Le dernier mariage ne donne pas automatiquement toute la pension de réversion. Quand une personne s’est mariée plusieurs fois, le veuf ou la veuve peut devoir partager cette prestation avec un ou plusieurs ex-conjoints. Le divorce met fin à l’union, pas aux droits qui peuvent en découler au décès.

Seul le mariage ouvre ce droit. Un Pacs ou un concubinage, même long et avec des enfants, n’y donne pas accès. En revanche, un ex-époux reste un bénéficiaire potentiel, à condition de remplir les critères de chaque caisse. La durée de chaque mariage se calcule de date à date, arrondie au nombre de mois inférieur. Les périodes de vie commune hors mariage ne comptent pas.

Un partage au prorata des années de mariage, pas de l’ordre des unions

Dans le régime général, la réversion représente 54% de la retraite de base du défunt. S’il y a plusieurs ayants droit, ce montant se répartit selon la durée respective de chaque union. Ni l’ordre des mariages, ni la présence d’enfants, ni la qualité des relations n’entrent dans ce calcul.

Avec une pension de base de 1 600 euros, la réversion théorique atteint 864 euros avant l’examen des ressources. Pour 15 ans puis 10 ans de mariage, soit 25 années au total, le premier conjoint pourrait prétendre à 60% de cette somme, soit 518,40 euros, et le survivant à 40%, soit 345,60 euros. Ces chiffres restent théoriques : chaque personne doit elle-même réunir les conditions d’âge et de ressources.

À l’Assurance retraite, il faut au moins 55 ans. En 2026, les ressources annuelles brutes doivent rester inférieures à 25 001,60 euros pour une personne seule et à 40 002,56 euros pour un couple. Se remarier ne supprime pas le droit. Les revenus du nouveau ménage peuvent en revanche réduire ou suspendre le versement.

Agirc-Arrco : une perte définitive en cas de remariage

La réversion complémentaire des salariés du privé représente 60% des droits Agirc-Arrco du défunt, sans condition de ressources. Pour les décès depuis le 1er janvier 2019, elle est en principe versée à partir de 55 ans, sauf exceptions (invalidité ou 2 enfants à charge notamment). Seuls les conjoints et ex-conjoints non remariés peuvent en bénéficier.

Un remariage avant le décès empêche toute demande. S’il intervient alors que la pension est déjà versée, elle est définitivement supprimée. Un divorce ultérieur ou le décès du nouveau conjoint ne la rétablit pas. Avec une complémentaire de 900 euros, la réversion théorique de 540 euros se partagerait, dans l’exemple des 15 et 10 ans, entre 324 euros et 216 euros, si les 2 bénéficiaires remplissent les conditions. Le Pacs et le concubinage n’ouvrent aucun droit au décès du partenaire, mais ils n’annulent pas une réversion Agirc-Arrco déjà attribuée. Ces règles propres à la réversion de retraite complémentaire pèsent lourd avant de se remarier.

Fonction publique : suspension, pas forcément radiation

Si le défunt était fonctionnaire, la réversion égale 50% de la retraite, sans condition d’âge ni de ressources pour le partage entre conjoint et ex-conjoints. Un remariage, un Pacs ou une vie en concubinage fait perdre le droit. Contrairement à l’Agirc-Arrco, cette perte n’est pas forcément définitive : le rétablissement peut être demandé si la nouvelle union prend fin.

Autre particularité : le décès d’un bénéficiaire n’augmente pas la part des autres conjoints. Sa fraction peut, sous conditions, revenir aux enfants du fonctionnaire de moins de 21 ans ou en situation de handicap. Les conditions d’ouverture du droit (durée du mariage, enfants nés de l’union, date par rapport à la retraite) restent celles du régime des fonctionnaires.

Quand un ex-conjoint décède ou n’a pas encore 55 ans

À l’Assurance retraite, le décès d’un bénéficiaire peut conduire à un nouveau partage : sa part augmente celle des conjoints encore en vie. Ce recalcul n’est pas automatique. Il faut informer la caisse et demander le réexamen. Si une part n’est pas versée parce qu’un ex-conjoint n’a pas encore 55 ans, la répartition est fixée dès la première demande ; la fraction réservée n’augmente pas provisoirement les autres pensions.

La réversion n’est jamais versée d’office. Chaque conjoint ou ex-conjoint doit déposer sa propre demande et déclarer tous les mariages du défunt. Une démarche unique en ligne auprès des différents régimes existe via le compte retraite, mais il reste utile de vérifier que chaque caisse a bien traité le dossier.

Pour le régime général, une demande dans l’année suivant le décès peut faire partir le versement au premier jour du mois suivant celui-ci. Au-delà, le point de départ ne peut généralement pas précéder le dépôt. À l’Agirc-Arrco, un dossier tardif limite souvent le rappel à 12 mois. Actes de mariage, jugements de divorce et livret de famille restent indispensables pour reconstituer la chronologie des unions, surtout lorsque plusieurs régimes se croisent.

Sources

  • https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F13104
  • https://www.agirc-arrco.fr/particuliers/demander-retraite/pension-reversion/
  • https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F21819
  • https://www.capital.fr/votre-retraite/pension-de-reversion-et-remariage-quelle-part-revient-au-conjoint-et-aux-ex-epoux-1530008