16,20 euros de taxes sur 100 euros de cotisation, le président des mutuelles veut revenir à 5,5% avant le budget 2027
Éric Chenut presse députés et sénateurs de baisser les taxes des complémentaires santé, alors qu’un transfert de remboursements pèsera dès janvier 2027.

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Éric Chenut a demandé aux députés et aux sénateurs de « réduire les taxes qui frappent les complémentaires santé » lors des débats sur le budget 2027. Invité de franceinfo le samedi 19 septembre 2026, le président de la Fédération nationale de la Mutualité française (FNMF) lie cette fiscalité à la prochaine hausse des cotisations des assurés.
Selon lui, il faut « revenir à une taxation comme les biens et services essentiels, c’est à dire 5,5% ». Il appelle aussi « l’ensemble de la population » à écrire à son parlementaire pour que le sujet soit entendu. Cette demande n’est pas une baisse déjà votée : elle exprime la position de la fédération professionnelle, qui rassemble une grande partie des mutuelles du pays.
400 millions d’euros il y a 20 ans, 7,5 milliards aujourd’hui selon la Mutualité
Éric Chenut qualifie d’« aberration » l’évolution des taxes pesant sur les complémentaires santé. Il affirme qu’elles sont passées, en 20 ans, de 400 millions d’euros à 7,5 milliards d’euros. Ces montants sont ceux de la Mutualité française, pas un chiffrage autonome de l’État.
Dans une tribune publiée le 9 septembre 2026, la fédération va plus loin sur le mécanisme. Elle chiffre la taxation d’une mutuelle à 16,20%, soit 16,20 euros reversés aux pouvoirs publics sur 100 euros de cotisation. Réduire cette fiscalité, selon Éric Chenut, « permettrait non seulement de ne pas répercuter les hausses, mais même de baisser le niveau de cotisations ».
La Drees, dans son rapport 2025 sur les organismes complémentaires, confirme un autre ordre de grandeur, plus étroit : 6,1 milliards d’euros de taxe de solidarité additionnelle en 2024. Le rapport distingue cotisations hors taxe et prélèvements associés, et ne reprend pas le total de 7,5 milliards avancé par le président de la FNMF.
Dès janvier 2027, l’Assurance maladie recule de 60% à 50% sur plusieurs soins
Le gouvernement a déjà acté un transfert de remboursements de l’Assurance maladie vers les complémentaires, pour économiser un peu plus d’1 milliard d’euros par an. Dès janvier 2027, les consultations chez le dentiste, certains soins dentaires et les dispositifs médicaux seront remboursés à 50% par l’Assurance maladie, contre 60% aujourd’hui.
La Mutualité française chiffre ce transfert à 1,5 milliard d’euros de remboursements à partir de 2027, et près de 1,7 milliard d’euros une fois les taxes ajoutées. Éric Chenut détaille 3 postes : 590 millions d’euros supplémentaires sur le dentaire, 370 millions de plus sur les médicaments, 490 millions de plus sur les dispositifs médicaux. « Mécaniquement ça aura un impact sur les cotisations des assurés », prévient-il.
La fédération affirme aussi que les mutuelles devront assumer 50% des dépenses dentaires, contre 30% moins de 3 ans auparavant, et que certains médicaments seront 2 à 3 fois moins remboursés. Ces éléments relèvent de sa lecture du transfert, pas d’un barème officiel publié dans les sources du débat.
46,5 milliards d’euros de cotisations en 2024, après +8,2%
Les cotisations des organismes complémentaires ont déjà fortement progressé. La Drees, d’après les données de l’ACPR, indique 46,5 milliards d’euros collectés en santé en 2024, en hausse de 8,2% par rapport à 2023, après +6% en 2023. Franceinfo rappelle aussi une hausse de 2,9% en 2022.
Cette dynamique tient à l’augmentation des dépenses prises en charge par les complémentaires, aux évolutions du système de remboursement et à la consommation de soins. Pour les personnes qui conservent une ancienne mutuelle d’entreprise après le départ, une cotisation qui triple en 3 ans n’est plus un cas isolé. Le plafond de 140 euros sur franchises et participation forfaitaire s’ajoute au reste à charge que les contrats responsables ne couvrent pas toujours.
Les débats budgétaires restent ouverts. Sans vote sur le taux de taxation, le transfert de janvier 2027 continuera de peser sur les cotisations, contrat par contrat.
Sources
- https://www.franceinfo.fr/economie/budget/le-president-de-la-mutualite-francaise-appelle-les-parlementaires-a-reduire-les-taxes-sur-les-complementaires-sante-pour-eviter-une-hausse-des-cotisations_8200919.html
- https://www.capital.fr/economie-politique/mutuelles-une-aberration-le-president-de-la-mutualite-francaise-appelle-a-une-diminution-des-taxes-pour-baisser-les-cotisations-1530296
- https://www.mutualite.fr/actualites/transferts-de-charges-eric-chenut-sadresse-aux-assures-sociaux/
- https://www.drees.solidarites-sante.gouv.fr/publications-communique-de-presse-documents-de-reference/rapports/251218-rapport-organismes-complémentaires


