Invité sur TF1 le lundi 21 septembre 2026, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a tranché un message politique net : « Aucune retraite ne sera baissée. » Face aux pistes d’économies étudiées pour le budget 2027, il a défendu un autre mécanisme, calqué sur le monde du travail : une revalorisation annuelle des pensions, discutée avec les partenaires sociaux, « comme dans les entreprises ».

La formule rompt avec le climat actuel des arbitrages. Plusieurs leviers visant les retraités circulent déjà, dont un scénario de gel de la retraite de base au-delà de 2 034 euros et incertitudes du PLFSS 2027 et un autre piste budgétaire touchant les retraités imposables, avec plafonnement possible de l’abattement de 10%. Farandou, lui, inverse l’angle : pas de baisse nominale, et un rendez-vous chaque année pour examiner si les pensions peuvent monter.

Un calendrier d’entreprise plutôt qu’une indexation figée

Le ministre imagine un examen annuel fondé sur plusieurs paramètres : la situation économique, les tendances du système de retraite et les évolutions démographiques. L’inspiration est celle des négociations salariales en entreprise, où l’on discute d’une hausse plutôt que d’un recul automatique.

Il a aussi évoqué un plancher. « Il n’y a jamais de moins, il n’y a que du plus », a-t-il expliqué, en décrivant un dispositif qui garantirait une hausse minimale avant d’ouvrir, éventuellement, une revalorisation plus forte. Le détail du plancher, de l’indice retenu et du périmètre (base, complémentaire, ou les 2) n’a pas été précisé à l’antenne.

Une piste encore loin du Parlement

Farandou a lui-même relativisé la portée immédiate de ses propos. « C’est une proposition qui est encore loin d’être décidée et votée au Parlement », a-t-il souligné. Rien n’indique, à ce stade, un texte déposé ni un calendrier de concertation formelle avec les syndicats et le patronat.

Le ministre a aussi rappelé le cadre politique : le budget 2027 est, selon lui, construit « pour un semestre, pour être réversible ». Objectif affiché : tenir les comptes de l’État et de la Sécurité sociale, tout en laissant la présidentielle de 2027 « tout rebrasser ». De nouveaux élus pourraient, a-t-il ajouté, prendre « des décisions contraires » s’ils estiment que c’est ce qu’il faut faire.

Ce que change, ou ne change pas, la déclaration

Sur le fond, la phrase « aucune retraite ne sera baissée » ne clôt pas le débat des économies. Un gel, une sous-indexation ou un durcissement fiscal peuvent laisser le montant brut inchangé tout en pesant sur le pouvoir d’achat ou sur l’impôt. La revalorisation annuelle proposée resterait, elle, à inventer : qui négocie, sur quelle assiette, avec quel plancher, et à quelle date d’effet.

Tant que le Parlement n’a pas tranché, les pistes d’économies et l’hypothèse Farandou coexistent. La prochaine étape n’est plus seulement technique : elle dépendra des arbitrages budgétaires encore ouverts et, au-delà, de ce que l’élection de 2027 décidera de garder ou d’annuler.

Sources

  • https://x.com/TF1Info/status/2101921254273851876
  • https://www.capital.fr/votre-retraite/a-contre-courant-le-ministre-du-travail-propose-une-revalorisation-annuelle-des-retraites-1530321