Sébastien Chenu a avancé un chiffre précis dimanche 18 octobre 2026, sur le plateau du Grand Jury (RTL, Public Sénat, Ouest-France et M6) : le Rassemblement national évalue à 9 milliards d’euros le coût d’une borne d’âge à 60 ou 62 ans, associée à 40 ou 42 annuités. Marine Le Pen doit encore présenter sa réforme le mois suivant, à quelques mois de l’élection présidentielle. Le projet complet n’est pas publié. Le montant reste donc le chiffrage revendiqué par le député du Nord, vice-président du RN et de l’Assemblée nationale, et non une évaluation indépendante ni une règle adoptée.

Une réforme de société plutôt qu’un nouveau curseur d’âge

« Ce qu’on propose, c’est une réforme de société, ce n’est pas une réforme paramétrique », a déclaré Sébastien Chenu. Il a écarté l’idée de « bidouiller des paramètres », au motif qu’un tel ajustement oblige ensuite à « faire bouger le curseur et de le reculer ». Le parti assume un coût. Il le rattache à un « autre modèle économique », fondé selon lui sur la productivité, l’activité et une relance de la natalité.

Ce cadrage se distingue des propositions retraite déjà recensées pour la présidentielle 2027, où l’âge de départ et la durée d’assurance restent au centre des programmes. Ici, le RN insiste sur le modèle plutôt que sur un simple déplacement de l’âge légal.

9 milliards d’euros, un déficit d’environ 10 milliards, et le taux plein à 67 ans

« Le fait de mettre la borne d’âge à 60 ou 62 ans, avec 40 ou 42 annuités, ça a un coût. Nous l’avons estimé à 9 milliards d’euros », a dit Sébastien Chenu. Il a ajouté que le déficit des retraites « aujourd’hui est important » et « évalué à peu près à 10 milliards d’euros ».

Selon Capital, l’Institut de l’Entreprise et Terra Nova, qui ont examiné le projet budgétaire du parti, aboutissent à un coût plus élevé. Le même article rapporte une précision de Jean-Philippe Tanguy : « On n’a jamais menti aux gens sur une retraite à taux plein pour tout le monde à 62 ans ». Le taux plein automatique resterait fixé à 67 ans. Une baisse de la borne d’âge n’équivaudrait donc pas, dans cette présentation, à un taux plein automatique dès 62 ans pour tous.

Cette distinction pèse sur le calendrier réel de liquidation, déjà encadré par l’âge légal, les trimestres et les générations concernés par les règles en vigueur. Tant que le document de Marine Le Pen n’est pas public, 60 ou 62 ans et 40 ou 42 annuités restent des fourchettes énoncées à l’antenne, pas un barème officiel.

Le chiffrage de 9 milliards d’euros et l’annonce d’un projet le mois suivant laissent ouverte la question du financement, du taux plein et de l’âge réellement retenu.

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