Fin 2024, 1 065 125 personnes percevaient une retraite de base du régime général tout en résidant hors de France, soit 7,1% des 15 389 019 bénéficiaires de ce régime. Leur pension globale moyenne s’élevait à 323 € par mois, contre 910 € pour les retraités restés en France. La masse annuelle versée à l’étranger atteignait 4,1 milliards d’euros, soit 2,6% des prestations du régime général.

Ces montants, publiés par la Cnav dans l’étude 2024-021-DSPR du 15 mai 2025, ne décrivent pas une carrière française complète « emportée » au soleil. Ils concernent uniquement le régime général, avant prélèvements, hors Agirc-Arrco et hors retraites étrangères.

9 pensionnés sur 10 nés hors des frontières actuelles

Parmi ces 1 065 125 personnes, 946 230 étaient nées hors des frontières actuelles de la France, soit 89%. Cela recouvre 749 800 naissances dans un pays déjà étranger et 196 430 naissances dans d’anciennes colonies ou protectorats (Algérie, Maroc, Tunisie avant indépendance). Il reste environ 119 000 retraités nés en France et installés à l’étranger, à peine plus d’un sur 10.

La moyenne de 323 € reflète surtout des droits acquis sur une période limitée en France, pas une baisse automatique liée au départ. Un salarié qui a validé toute sa carrière dans l’Hexagone conserve le même montant de base. La différence entre moyenne tous régimes et moyenne d’un seul régime de base reste donc essentielle avant toute comparaison personnelle.

Réversion, âge et une seule caisse dans le calcul

Les femmes représentent 57% des effectifs (610 785 contre 454 340 hommes). La Cnav leur verse 1,302 milliard d’euros par an au titre du droit dérivé, contre 0,724 milliard au titre du droit direct. La pension de réversion moyenne s’établit à 254 €, le droit direct à 285 €, et le total combiné à 323 €.

L’âge pèse aussi. À l’étranger, 47% des pensionnés ont au moins 80 ans, contre 25% en France. Les 60-69 ans ne pèsent que 12% hors de France, contre 33% sur le territoire. On compte 2 885 centenaires. En Italie, 59% ont 80 ans ou plus ; 56% en Espagne ; 52% en Algérie.

Algérie, Portugal, Espagne : où partent les versements

L’Union européenne accueille 493 370 personnes (46%) et l’Afrique 454 159 (43%). 6 pays concentrent l’essentiel : Algérie 334 669 (31%), Portugal 159 680 (15%), Espagne 147 966 (14%), Italie 61 578, Maroc 61 513, Belgique 50 489.

Les moyennes varient fortement : 457 € au Portugal, 381 € au Maroc, 310 € en Espagne, 274 € en Algérie, 229 € en Italie, 180 € en Allemagne. Ces écarts mêlent durées de carrière, réversions et composition des populations, pas un barème différent selon le pays.

Ce qui change vraiment au départ, et ce qui ne change pas

La pension contributive ne diminue pas du seul fait d’un déménagement. En revanche, l’Aspa reste liée à une condition de résidence en France pour l’Aspa. Les prélèvements évoluent aussi : CSG, CRDS et Casa liées à la résidence disparaissent, remplacées, pour qui reste affilié à l’assurance maladie française, par une cotisation maladie de 3,2% sur la base et 4,2% sur la complémentaire.

Le certificat de vie demeure la formalité annuelle, sauf dans les pays qui transmettent automatiquement les décès. Sans justificatif, les versements peuvent être suspendus. Le compte de paiement (France ou pays d’accueil) et les frais de change hors zone euro font partie des premiers choix pratiques.

Pleine Vie indique qu’en mai 2026 l’Assurance retraite a actualisé le constat au 31 décembre 2025 : 1 053 394 bénéficiaires hors de France (6,8%) et une moyenne de 330 €. Le recul des effectifs et la hausse de 7 € de la moyenne décrivent un changement de composition, pas une revalorisation identique pour chacun.

Pour un départ, le chiffre utile n’est donc ni 323 € ni 330 €, mais l’estimation de ses propres droits, du net après cotisations, du coût de la vie et de la couverture santé dans le pays visé.

Sources