« J’ai perdu mon mari et je vais perdre ma maison » : une pension de réversion insuffisante bouleverse la retraite de Sylvie
Après le décès de son mari, Sylvie découvre qu’une pension de réversion ne suffit pas toujours à conserver sa maison et payer toutes les charges.

Au sommaire
- La pension du mari disparaît, mais pas les factures
- La réversion n’est même pas versée automatiquement
- Avant de vendre la maison, il faut absolument vérifier l’assurance du crédit
- Une propriétaire peut aussi se retrouver avec trop peu pour vivre
- Perdre son conjoint peut donc bouleverser toute une retraite
- Sources
Pendant des années, Sylvie et son mari avaient organisé leur retraite à deux. Deux pensions entraient chaque mois sur le compte du foyer et permettaient de payer les mensualités de la maison, les charges, les assurances et les dépenses courantes.
Après le décès de son époux, tout l’équilibre financier du couple disparaît brutalement. Les dépenses liées au logement, elles, restent presque identiques.
« J’ai perdu mon mari et je vais perdre ma maison. »
Dans le cas présenté ici, la pension de réversion permet bien de récupérer une partie des droits à la retraite du conjoint décédé. Mais elle est loin de remplacer intégralement les revenus qui entraient auparavant dans le foyer. Une différence suffisante pour rendre le remboursement de la maison de plus en plus difficile.
La pension du mari disparaît, mais pas les factures
C’est l’un des problèmes auxquels peuvent être confrontés les retraités propriétaires après un veuvage. Le crédit immobilier éventuel continue, tout comme la taxe foncière, l’électricité, les assurances et les frais d’entretien.
Mais le revenu du conjoint décédé n’est pas remplacé à l’identique.
Dans le régime général, la pension de réversion correspond à 54% de la retraite de base que percevait ou aurait pu percevoir le conjoint décédé. Elle est en plus soumise à des conditions de ressources et peut être réduite en fonction de la situation du conjoint survivant.
Pour la retraite complémentaire Agirc-Arrco, la réversion représente en principe 60% des droits du défunt. Elle n’est pas soumise à condition de ressources, mais d’autres règles s’appliquent, notamment concernant l’âge, le mariage et le remariage.
Un couple qui vivait correctement avec deux retraites peut donc se retrouver avec un revenu mensuel très inférieur après un décès, alors que certaines de ses plus grosses charges restent exactement les mêmes.
La réversion n’est même pas versée automatiquement
Autre détail important : la pension de réversion doit être demandée.
Pour la retraite de base du régime général, il faut notamment avoir été marié avec la personne décédée et avoir au moins 55 ans dans le cas général. Le Pacs et le concubinage ne permettent pas d’obtenir cette réversion.
Il existe aujourd’hui un service permettant de déposer une seule demande auprès des différents régimes auxquels le conjoint décédé avait cotisé. Lorsqu’elle est réalisée dans les 12 mois suivant le décès, la date de départ de la réversion peut, sous conditions, être fixée au premier jour du mois suivant le décès.
Pour une personne qui vient déjà de perdre une partie importante des revenus du foyer, vérifier rapidement l’ensemble de ses droits peut donc devenir essentiel.
Avant de vendre la maison, il faut absolument vérifier l’assurance du crédit
Si le logement est encore financé par un prêt immobilier, la première chose à regarder est le contrat d’assurance emprunteur souscrit lors de l’achat.
L’assurance d’un crédit immobilier couvre généralement le décès et peut prendre en charge tout ou partie du capital restant dû. Le montant réellement remboursé dépend notamment des garanties et de la quotité assurée sur chaque emprunteur.
C’est un point qui peut complètement changer une situation comme celle de Sylvie.
Si son mari était assuré à 100% sur le prêt, la prise en charge peut être très différente de celle d’un couple ayant choisi une répartition de l’assurance entre les deux emprunteurs. Avant d’envisager une vente précipitée, il faut donc demander à la banque et à l’assureur le montant exact du capital susceptible d’être pris en charge après le décès.
Une propriétaire peut aussi se retrouver avec trop peu pour vivre
Posséder sa maison ne signifie pas nécessairement disposer d’un niveau de vie confortable.
Une personne peut être propriétaire d’un bien valant plusieurs centaines de milliers d’euros tout en ayant très peu d’argent disponible chaque mois. Si la pension personnelle et la réversion ne suffisent plus à payer les dépenses courantes, la maison peut devenir un patrimoine important sur le papier mais impossible à conserver financièrement.
C’est alors que peuvent apparaître les décisions difficiles : utiliser l’épargne disponible, réduire fortement les dépenses, louer une partie du logement, envisager un logement plus petit ou, en dernier recours, vendre.
Selon ses ressources et sa future situation de logement, une personne retraitée peut également vérifier son éligibilité à certaines aides. L’allocation de logement sociale, par exemple, peut réduire le coût d’un loyer pour les personnes remplissant les conditions prévues.
Perdre son conjoint peut donc bouleverser toute une retraite
Lorsque le couple avait calculé son budget avec deux pensions, le décès de l’un des conjoints ne représente pas seulement une épreuve personnelle. Il peut aussi provoquer une chute immédiate et durable des revenus.
La pension de réversion constitue une protection importante, mais elle ne correspond pas à la totalité de la retraite du défunt.
Et lorsque la maison représente la principale dépense du foyer, quelques centaines d’euros manquants chaque mois peuvent suffire à rendre un budget jusque-là équilibré impossible à tenir.
Pour Sylvie, la peur de perdre sa maison arrive donc au pire moment : juste après avoir perdu celui avec qui elle avait prévu d’y passer toute sa retraite.
Sources
- https://www.lassuranceretraite.fr/portail-info/home/retraite/retraite-reversion-veuvage/pension-reversion.html
- https://www.agirc-arrco.fr/particuliers/ma-retraite/demander-ma-retraite/la-pension-de-reversion/
- https://www.economie.gouv.fr/particuliers/emprunter-et-sassurer/achat-immobilier-pouvez-vous-changer-dassurance-emprunteur
- https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F1280


