L’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) ne s’ajoute pas aux pensions : elle les complète jusqu’à un plafond. En 2026, après la revalorisation de 0,9% au 1er janvier, ce plafond atteint 1 043,59 € brut par mois pour une personne seule et 1 620,18 € pour un couple (marié, pacsé ou concubin). Un simulateur en ligne applique ce barème à partir de la situation familiale et des ressources du foyer. Le résultat reste indicatif : seule la caisse de retraite (Carsat, MSA, CNRACL) fixe le droit après instruction du dossier.

Un complément, pas un bonus

Le calcul est différentiel : plafond applicable moins ressources mensuelles retenues égale Aspa. Les plafonds annuels correspondants s’élèvent à 12 523,14 € pour une personne seule et 19 442,21 € pour un couple. Les caisses additionnent retraites de base et complémentaires, pensions d’invalidité, revenus d’activité après abattement, revenus des biens mobiliers et immobiliers. Les aides au logement et la valeur de la résidence principale ne sont pas comptées.

Les ressources sont d’abord examinées sur les 3 mois précédant la demande. Si elles dépassent le plafond sur cette période, elles sont recalculées sur les 12 derniers mois. En couple, les ressources des 2 conjoints sont toujours additionnées, même si un seul dépose la demande. Oublier la complémentaire, une réversion ou les revenus du conjoint gonfle artificiellement l’estimation.

5 cas types avec les plafonds 2026

Personne seule avec 580 € de pension : complément estimé de 463,59 €, total 1 043,59 €. Personne seule avec 640 € de retraite plus 250 € de réversion (890 €) : 153,59 € d’Aspa. Sans aucune retraite : 1 043,59 €. Couple avec 950 € et 200 € (1 150 €) : 470,18 €. Couple avec 1 100 € et 600 € (1 700 €) : 0 €, le plafond est dépassé.

Activité encore exercée : personne seule avec 500 € de retraite et 700 € de salaire. Sur un trimestre, les salaires atteignent 2 100 €. Après l’abattement trimestriel de 1 640,73 € pour une personne seule, il reste 459,27 € retenus, soit 153,09 € par mois. Ressources : 500 € plus 153,09 €, soit 653,09 €. Aspa estimée : 390,50 €. L’allocation se cumule avec la complémentaire tant que le total reste sous le plafond.

Ces montants, les conditions, plafonds et calcul de l’Aspa en 2026, et le caractère différentiel expliquent pourquoi 2 foyers aux retraites proches n’obtiennent pas le même complément.

Pourquoi le simulateur affiche 0 €

Un zéro n’interdit pas un droit futur. Il signale qu’au moment du test, une condition manque ou que les ressources dépassent 1 043,59 € (seul) ou 1 620,18 € (couple). L’âge d’ouverture est 65 ans, abaissé à 62 ans en cas d’inaptitude au travail, d’invalidité ou de carrière longue : avant, le résultat est nul même avec des revenus très bas. Le patrimoine sans revenu et les donations des 10 dernières années, hors résidence principale, peuvent aussi faire disparaître un droit apparent à l’instruction.

Le simulateur n’intègre pas tout. Il faut résider de façon stable en France, au moins 9 mois par an. Les personnes de nationalité étrangère doivent justifier d’un titre de séjour. Au décès, les sommes versées peuvent être reprises sur la part de l’actif net dépassant 108 586,14 € en métropole, dans la limite de 8 463,42 € par an pour une personne seule.

Demande, versement et fiscalité

L’Aspa n’est jamais automatique. La demande se dépose auprès de la caisse qui verse la retraite. Avec plusieurs régimes, un ordre de priorité s’applique ; sans aucune retraite, le formulaire se dépose en mairie. Pour le régime général, le service en ligne « Demander une allocation de solidarité (Aspa) » est accessible depuis l’espace personnel de l’Assurance retraite. Le premier paiement intervient au plus tôt le premier jour du mois suivant la demande, sans rattrapage sur les mois précédents.

L’Aspa est exonérée d’impôt sur le revenu et n’a pas à être déclarée, contrairement aux pensions. Un recoupement est possible via le simulateur officiel mesdroitssociaux.gouv.fr avec les mêmes données. Un refus notifié par la caisse ouvre les causes d’un refus d’Aspa et recours dans les 2 mois. Toute variation de ressources (reprise d’activité, réversion, revalorisation de début d’année) impose une nouvelle estimation et un signalement à la caisse, sous peine de trop-perçu.

Tant que le dossier n’est pas déposé, le barème 2026 reste une promesse sur papier : le complément ne commence qu’au mois suivant la demande.

Sources

  • https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F16871
  • https://www.aide-sociale.fr/simulation-aspa/