Les retraités ne seront pas la vache à lait du budget 2027, promet Maud Bregeon, alors que désindexation et abattement restent ouverts
Maud Bregeon écarte une hausse d’impôts pour les retraites, refuse un gel du barème, mais n’exclut pas une répartition des économies sur les pensions.

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« Il est hors de question de faire des retraités la vache à lait du budget 2027 et de leur faire porter le gros de l’effort. » Mardi 15 septembre, Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a fixé cette ligne sur France 2, dans l’émission Les 4 vérités. Elle a ajouté que les retraités « ne sont pas les boucs émissaires de ce budget ». Le message vise à calmer une polémique déjà ouverte : l’exécutif cherche des économies, et plusieurs pistes touchent directement les pensions et la fiscalité des anciens actifs.
La formule ne clôt pas le débat. Interrogée sur un possible cumul entre une désindexation, totale ou partielle, des pensions par rapport à l’inflation et une remise en cause de l’abattement fiscal de 10% dont bénéficient les retraités, la ministre n’a pas fermé la porte. « Il y a une question de répartition des économies. Et cette question-là, on va devoir se la poser parce qu’on est dans un contexte qui est très difficile », a-t-elle expliqué. Aucune de ces 2 mesures n’est adoptée. Elles restent des options en discussion, pas un arbitrage budgétaire.
Pas de hausse d’impôts, barème indexé, budget transitoire
Sur le terrain fiscal, Maud Bregeon a voulu une ligne rouge. « Pas d’augmentation d’impôts. Ça vaut aussi pour les retraités, pas d’augmentation d’impôts. » 2 jours plus tôt, le 13 septembre sur BFMTV, elle avait déjà annoncé que le gouvernement ne gèlerait pas le barème de l’impôt sur le revenu. « Nous proposerons l’indexation du barème de l’impôt sur le revenu sur l’inflation complète, pas en partie. Il est hors de question de geler ce qu’on appelle le barème », a-t-elle déclaré, en lien avec la promesse du Premier ministre Sébastien Lecornu de ne pas introduire « d’impôt nouveau » dans le prochain budget 2027.
Selon elle, geler le barème aurait généré « mécaniquement une hausse d’impôts pour l’ensemble des Français ». À l’inverse, une indexation complète pourrait même produire « une petite baisse d’impôt », parce que les tranches seraient relevées sur la base de l’inflation. Le coût de cette indexation n’a pas été chiffré dans ces interventions.
Le prochain texte est présenté comme transitoire. « On a la volonté de faire un budget qui sera réversible », a-t-elle dit le 15 septembre, en précisant qu’il s’agirait d’un budget « pour 4 à 5 mois ». L’objectif affiché est de laisser « les mains libres » au prochain président ou à la prochaine présidente de la République.
30 milliards d’économies, 6 milliards visés côté retraites
L’exécutif reste à la recherche de 30 milliards d’euros d’économies pour réduire le déficit et la dette publics. Il envisage de mettre à contribution les retraités à hauteur de 6 milliards. Maud Bregeon a toutefois martelé que « les retraités ne porteront pas l’effort central de ce budget », qu’« aucun retraité ne verra évidemment sa pension diminuer » et que « les retraités les plus modestes (seront) évidemment principalement préservés ». Ces garanties politiques ne valent pas encore un texte de loi.
Le tour de table déjà engagé autour de 6 milliards d’euros d’économies sur les retraites reste donc le cadre de la discussion. La porte-parole a rappelé que le Premier ministre a chargé le ministre de l’Action et des Comptes publics et le ministre de l’Économie de consulter les forces politiques sur ce qui leur paraît « acceptable ou pas ». « Est-ce que les retraités doivent être complètement exonérés de l’effort quand certains actifs pourraient y participer ? Je crois que la réponse est non », a-t-elle estimé.
Les députés doivent débattre du projet de budget à partir d’octobre. C’est à ce moment que la répartition de l’effort, y compris entre actifs et retraités, sera réellement tranchée. Une revalorisation Agirc-Arrco déjà cadrée pour novembre 2026 ne se confond pas avec ces arbitrages sur les pensions de base et l’impôt : le calendrier des régimes complémentaires n’efface pas les pistes de désindexation encore ouvertes à Bercy.
La parole du 15 septembre dessine donc un équilibre fragile : pas de hausse d’impôts, pas de gel du barème, pas de baisse nominale des pensions, mais une contribution des retraités qui n’est plus taboue. Tant que le projet de loi de finances n’est pas déposé, désindexation et abattement de 10% restent des leviers possibles, et la facture de 6 milliards n’a pas encore de mode d’emploi.
Sources
- https://www.france.tv/france-2/telematin/8862879-les-4-verites-maud-bregeon.html
- https://www.capital.fr/votre-retraite/la-vache-a-lait-du-budget-2027-la-porte-parole-du-gouvernement-maud-bregeon-ecarte-une-hausse-d-impots-pour-les-retraites-1530160
- https://www.franceinfo.fr/economie/budget/le-gouvernement-ne-proposera-pas-de-gel-du-bareme-de-l-impot-sur-le-revenu-dans-le-prochain-budget-2027-annonce-sa-porte-parole-maud-bregeon_8191082.html


