Pourquoi 39% des Français mettent leur épargne en pause par peur de se tromper, même avec une assurance-vie
Une étude Kantar pour Basalt montre qu’un Français sur 2 redoute un mauvais placement. Frais mal connus, comparaisons difficiles et idée reçue sur l’argent.

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L’assurance-vie reste l’un des placements les plus répandus en France, avec 19 millions de détenteurs. Une étude Kantar réalisée pour le courtier Basalt dresse pourtant un tableau moins triomphant : la crainte de faire le mauvais choix freine encore les versements, y compris chez ceux qui ont déjà un contrat.
Un Français sur 2 redouterait de se tromper de placement. Près de 4 personnes sur 10, soit 39%, avouent avoir déjà reporté une décision d’épargne pour cette raison. Le statu quo n’est pas seulement le fait des non-souscripteurs. Il touche aussi des épargnants déjà engagés, qui estiment souvent manquer d’éducation financière pour arbitrer.
Des contrats détenus, mais encore mal décryptés
Chez les détenteurs, la méconnaissance est chiffrée. Seuls 22% déclarent connaître précisément les frais de leur contrat. Moins de 4 sur 10 jugent facile de comparer les offres entre elles. Ils ne sont qu’un quart à se dire parfaitement à l’aise pour choisir leurs supports d’investissement.
Ce flou a un effet immédiat : l’argent reste souvent sur le fonds en euros, ou n’est tout simplement pas versé, faute de comprendre où il irait. Basalt, qui compare les contrats selon les frais, les supports et les performances, distingue d’ailleurs le fonds en euros, dont le capital est garanti en tout ou partie selon les contrats, des unités de compte, plus risquées mais potentiellement plus rémunératrices. Ces dernières peuvent viser des actions, des obligations, de l’immobilier, des ETF, des fonds thématiques ou des produits structurés, avec un risque de perte en capital.
L’idée reçue des 8 ans qui éloigne encore les non-détenteurs
Pour ceux qui n’ont pas d’assurance-vie, l’incompréhension du produit fonctionne comme un filtre. Près de 8 non-détenteurs sur 10 croient encore que l’argent est bloqué pendant plusieurs années une fois versé. L’étude rappelle que c’est inexact : des retraits restent possibles à tout moment. Les 8 ans correspondent au délai au-delà duquel un abattement fiscal s’applique sur les gains, et non à une indisponibilité de l’épargne. La fiscalité des rachats et l’abattement après 8 ans restent pourtant parmi les points les moins clairement identifiés.
Les auteurs de l’enquête ajoutent que le manque de transparence, des frais jugés trop élevés et des performances difficiles à lire découragent aussi les personnes encore à l’écart du produit.
Le défi n’est plus de convaincre d’épargner
Antoine Charbonneau, fondateur de Basalt, résume le constat : « le principal défi de l’assurance-vie n’est plus d’expliquer pourquoi il faut épargner, mais de permettre aux Français de comprendre facilement où ils investissent, combien cela leur coûte et si leur contrat est réellement adapté à leurs objectifs ».
Tant que frais, supports et comparaisons resteront opaques pour une majorité de souscripteurs, la peur de se tromper continuera de peser sur les versements, y compris sur un produit déjà détenu par 19 millions de personnes.
Sources
- https://www.tf1info.fr/conso-argent/la-crainte-de-faire-le-mauvais-placement-quand-la-peur-de-se-tromper-met-en-pause-l-investissement-des-detenteurs-d-assurance-vie-2466331.html
- https://www.basalt.fr/


