APA, EHPAD et crédit d’impôt : le calcul 2026 qui inverse souvent la facture dès le GIR 2
Plafonds APA 2026, simulations GIR 3 et GIR 2, ASH, APL et fiscalité : comparer le reste à charge entre maintien à domicile et EHPAD.

Au sommaire
- Ce que coûte vraiment le maintien à domicile
- 3 lignes sur la facture d’EHPAD, une seule vraiment « soins »
- En GIR 3, le domicile reste souvent moins cher
- En GIR 2, la nuit fait basculer le compte
- APA, logement, ASH : ce qui se déduit, et ce qui ne se déduit pas de la même façon
- 50% à domicile, 25% en EHPAD : la fiscalité n’égalise pas les 2 options
- Sources
Le choix entre rester chez soi et entrer en EHPAD ne se joue pas seulement sur le GIR. En 2026, il se joue aussi sur le nombre d’heures d’aide, la nuit, le tarif réel de l’établissement et les aides que l’on peut réellement déduire.
L’Allocation personnalisée d’autonomie, versée par le conseil départemental, finance tout ou partie du plan d’aide à domicile, ou le tarif dépendance en établissement. Les plafonds mensuels du plan d’aide sont officiellement de 2 080,33 euros en GIR 1, 1 682,30 euros en GIR 2, 1 215,99 euros en GIR 3 et 811,52 euros en GIR 4. Aucune participation n’est demandée jusqu’à 933,89 euros de ressources mensuelles. Au-delà, le reste à charge grimpe progressivement, jusqu’à 90% passé 3 439,31 euros.
Ces plafonds ne sont pas un chèque. Le versement dépend de l’évaluation médico-sociale et des besoins retenus dans le plan d’aide.
Ce que coûte vraiment le maintien à domicile
Le tarif horaire change selon le mode d’intervention. Un service prestataire revient plus cher, car il intègre le fonctionnement du service. Le mandataire et l’emploi direct peuvent alléger la facture, mais reportent davantage de responsabilités sur la personne âgée ou sa famille.
S’y ajoutent les soins infirmiers, pris en charge par l’Assurance Maladie sur prescription, la téléassistance, le portage de repas et, souvent, la garde de nuit. Les plafonds 2026 de l’APA à domicile, plan d’aide et reste à charge déterminent ensuite ce qui reste réellement à payer.
3 lignes sur la facture d’EHPAD, une seule vraiment « soins »
En établissement, la facture se découpe en hébergement (restauration, animation, blanchisserie, administration), dépendance (modulée selon le GIR) et soins. Le tarif soins est financé par l’Assurance Maladie et n’est pas facturé au résident.
Les écarts territoriaux sont nets. En 2026, le tarif moyen atteint 3 479 euros par mois en Île-de-France, contre 2 317 euros en Bretagne et 2 408 euros dans les Pays de la Loire, pour un hébergement auquel s’ajoute le ticket modérateur dépendance d’un résident en GIR 5-6. Le devis de l’établissement visé, pas la moyenne nationale, doit servir de base de comparaison.
En GIR 3, le domicile reste souvent moins cher
Pour une personne en GIR 3, un exemple de postes (60 heures prestataire, téléassistance, portage de repas) aboutit à un reste à charge estimé de 900 à 1 200 euros par mois, après déduction possible de l’APA jusqu’à 1 215,99 euros. En EHPAD de province habilité à l’aide sociale, avec un hébergement autour de 1 700 euros et un tarif dépendance autour de 350 euros, le reste à charge estimé grimpe à 1 600 à 1 900 euros, avant APL ou ALS.
Les heures et les dépenses varient selon le plan d’aide réellement accordé. En GIR 3 et GIR 4, le maintien à domicile reste presque toujours moins coûteux que l’établissement.
En GIR 2, la nuit fait basculer le compte
En GIR 2, l’aide devient pluriquotidienne. Avec 80 à 100 heures d’aide humaine (2 000 à 2 800 euros) et une garde de nuit 4 nuits par semaine (1 600 à 2 400 euros), plus téléassistance et repas, le reste à charge estimé à domicile atteint 2 500 à 3 800 euros, même après une APA pouvant aller jusqu’à 1 682,30 euros.
En EHPAD comparable, le tarif dépendance autour de 500 euros et l’hébergement autour de 1 700 euros ramènent le reste à charge estimé à 1 700 à 2 000 euros. Le point de bascule se situe généralement à partir du GIR 2, et au-delà de 80 heures mensuelles d’aide à domicile l’établissement redevient compétitif.
APA, logement, ASH : ce qui se déduit, et ce qui ne se déduit pas de la même façon
À domicile, l’APA alimente le plan d’aide. En EHPAD, elle réduit le tarif dépendance. L’aide au logement peut intervenir dans les 2 cas, selon les ressources, la zone et, en établissement, le conventionnement. Tous les EHPAD ne sont pas conventionnés : l’APL n’est pas automatique, un dossier CAF ou MSA reste nécessaire.
L’ASH, elle, ne concerne que l’hébergement en établissement, sous conditions. Le conseil départemental peut alors solliciter les enfants et beaux-enfants au titre de l’obligation alimentaire ; le juge aux affaires familiales tranche en cas de désaccord. Les petits-enfants en sont exemptés depuis la loi Bien Vieillir du 8 avril 2024. Pour le reste à charge en EHPAD avec APA, aides au logement et ASH, le devis détaillé et le statut d’habilitation à l’aide sociale pèsent autant que le GIR.
50% à domicile, 25% en EHPAD : la fiscalité n’égalise pas les 2 options
Les services à la personne ouvrent droit à un crédit d’impôt de 50%, sur la dépense restant à charge après APA, dans la limite de 12 000 euros par an, majorée de 1 500 euros par membre du foyer de plus de 65 ans, avec un plafond total de 15 000 euros, soit jusqu’à 7 500 euros de gain annuel. Le crédit d’impôt est restituable, y compris si la personne n’est pas imposable.
En EHPAD, c’est une réduction d’impôt de 25% sur l’hébergement et la dépendance après aides, plafonnée à 10 000 euros par personne hébergée, soit jusqu’à 2 500 euros par an. Elle n’est pas restituable actuellement.
Comparer objectivement suppose 4 étapes : faire évaluer le GIR, lister tous les postes du domicile (intervenants, repas, téléassistance, adaptation, transport) puis déduire APA, aides de caisse de retraite et crédit d’impôt de 50%, obtenir plusieurs devis d’EHPAD du département, puis comparer le reste à charge net sur 12 mois, y compris ASH et obligation alimentaire. Tant que le GIR, les heures de nuit et le tarif local ne sont pas posés sur la même feuille, le « moins cher » reste une impression, pas un calcul.
Sources
- https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F10009
- https://www.capretraite.fr/blog/vos-droits/aide-au-maintien-a-domicile-vs-entree-en-ehpad-le-calcul-financier-que-les-familles-doivent-faire/


