Fin 2024, la pension de droit direct des femmes qui vivent en France s’élève à 1 383 € brut par mois en moyenne, contre 2 186 € pour les hommes. L’écart atteint 803 €, soit 37%. Une fois la pension de réversion ajoutée, il recule à 548 €, soit 25%. La réversion en rattrape 255 €, un peu moins du tiers.

Ces montants sont bruts. CSG, CRDS et, selon les cas, Casa sont ensuite prélevés, si bien que le virement reçu est plus bas. La DREES, service statistique des ministères sociaux, a publié ces données le 14 octobre 2026 dans son panorama « Les retraités et les retraites, édition 2026 ». En 2004, l’écart de droit direct atteignait 50%. Il a reculé d’environ 13 points en 20 ans, sans disparaître.

1 383 € de droit direct, 1 668 € une fois la réversion ajoutée

La pension de droit direct se calcule sur la carrière de la personne : trimestres, salaires, majoration pour enfants. La réversion est un droit dérivé, une part de la retraite du conjoint décédé versée au survivant, en plus de sa propre pension lorsqu’il en a une.

Réversion comprise, la retraite moyenne des femmes monte à 1 668 € brut, contre 2 216 € pour les hommes. La réversion ajoute 285 € à la moyenne des femmes et 30 € à celle des hommes, parce que seuls 7% d’entre eux en perçoivent une. Les 285 € sont une moyenne sur toutes les retraitées, y compris les 68% qui n’en touchent pas. Une veuve qui en reçoit une perçoit davantage.

Pour l’ensemble des retraités, la pension de droit direct moyenne s’établit à 1 752 € brut, soit 1 626 € net. Les femmes se situent 369 € sous cette moyenne, les hommes 434 € au-dessus.

4,4 millions de bénéficiaires, 87% de femmes

Au 31 décembre 2024, 4,4 millions de personnes perçoivent une pension de droit dérivé. Environ 900 000 d’entre elles n’ont pas, par ailleurs, de pension de droit direct. Parmi les femmes qui ont déjà une retraite de droit direct, 32% reçoivent aussi une réversion, contre 7% des hommes.

En 2024, 258 600 personnes ont obtenu une réversion pour la première fois, dont 79% de femmes. La même année, 395 milliards d’euros de pensions de vieillesse et de survie ont été versés, soit 13,5% du PIB. Fin 2024, 17,3 millions de personnes percevaient une retraite de droit direct des régimes français.

Toucher une réversion n’est pas automatique. Au régime général, le versement dépend des ressources du conjoint survivant, ce qui peut relier un écart de pension aux plafonds de ressources. À l’Agirc-Arrco, il n’y a pas de condition de ressources : une réversion refusée par l’Assurance retraite peut donc être versée par la complémentaire. Les taux de réversion du régime général et de l’Agirc-Arrco ne sont pas les mêmes, ce qui pèse sur le montant réellement perçu.

Carrières plus courtes, salaires plus bas, liquidations plus tardives

L’écart restant tient surtout à des carrières plus courtes et à des salaires plus faibles. L’assurance vieillesse des parents au foyer valide des trimestres pour certains parents restés au foyer, et des trimestres de majoration pour enfants s’y ajoutent. La majoration de 10% pour 3 enfants rapporte en revanche davantage aux hommes, puisqu’elle s’applique en pourcentage d’une pension déjà plus élevée.

Les femmes liquident leurs droits en moyenne 9 mois après les hommes : 63 ans et 3 mois contre 62 ans et 7 mois. Ces moyennes, arrêtées au 31 décembre 2024, ne disent rien du montant d’une personne en particulier, qui dépend de la durée de cotisation, des salaires et de la situation familiale. Sans réversion, la pension des femmes reste plus d’un tiers sous celle des hommes. Avec elle, l’écart tombe à un quart, et c’est encore ce quart qui restera à combler pour les générations qui liquident maintenant.

Sources