Le gouvernement a publié le 13 octobre 2026 une annexe au projet de loi de finances pour 2027 qui isole, ministère par ministère, la part des crédits destinée aux pensions des anciens agents. À l’Éducation nationale, 28,5 milliards d’euros sur 89,1 milliards de crédits prévus, soit 32%, alimenteront le compte qui finance les retraites. Au ministère de l’Intérieur, la proportion atteint environ 30%. Pour l’ensemble des ministères, elle se situe autour de 13%.
La direction du Budget présente cet exercice comme une lecture plus claire de données déjà existantes, mais jusqu’ici peu lisibles sans agréger cotisations salariales et contributions employeur. Le document distingue ces versements des crédits réellement disponibles pour les missions courantes.
Moins d’un cotisant par retraité dans la fonction publique
Ces taux élevés tiennent d’abord au déséquilibre démographique des régimes de fonctionnaires : moins d’un cotisant par retraité, contre 1,5 pour les salariés du privé. L’État doit combler l’écart. Ce soutien a représenté 41,5 milliards d’euros en 2025.
Le vieillissement n’est pas le seul moteur. La part croissante des contractuels, affiliés au régime général et non au régime des fonctionnaires, réduit aussi le nombre de cotisants du régime public. Entre 2000 et 2023, la part des dépenses pour les retraités rapportée au PIB a augmenté, tandis que celle de l’enseignement a reculé, selon le même document.
Un régime que Bercy refuse de juger plus généreux que le privé
Le rapport juge « erroné » le cliché d’un régime de fonctionnaires plus généreux que celui du privé. Il s’appuie sur une étude de la Drees : si les règles du privé avaient été appliquées au calcul de la pension, la génération née en 1958 aurait vu sa pension réévaluée de 1,5%.
Hors militaires, les fonctionnaires sont partis en retraite en moyenne environ un an et 2 mois plus tôt que dans le privé en 2025. Le gouvernement attribue cet écart aux départs anticipés ouverts à certaines catégories, comme les policiers ou les aides-soignantes.
Rapporté à la rémunération globale, primes comprises, le versement dédié à la retraite représente près de 40% de la paie totale pour les civils et environ 50% de l’enveloppe pour les militaires. Restreint au seul traitement indiciaire de base, la part employeur combinée aux retenues salariales atteint 93,38% pour un fonctionnaire civil, dont 82,28% financés par l’État, et 137,17% pour les personnels militaires, avec une prise en charge patronale de 126,07%.
Un effort de 5,5 milliards d’euros encore soumis au Parlement
Ces chiffres tombent alors que l’exécutif veut dégager Les économies du budget 2027 qui concernent l’ensemble des retraités un effort de 5,5 milliards d’euros sur les retraités, y compris ceux de la fonction publique. Les leviers évoqués sont une indexation seulement partielle des pensions par rapport à l’inflation et un abaissement du plafond d’un abattement de l’impôt sur le revenu, après Le rejet en commission du rabot fiscal visant l’abattement des pensions.
Leur adoption dépendra de l’issue des débats parlementaires sur le projet de loi de finances. Tant que le texte n’est pas voté, le poids des pensions dans les crédits ministériels reste un constat budgétaire, pas encore une nouvelle règle de calcul pour les pensions versées.



