Le tarif d’une complémentaire santé ne stagne pas avec l’âge. Aux hausses générales s’ajoute une majoration liée au vieillissement. Passé 80 ans, Cyrille Chartier-Kastler, fondateur de Good Value for Money, estime cette hausse annuelle à 2% à 3%. Trouver un assureur moins cher devient alors plus difficile. Pour une personne seule, le budget se situe souvent entre 1 600€ et 2 500€ par an, même sans garanties très généreuses.
Depuis le 1er décembre 2020, un contrat de complémentaire santé peut être résilié à tout moment après 1 an de souscription, sans frais ni pénalité. La loi du 14 juillet 2019 a mis fin à l’obligation d’attendre l’échéance annuelle. Le nouvel assureur peut prendre en charge les formalités. Ce droit vise les contrats couvrant les risques liés à la santé, seuls ou avec certaines garanties accessoires limitativement énumérées.
Un contrat basique peut coûter moins cher que des dépassements mal couverts
Alléger la prime passe parfois par un contrat « petit prix » centré sur le ticket modérateur et l’offre 100% santé. Les dépassements d’honoraires sont alors peu ou pas pris en charge. Selon Cyrille Chartier-Kastler, il revient souvent moins cher de les financer soi-même que d’acquitter une prime astronomique.
En revanche, la garantie hospitalisation reste un poste à regarder de près. Les longs séjours à l’hôpital sont devenus rares : les patients sont orientés vers des établissements de convalescence ou de rééducation, parfois pendant plusieurs mois. Le forfait hospitalier, 23€ par jour, n’est pas remboursé par l’Assurance maladie. La chambre seule, au moins 60€ par jour, peut aussi peser sur un séjour prolongé. Ces 2 postes expliquent pourquoi une couverture trop légère sur les soins longs et le reste à charge peut vite annuler l’économie réalisée sur la cotisation.
Bonus oubliés, réseaux de soins et devis à faire relire
Dans l’espace client ou l’application, des forfaits restent souvent inexploités : 50€ ou 100€ par an pour des médicaments non remboursés (parfois sous prescription), quelques séances de pédicure ou d’ostéopathie, parfois à hauteur de 50%, des téléconsultations, des vaccins de voyage, le sevrage tabagique, un dépistage auditif ou un second avis d’expert, rappelle Marianne Bye à la Mutualité française.
Santéclair, Carte Blanche Partenaires, Itelis, Kalixia ou Sévéane négocient des tarifs en optique, dentaire et audioprothèses. Le réseau figure sur la carte d’adhérent. Chez un professionnel affilié, le prix est souvent plus bas et le tiers payant plus fréquent. Certaines complémentaires et plateformes relisent aussi les devis : Marc Paris, chez Santéclair, souligne qu’elles connaissent les tarifs habituels et peuvent signaler un montant hors moyenne.
La complémentaire santé solidaire, 1€ par jour au maximum
Une simulation sur complementaire-sante-solidaire.gouv.fr ou mesdroitssociaux.gouv.fr permet de vérifier l’éligibilité, notamment pour les bénéficiaires de l’Aspa. La couverture est gratuite ou coûte au maximum 1€ par jour. Les professionnels ne peuvent pas facturer de dépassements. Le tiers payant est intégral. La participation forfaitaire de 2€ sur les consultations et la franchise d’1€ sur les médicaments ne sont pas dues.
Des associations de malades proposent aussi des aides ponctuelles, selon Guillaume Ramond à la CLCV. En pharmacie, un médicament remboursable prescrit peut parfois s’acheter sans ordonnance au tarif négocié par l’Assurance maladie, alors qu’une formule équivalente sous un autre nom se vend plus cher.
Changer de contrat n’est pas automatique. Après 80 ans, l’accueil d’un nouvel assureur se resserre. Conserver une mutuelle d’entreprise au départ à la retraite, avec le plafonnement prévu par la loi Évin, peut aussi peser lourd. Le calcul reste individuel : prime actuelle, hospitalisation, CSS éventuelle, et capacité réelle à souscrire ailleurs.



