À l’approche de la Journée des aidants du 6 octobre, l’Agirc-Arrco met en ligne son guide Salariés aidants 2026. Le régime de retraite complémentaire y rassemble congés, aménagements du temps de travail, aides à domicile, prestations financières et pistes de répit pour ceux qui travaillent tout en s’occupant d’un proche âgé, malade ou en situation de handicap.

Plus de 9 millions de personnes déclarent apporter une aide régulière. Le guide indique que près de la moitié des aidants exercent une activité professionnelle. Près des 2-tiers des salariés qui aident fréquemment et régulièrement un proche n’en informent ni leur responsable ni leur direction des ressources humaines. Cette séparation entre le bureau et le domicile pèse sur l’organisation, la fatigue et le parcours professionnel.

Qui est considéré comme aidant et pourquoi le travail reste souvent à part

Est considéré comme aidant celui qui apporte, de manière régulière et fréquente, une aide non professionnelle à une personne en perte d’autonomie liée à l’âge, à la maladie ou au handicap. Courses, rendez-vous médicaux, démarches, toilette ou coordination des soignants : les formes d’aide varient, et une partie des concernés ne se reconnaît pas dans ce mot.

Le document s’appuie aussi sur le Baromètre des aidants 2024 pour relayer les difficultés les plus citées : fatigue physique et émotionnelle pour 40% des aidants, manque de temps pour 31%, complexité administrative pour 21%. Plus de la moitié estime que ce rôle a des répercussions importantes sur l’activité professionnelle. Manager, ressources humaines, médecine du travail et représentants du personnel sont identifiés comme des interlocuteurs possibles, sans obligation de tout dévoiler d’un coup.

Congé de proche aidant, 66 jours et autres absences

Le congé de proche aidant peut être mobilisé notamment pour assister un proche dépendant, une personne présentant une incapacité permanente au moins égale à 80% ou une personne classée au moins en GIR 3. Sa durée est de 3 mois, soit 66 jours, renouvelables dans la limite de 1 an sur l’ensemble de la carrière. Il ouvre droit, sous conditions, à l’allocation journalière du proche aidant.

Le guide détaille aussi le congé de solidarité familiale et le congé de présence parentale, chacun avec ses propres critères. Le don de jours de repos permet, sous conditions, à un collègue de céder anonymement des jours non pris. Télétravail, horaires flexibles, temps partiel ou autorisations d’absence ponctuelle relèvent ensuite de la situation et des règles applicables dans l’entreprise.

Pour les conditions et montants des aides mobilisables lorsqu’un salarié réduit son activité pour aider un parent âgé, le passage à un temps partiel ou à un congé n’est pas qu’une question d’agenda : il change le niveau de ressources et le droit à certaines prestations.

Retraite de base et complémentaire pendant l’aide

L’Assurance vieillesse des aidants, qui remplace l’Assurance vieillesse du parent au foyer depuis le 1er septembre 2023, permet sous conditions de valider des périodes de retraite lorsqu’une personne cesse ou réduit son activité pour s’occuper d’un proche. La Caf prend alors en charge les cotisations d’assurance retraite et les reverse à l’Assurance retraite lorsque les conditions sont remplies.

Des majorations de durée d’assurance existent pour certains aidants. Pour la retraite complémentaire, l’acquisition de points durant certains congés suppose notamment qu’un accord dans l’entreprise prévoie le versement des cotisations. Sans cet accord, l’absence peut peser sur les droits Agirc-Arrco même si le congé est légalement ouvert.

APA, PCH, logement et solutions pour souffler

Hors de l’entreprise, le panorama recouvre les services d’aide et d’accompagnement à domicile, les services de soins infirmiers à domicile, les dispositifs associant aide et soins, l’hospitalisation à domicile et, sur prescription médicale, les équipes spécialisées Alzheimer pour les personnes concernées vivant à domicile.

Côté prestations, le guide cite notamment la prestation de compensation du handicap, l’allocation personnalisée d’autonomie, l’allocation aux adultes handicapés et l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé. Ces dispositifs ne se recouvrent pas : l’âge, le niveau d’autonomie, le handicap, les ressources et le lieu de résidence changent l’éligibilité. L’adaptation du logement passe notamment par MaPrimeAdapt’, les collectivités et certaines caisses de retraite.

L’Agirc-Arrco rappelle qu’elle propose, via son action sociale, des rencontres, groupes de parole, ateliers, bilans de prévention et orientations vers des acteurs de proximité. Caisse de retraite complémentaire, Carsat, centres communaux d’action sociale et conseils départementaux restent des portes d’entrée territoriales. L’action sociale de l’Agirc-Arrco, événements d’octobre et orientation vers les solutions de répit s’inscrit dans cette même ligne, ouverte depuis 1993 selon l’organisme.

« Avec ce guide, nous espérons répondre aux questions qui pavent le parcours de tout salarié aidant », écrit Frédérique Decherf, directrice de l’action sociale Agirc-Arrco. Le document est publié ; le reste, pour chaque situation, se joue encore entre le contrat de travail, le département et le proche à accompagner.

Sources

  • https://www.agirc-arrco.fr/nous-connaitre/nos-actualites/un-guide-pour-les-aidants-qui-travaillent/
  • https://www.calameo.com/read/002711729ad27393b1cb2
  • https://www.silvereco.fr/salaries-aidants-conges-aides-repit-ce-que-recense-le-guide-de-lagirc-arrco/