À l’approche de la Journée nationale des aidants du 6 octobre, l’Agirc-Arrco transforme un temps de sensibilisation en chaîne d’orientation concrète. Du 30 septembre au 16 octobre, le régime de retraite complémentaire des salariés du privé annonce près de 80 rendez-vous en France : marches, forums, ateliers, ciné-débats, conférences ou spectacles. L’objectif n’est pas seulement de parler de l’aidance, mais de raccourcir le chemin vers une écoute, un répit ou un interlocuteur local.

Le décalage que le régime veut réduire est chiffré. L’Agirc-Arrco retient une estimation de 11 millions de personnes qui accompagnent régulièrement un proche fragilisé. Dans une étude menée au premier trimestre 2025 auprès de 8 000 aidants, 76% déclaraient n’avoir bénéficié d’aucune solution de soutien. Les dispositifs existent, mais l’information, le fait de se reconnaître comme aidant et l’entrée dans le système restent des obstacles.

Un forum le 7 octobre à Savigny-en-Véron, entrée libre

Parmi les dates déjà précisées figure un forum « J’aide mon proche, des clés pour vous accompagner », le 7 octobre 2026, de 10 h à 16 h 30, à l’Espace Confluence, salle Goubert, 12 rue du Bourg, 37420 Savigny-en-Véron. Il est organisé par le Comité Action sociale Agirc-Arrco Centre Val de Loire, avec le Centre intercommunal d’action sociale de Chinon Loire et Vienne et la Plateforme de Répit Bulles d’R.

Le programme prévoit des stands de partenaires et de professionnels, une conférence de l’UDAF d’Indre-et-Loire sur les mesures de protection juridique des majeurs de 10 h 30 à 12 h, puis, de 14 h à 16 h, la conférence « J’aide mon proche : être aidant, donner sans se perdre », animée par Benoit Saillau, psychopraticien et auteur du livre du même nom. L’entrée au forum est libre. Les conférences sont annoncées sur inscription avant le 2 octobre 2026, avec un accès possible sans inscription dans la limite des places.

De Suresnes à Nancy, des formats pensés pour pouvoir venir

Le 6 octobre, à Suresnes, un atelier « Un temps pour soi, des mots pour soi », coanimé par une psychologue, s’appuie sur l’écriture et la parole. À Laon, l’opération « Et moi dans tout ça ? » propose le même jour des exercices et des échanges autour du bien-être avec une sophrologue. La plateforme de répit partenaire peut, sur demande, organiser l’accompagnement de la personne aidée pour que l’aidant puisse réellement s’absenter.

À Combourg, la Journée nationale est prévue autour du ciné-débat du documentaire Mon Vieux, d’Elie Semoun et Marjory Dejardin. À Nancy, un Village des aidants rassemble stands d’information, théâtre-débat, café des aidants et table ronde sur l’intérêt de se reconnaître comme tel, avec des professionnels sur l’accès aux droits, la prévention santé, l’adaptation du logement ou le maintien du lien social. À Loireauxence, en Loire-Atlantique, le spectacle « À l’aide ! » met en scène le quotidien d’une personne aidée et de son épouse, avant un échange immédiat sur les solutions de répit du territoire.

À Champigny-sur-Marne, des journées de répit artistique s’adressent aux enfants et adolescents aidants. La Drees estimait que 642 000 jeunes de 5 à 24 ans aidaient régulièrement un proche vivant à domicile en 2022. Le sujet dépasse donc les seuls retraités du privé.

Orienter vers Ma Boussole Aidants, le répit et les aides déjà existantes

« Notre ambition est simple : un aidant doit savoir où s’adresser et accéder facilement aux solutions dont il a besoin », explique Frédérique Decherf, directrice de l’Action sociale d’Agirc-Arrco. Le régime met en avant le service téléphonique d’écoute, de conseil et d’orientation, Ma Boussole Aidants et les structures locales de répit. En Eure-et-Loir, le Conseil départemental a déployé Ma Boussole Aidants pour regrouper aides financières, solutions de répit, hébergements temporaires, associations et services de proximité, selon Radio Intensité. Évelyne Lefebvre, vice-présidente du Département chargée de la santé et de l’autonomie, y décrit l’aidant comme celui « qui est au plus près et qui répond aux besoins du quotidien ».

Sur le terrain, ces orientations se recoupent avec des droits déjà ouverts ailleurs : aides concrètes mobilisables par un proche aidant : APA, AJPA, droit au répit et crédit d’impôt, évaluation départementale, recherche d’un contrat dépendance oublié. L’Agirc-Arrco n’est pas le seul acteur, mais elle cherche à devenir un point d’entrée identifiable.

Une action sociale de 330 millions d’euros, au-delà du versement des pensions

L’Agirc-Arrco est le régime de retraite complémentaire obligatoire des salariés du secteur privé, géré par les partenaires sociaux, par répartition. Il se présente au service de 28 millions de salariés, 14 millions de retraités et 1,8 million d’entreprises, avec près de 100 milliards d’euros d’allocations versées par an. L’action sociale accompagne près de 2 millions de personnes chaque année, pour un budget global de 330 millions d’euros, sur le bien vieillir, l’aide aux proches aidants et la perte d’autonomie. Cette ligne s’inscrit aussi dans l’action sociale de l’Agirc-Arrco pour le maintien à domicile et les aidants.

Reste à voir si les 80 rendez-vous de septembre et octobre parviennent à faire basculer, sur chaque territoire, des personnes encore isolées vers un premier contact utile, plutôt que vers une nouvelle journée de sensibilisation sans suite.

Sources

  • https://www.agirc-arrco.fr/mes-services-particuliers/evenements/je-participe-a-un-evenement/forum-aidants-jaide-mon-proche-des-cles-pour-vous-accompagner/
  • https://www.rse-magazine.com/aidants-solidarite-agirc-arrco-evenements-2026/