Invité de Laurence Ferrari le 27 octobre 2026 dans « Objectif Élysée 2027 » sur Europe 1 et CNEWS, David Lisnard a tranché un levier budgétaire qu’il assume sans détour : un gel temporaire de l’indexation des pensions au-dessus de 2 200 euros par mois. Le maire de Cannes et président de Nouvelle Energie ne parle pas d’un gel généralisé. Il cible, selon ses termes, les retraites les plus élevées afin de dégager des marges pour amorcer une part de capitalisation obligatoire.

« Je ne propose pas un gel total des retraites, mais un gel des retraites de plus de 2 200 euros », a-t-il déclaré vers 22h18. Plus tôt dans la même séquence, il a précisé qu’il ne s’agit pas de figer toutes les pensions, mais celles qui dépassent ce seuil. L’argument répété : les petites retraites subissent l’inflation, tandis que les plus hautes peuvent, à ses yeux, supporter un effort transitoire.

Un gel à 2 200 euros, pas une désindexation pour tout le monde

Le premier levier vise le pouvoir d’achat des retraités les plus aisés. David Lisnard a défendu un gel temporaire de l’indexation uniquement au-dessus de 2 200 euros par mois, au micro d’Europe 1 et CNEWS. Il refuse, dans la même phrase, un gel généralisé qu’il juge injuste pour les petites pensions.

Ce seuil n’est pas le seul scénario en circulation. Il peut se comparer à la proposition de gel au-dessus de 2 200 euros avec le scénario gouvernemental de gel de la retraite de base au-delà de 2 034 euros, qui vise un autre plafond et un autre périmètre. Chez Lisnard, le gel sert un objectif plus large : financer l’amorçage d’un système mixte, avec environ 40% des cotisations transférées vers des comptes d’épargne individuels investis dans l’économie réelle.

Le candidat décrit le régime par répartition comme « à bout de souffle ». L’effort demandé aux pensions élevées est, selon lui, la condition pour absorber le coût technique de la transition, pas une fin en soi.

L’abattement de 10% visé comme une niche de 5 milliards d’euros

Dans le même élan, il veut supprimer l’abattement fiscal de 10% pour frais professionnels dont bénéficient les retraités. Il évalue cette niche à près de 5 milliards d’euros par an et estime qu’elle n’a plus de justification : un retraité n’a plus, par définition, de frais professionnels liés à une activité.

« Pourquoi maintenir un abattement fiscal de 10% pour frais professionnels sur les pensions de retraite ? », a-t-il martelé. La suppression, à ses yeux, rétablit une équité fiscale entre actifs et non-actifs. Ce débat n’est pas isolé : l’Assemblée nationale a récemment tranché un autre cadrage, qu’il est possible de rappeler via le vote récent de l’Assemblée nationale sur le plafonnement de l’abattement fiscal de 10% des pensions. Lisnard, lui, va plus loin que le plafonnement : il demande la disparition de la niche.

CSG des salaires abaissée de 9,2% à 6,6%, âge légal à 65 ans

En contrepartie, il propose d’abaisser la CSG sur les revenus d’activité de 9,2% à 6,6%, pour aligner, dit-il, le taux des actifs sur celui des inactifs et redonner du salaire net sans alourdir le coût du travail. La formule retenue : « cotiser moins pour gagner plus ».

Au-delà des arbitrages immédiats, le programme maintient un âge légal de départ à 65 ans et une simplification radicale : suppression des caisses actuelles (CNAV, Agirc-Arrco, régimes spéciaux restants) au profit d’une entité unique, l’Agence Centrale Publique de Retraite. David Lisnard a aussi évoqué, dans le même entretien, des économies de 2 à 3 milliards d’euros dès la première année via la non-indexation de certaines prestations et la réduction d’allocations non contributives versées aux étrangers.

Ces mesures restent des propositions de candidat, sans calendrier législatif ni chiffrage public détaillé du rendement du gel à 2 200 euros. Leur sort dépendra d’une éventuelle campagne, d’une majorité et du coût réel de la bascule vers la capitalisation obligatoire.

Sources