Sylvie s’occupe de sa mère de 91 ans depuis 4 ans sans savoir qu’elle pouvait bénéficier d’aides : « J’ai réduit mon temps de travail pour rester avec elle ; personne ne m’avait expliqué que certaines dépenses pouvaient être prises en charge. »
Depuis 4 ans, Sylvie aide sa mère de 91 ans sans connaître l’APA, l’AJPA, le droit au répit et le crédit d’impôt qui pouvaient alléger sa charge.

Au sommaire
- Sa mère pourrait bénéficier de l’APA à domicile
- Elle avait aussi intérêt à vérifier l’AJPA après avoir réduit son activité
- Jusqu’à 583,52 euros supplémentaires pour permettre à l’aidant de souffler
- Même certaines dépenses à domicile peuvent ouvrir droit à un crédit d’impôt
- La première démarche à effectuer lorsque l’on aide un parent âgé
- Sources
Depuis 4 ans, Sylvie organise une grande partie de sa vie autour de sa mère de 91 ans. Courses, repas, ménage, rendez-vous médicaux, présence plusieurs fois par semaine : pour continuer à l’accompagner chez elle, elle a même réduit son activité professionnelle.
« J’ai réduit mon temps de travail pour rester avec elle ; personne ne m’avait expliqué que certaines dépenses pouvaient être prises en charge. »
Le cas de Sylvie permet d’illustrer une situation rencontrée par de nombreuses familles : devenir progressivement proche aidant sans forcément savoir que plusieurs dispositifs peuvent financer une partie de l’aide apportée à une personne âgée, voire compenser temporairement une diminution d’activité professionnelle.
Sa mère pourrait bénéficier de l’APA à domicile
La première aide à vérifier est l’allocation personnalisée d’autonomie, ou APA. Elle concerne les personnes âgées d’au moins 60 ans dont la perte d’autonomie est évaluée en GIR 1, 2, 3 ou 4.
Contrairement à une idée répandue, l’APA n’est pas réservée aux personnes vivant en Ehpad. Elle peut justement permettre à une personne âgée de continuer à vivre chez elle.
Après une demande auprès du département, une équipe médico-sociale évalue les besoins au domicile. Le plan d’aide peut notamment prévoir des heures d’aide à domicile, le portage de repas, de la téléassistance, certaines aides techniques, des fournitures d’hygiène, des adaptations du logement ou encore un accueil temporaire. Des projets cherchent également à développer de nouvelles solutions pour faciliter le maintien à domicile des personnes âgées.
En 2026, le montant maximal du plan d’aide peut atteindre 2 080,33 euros par mois pour une personne classée GIR 1, 1 682,30 euros en GIR 2, 1 215,99 euros en GIR 3 et 811,52 euros en GIR 4.
Le montant réellement pris en charge dépend cependant des ressources de la personne âgée et des dépenses prévues dans son plan d’aide. L’APA est accessible quel que soit le niveau de revenus, mais une participation peut rester à la charge du bénéficiaire.
Pour Sylvie, cela pourrait par exemple signifier plusieurs heures d’intervention d’un professionnel chaque semaine, plutôt que d’avoir à tout assurer elle-même.
Elle avait aussi intérêt à vérifier l’AJPA après avoir réduit son activité
Il existe également une aide qui concerne cette fois directement certains proches aidants : l’allocation journalière du proche aidant, ou AJPA.
Elle vise précisément les personnes qui cessent ou réduisent temporairement leur activité professionnelle pour accompagner un proche en situation de handicap ou de perte d’autonomie.
Depuis le 1er janvier 2026, son montant est de 66,64 euros par journée. Elle peut également être versée par demi-journée. Pour une même personne aidée, elle peut être accordée dans la limite de 66 jours, sous réserve de remplir les conditions prévues.
La mère de Sylvie doit notamment présenter une perte d’autonomie correspondant aux critères prévus pour que sa fille puisse prétendre à cette allocation.
Réduire son temps de travail pour accompagner un parent ne signifie donc pas automatiquement que l’on percevra l’AJPA. Mais lorsqu’un salarié envisage une telle décision, vérifier ses droits avant de diminuer ses revenus peut faire une différence importante.
Jusqu’à 583,52 euros supplémentaires pour permettre à l’aidant de souffler
Un autre dispositif reste encore méconnu : le droit au répit.
Lorsque la personne âgée bénéficie de l’APA et que son proche aidant est considéré comme indispensable à son maintien à domicile, le plan d’aide peut financer des solutions permettant à l’aidant de prendre du repos.
Il peut s’agir d’un accueil de jour, d’un hébergement temporaire ou encore d’un relais directement au domicile. Lorsque le plafond du plan d’aide APA est déjà atteint, une enveloppe supplémentaire pouvant aller jusqu’à 583,52 euros par an en 2026 peut être accordée pour financer ces solutions, sous conditions.
Pour quelqu’un qui accompagne quotidiennement un parent très âgé depuis plusieurs années, cette possibilité peut permettre de se dégager quelques journées sans laisser la personne seule.
Même certaines dépenses à domicile peuvent ouvrir droit à un crédit d’impôt
La famille peut également passer à côté d’un avantage fiscal.
L’assistance apportée à une personne âgée à domicile fait partie des activités pouvant ouvrir droit au crédit d’impôt pour services à la personne.
Le crédit d’impôt correspond généralement à 50 % des dépenses effectivement supportées, après déduction des aides reçues et dans les limites prévues par la réglementation.
Un enfant qui paie personnellement certaines dépenses au domicile d’un parent remplissant les conditions pour bénéficier de l’APA peut lui aussi, dans certaines situations, prétendre à cet avantage fiscal.
Aide à domicile, ménage ou assistance à une personne âgée peuvent donc représenter un coût réel bien inférieur à celui initialement affiché une fois les différentes prises en charge étudiées.
La première démarche à effectuer lorsque l’on aide un parent âgé
Pour Sylvie, la principale erreur n’est finalement pas d’avoir aidé sa mère pendant toutes ces années. C’est d’avoir pensé qu’elle devait nécessairement tout assumer seule.
À 91 ans, l’âge de sa mère ne suffit pas à lui seul à ouvrir automatiquement droit à l’APA : c’est son niveau réel de perte d’autonomie qui doit être évalué.
Un formulaire national permet désormais de demander les aides à l’autonomie à domicile. Selon la situation de la personne âgée, le dossier est orienté vers le département pour l’APA ou vers la caisse de retraite pour d’autres dispositifs d’accompagnement.
Et il existe un détail important pour les familles qui hésitent encore à déposer un dossier : les sommes versées au titre de l’APA ne sont pas récupérées sur la succession du bénéficiaire après son décès.
Pour les proches qui, comme Sylvie, commencent à modifier leur emploi du temps, leurs revenus ou leur vie personnelle pour accompagner un parent vieillissant, vérifier les aides existantes le plus tôt possible peut donc éviter d’assumer seul pendant plusieurs années des dépenses et une charge quotidienne qui peuvent, au moins en partie, être prises en charge.
Sources
- https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/vivre-a-domicile/aides-financieres/l-apa-a-domicile
- https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/solutions-pour-les-aidants/soutien-financier/l-allocation-journaliere-du-proche-aidant-qu-est-ce-que-c-est
- https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/solutions-pour-les-aidants/soutien-financier/l-aide-au-repit-dans-le-cadre-de-l-apa
- https://www.impots.gouv.fr/particulier/emploi-domicile


