans la limite de la durée du dernier contrat et de 12 mois. Le maintien est gratuit pour l’ancien salarié.
Qu’est-ce qu’une rente éducation ?
C’est une rente versée par la prévoyance à chaque enfant à charge du salarié décédé, jusqu’à un âge fixé par le contrat. Son montant dépend souvent de l’âge de l’enfant et augmente parfois pendant les études.
Un retraité a-t-il encore une prévoyance décès ?
En principe non, la prévoyance d’entreprise s’arrête au départ en retraite. Seuls un contrat individuel, une garantie de mutuelle ou une assurance vie peuvent alors prévoir un capital.
Que se passe-t-il si l’employeur d’un cadre n’avait pas de contrat de prévoyance ?
Il doit verser lui-même aux ayants droit un capital égal à 3 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale en vigueur au décès, soit 144 180 € en 2026.
Sources officielles
- Légifrance : accord national interprofessionnel du 17 novembre 2017, article 1er (prévoyance des cadres) (consulté le 12 octobre 2026)
- Légifrance : article 7-1 de la loi n° 89-1009 du 31 décembre 1989 (loi Évin) (consulté le 12 octobre 2026)
- Service-Public.fr : Un salarié peut-il garder la complémentaire santé employeur à la fin de son contrat ? (consulté le 12 octobre 2026)
- Service-Public.fr : Que doit faire l’employeur en cas de décès d’un salarié ? (consulté le 12 octobre 2026)
- Légifrance : article L132-23-1 du Code des assurances (consulté le 12 octobre 2026)
- BOFiP : BOI-TCAS-AUT-60, prélèvement sur les sommes versées en cas de décès de l’assuré (consulté le 12 octobre 2026)
- Service-Public.fr : Capital décès versé pour le décès d’un salarié du secteur privé (consulté le 12 octobre 2026)
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