La Banque de France a enregistré 121 571 dossiers de surendettement sur les 9 premiers mois de 2026, soit 11% de plus qu’à la même période de 2025. En septembre, 13 169 dépôts ont été comptabilisés, en hausse de 10,5% sur un an. Sur un an glissant, d’octobre 2025 à septembre 2026, la progression atteint 12%, avec près de 160 000 dossiers.
Cette tension budgétaire touche de plein fouet les plus de 60 ans. Les enquêtes de l’institution indiquent que près des 3 quarts des ménages surendettés de 65 ans et plus sont composés de personnes seules, avec une majorité de femmes retraitées ou veuves. Le passage à la retraite réduit souvent le revenu de 20% à 40% par rapport au dernier salaire, alors que les mensualités de crédits souscrites pendant la vie active restent inchangées.
Une année qui remplit aussi le FICP
Le baromètre de l’inclusion financière de septembre 2026 ne se limite pas aux commissions de surendettement. Depuis janvier, 71 089 inscriptions liées au surendettement ont été recensées. Les inscriptions pour incidents de paiement ont augmenté de 10,7% en septembre par rapport à l’année précédente. Au total, avec 700 000 arrivées depuis janvier, près de 2,4 millions de particuliers figurent au fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP).
Le même mois, plus de 200 000 demandes d’information ou d’accompagnement ont été enregistrées, soit 12,1% de plus qu’un an plus tôt. Plus de 500 Points conseil budget proposent un conseil confidentiel, gratuit et personnalisé de gestion budgétaire, selon le ministère des Solidarités.
Pourquoi la pension ne tient plus face aux crédits
Beaucoup de retraités ouvrent ou conservent des crédits renouvelables pour entretenir le logement, absorber un reste à charge santé ou aider enfants et petits-enfants. Les taux élevés de ces réserves transforment une avance ponctuelle en spirale. Les dépenses liées au grand âge (soins dentaires, optique, consultations spécialisées, aide à domicile, hébergement adapté) s’ajoutent à des pensions fixes, sans perspective d’augmentation comparable à celle d’un salaire.
Le poids d’une complémentaire santé après le départ en retraite peut encore comprimer le budget, au moment où les ressources deviennent trop faibles pour honorer à la fois loyer ou charges de copropriété et mensualités. Lorsque le revenu de base reste sous les plafonds, l’Aspa 2026 et ses conditions d’attribution constituent un filet distinct, mais elles ne remplacent pas un plan de dettes.
Ce que la commission peut sanctuariser
Un particulier, salarié ou retraité, qui ne peut plus rembourser ses dettes, ou sait qu’il ne le pourra plus, peut déposer un dossier devant la commission de surendettement des particuliers, sous conditions. La démarche est décrite par Service-Public. La commission recherche une solution adaptée.
Encadrée par les articles L. 711-1 et suivants du Code de la consommation, elle doit, en application de l’article L. 731-2, laisser un reste à vivre au moins égal au montant forfaitaire du RSA pour une personne seule. L’âge, la vulnérabilité et les factures médicales réelles entrent dans le calcul de la capacité de remboursement.
Pour un propriétaire, la commission cherche en priorité à préserver la résidence principale, via un rééchelonnement à taux zéro ou un plan d’apurement. Si les ressources sont insuffisantes et sans perspective d’amélioration, un rétablissement personnel peut effacer tout ou partie des dettes. Le 3414 et les Points conseil budget permettent d’engager ces démarches sans frais.
Les chiffres de 2026 montrent que le flux de dépôts ne s’est pas tari à la rentrée : la question reste celle du calendrier réel d’instruction, dossier par dossier, face à des pensions qui ne rattrapent pas les mensualités déjà engagées.



