Le projet de budget 2027, présenté en Conseil des ministres le 1er octobre 2026, prévoit de geler plusieurs aides versées aux ménages tout en laissant les minima sociaux suivre l’inflation. L’objectif affiché est un déficit public de 5,0% du PIB, avec un effort global de 54 milliards d’euros, dont 43 milliards portés par les textes financiers de l’année.

Les aides personnelles au logement et la prime d’activité figurent parmi les leviers de freinage. Le montant des prestations familiales serait maintenu à son niveau actuel. L’allocation de rentrée scolaire serait réformée. Le dossier officiel du budget précise toutefois que les dispositions initiales du PLF et du PLFSS restent modifiables pendant les débats parlementaires, puis par voie réglementaire ou par loi de finances rectificative.

APL et prime d’activité gelées, minima sociaux préservés

Le PLF intègre un gel des prestations versées par la CAF, dont APL, allocations familiales et prime d’activité. Cette maîtrise vise la dynamique spontanée de la dépense sociale. Dans le même temps, l’AAH, le RSA et le minimum vieillesse seraient revalorisés à l’inflation.

Le pouvoir réglementaire pourrait, de manière exceptionnelle, revenir sur le gel pour assurer la réversibilité du budget. Les dépenses sociales continueraient malgré tout de progresser au-dessus de l’inflation dans leur ensemble, selon le même dossier.

Pour le montant et fonctionnement du minimum vieillesse préservé de la sous-indexation, le traitement diverge nettement de celui des pensions de retraite ordinaires. L’effort demandé aux retraités est chiffré à 5,5 milliards d’euros : les pensions supérieures à 1 260 euros ne seraient pas indexées intégralement, et le plafond de l’abattement de 10% sur les retraites passerait de 4 439 euros à 3 000 euros. Le déficit de la Sécurité sociale serait ramené à 12,7 milliards d’euros.

Allocation de rentrée scolaire réformée, 90 millions réorientés vers la petite enfance

Le gouvernement présente la réforme de l’allocation de rentrée scolaire comme un recentrage : des allocations mieux ciblées, davantage de solutions de garde, préservation des places existantes. Près de 90 millions d’euros pourraient être réinvestis pour la petite enfance, afin de soutenir l’offre de crèches dans un contexte de recomposition rapide de la demande.

MoneyVox, citant l’AFP, chiffre à 1,1 milliard d’euros l’économie attendue du gel des prestations familiales, de la prime d’activité et de la réforme de l’ARS. Le dossier officiel ne reprend pas ce total unique et insiste sur le réinvestissement de près de 90 millions d’euros. Les 2 lectures coexistent tant que le Parlement n’a pas tranché le texte.

Les restrictions envisagées pour les étudiants de famille aisée restent dans le paquet initial. En revanche, le projet de faire payer 178 euros par an aux étudiants non boursiers en BTS et 270 euros en classe préparatoire a été retiré jeudi soir par le ministre de l’Éducation Édouard Geffray, après des blocages dans des lycées et face à l’opposition de la gauche et de la CGT.

Hauts revenus, arrêts-maladie et texte encore ouvert

La contribution différentielle sur les hauts revenus est maintenue, pour un gain espéré de 600 millions d’euros. Les arrêts-maladie devraient coûter 2 milliards d’euros de moins, dont la moitié ferait l’objet d’une négociation avec les partenaires sociaux. La fiscalisation des indemnités journalières est évoquée comme une piste, sans être figée dans le dossier de presse.

Les ménages concernés par le gel des APL ou de la prime d’activité n’auront pas, à ce stade, de revalorisation automatique en 2027. Ceux qui relèvent de l’AAH, du RSA ou de l’Aspa resteraient, eux, alignés sur l’inflation, sous réserve du vote et d’un éventuel retour réglementaire sur le gel des autres prestations.

Sources

  • https://www.moneyvox.fr/votre-argent/actualites/110633/budget-2027-prime-activite-apl-ars-les-mesures-touchant-les-particuliers
  • https://www.securite-sociale.fr/files/live/sites/SSFR/files/medias/PLFSS/2027/DP_Budget-2027.pdf