Les premières estimations font apparaître une hausse de 1,6 % à 1,7 % pour la retraite de base en janvier 2027, et une fourchette de discussion de 1,2 % à 2 % pour l’Agirc-Arrco dès novembre 2026. Mais ces taux restent à confirmer et ne s’appliqueront pas à l’ensemble de votre pension. Voici ce qu’ils pourraient représenter concrètement.

Pour les anciens salariés du privé, deux échéances se rapprochent. La retraite complémentaire Agirc-Arrco doit faire l’objet d’une décision de revalorisation à l’automne, pour une éventuelle augmentation au 1er novembre 2026. La pension de base, versée par la Carsat ou la Cnav, suit normalement le calendrier du 1er janvier 2027.

Au 18 septembre 2026, aucun montant supplémentaire ne peut donc être promis. Les estimations disponibles permettent néanmoins de comprendre combien vous pourriez percevoir, à condition de distinguer les deux composantes de votre retraite.

Quelle augmentation se dessine pour la retraite de base en janvier 2027 ?

Une première estimation de la Commission des comptes de la Sécurité sociale envisageait une revalorisation de 1,6 %. Des calculs réalisés à partir de projections d’inflation plus récentes ont ensuite fait apparaître un ordre de grandeur proche de 1,7 %.

Le résultat définitif dépendra de l’évolution moyenne des prix à la consommation hors tabac sur la période de référence, qui court de novembre 2025 à octobre 2026. Le dernier chiffre d’inflation publié ne suffit donc pas, à lui seul, à déterminer la hausse.

Avec une augmentation de 1,7 %, une pension de base de 1 000 euros brut gagnerait 17 euros par mois. Pour 1 200 euros brut, le supplément atteindrait 20,40 euros. Ces exemples concernent uniquement la somme versée au titre du régime de base.

Une incertitude politique demeure également : des hypothèses de gel partiel ou de hausse inférieure à l’inflation ont été évoquées dans les discussions sur le budget 2027. Il s’agit de pistes, pas de mesures définitivement adoptées. La prévision économique et la décision finalement appliquée peuvent donc différer.

L’Agirc-Arrco pourrait-elle augmenter avant janvier ?

Oui. Pour la complémentaire des anciens salariés du privé, l’échéance annuelle se situe au 1er novembre. Une revalorisation décidée cet automne aurait donc des effets dès la fin de 2026, puis se prolongerait en 2027.

Les prévisions de septembre placent l’inflation annuelle hors tabac autour de 2 %. Le cadre applicable prévoit une référence diminuée de 0,4 point, soit 1,6 %, avec une marge d’ajustement. C’est ce qui explique la fourchette de discussion allant de 1,2 % à 2 %.

Le conseil d’administration doit cependant arrêter sa décision. Cette fourchette ne constitue pas une garantie : en novembre 2025, l’absence d’accord entre les représentants des salariés et du patronat avait abouti à un gel des pensions complémentaires.

Pour une complémentaire de 600 euros brut par mois, une hausse de 1,2 % représenterait 7,20 euros supplémentaires. À 2 %, le gain serait de 12 euros.

Combien gagnerait un retraité qui touche 1 800 euros par mois ?

Prenons le cas fictif d’une personne qui perçoit 1 800 euros brut mensuels, répartis entre 1 200 euros de retraite de base et 600 euros de complémentaire Agirc-Arrco.

Retenons deux hypothèses pour illustrer le calcul : une hausse de 1,6 % pour la complémentaire en novembre 2026, puis de 1,7 % pour la pension de base en janvier 2027.

Étape Retraite de base brute Agirc-Arrco brute Total mensuel brut
Avant les augmentations 1 200 € 600 € 1 800 €
Après une hausse de 1,6 % de l’Agirc-Arrco 1 200 € 609,60 € 1 809,60 €
Après une hausse de 1,7 % de la retraite de base 1 220,40 € 609,60 € 1 830 €

Simulation illustrative, réalisée avec des taux qui restent à confirmer.

Dans ce scénario, la retraite totale progresserait de 30 euros brut par mois, soit 360 euros sur douze mois à ce nouveau niveau. Mais le gain arriverait en deux étapes : 9,60 euros au titre de la complémentaire, puis 20,40 euros au titre de la pension de base.

Additionner les deux pourcentages serait une erreur. Une hausse de 1,6 % sur une composante et de 1,7 % sur l’autre ne donne pas une augmentation de 3,3 % sur la totalité de la retraite. Chacune doit être calculée séparément, puis les gains en euros peuvent être additionnés.

Pourquoi le montant reçu sur votre compte peut-il être différent ?

Les simulations précédentes portent sur des montants bruts. Le virement bancaire dépend aussi des prélèvements sociaux et, lorsque vous êtes imposable, du prélèvement à la source.

Une augmentation du brut ne se traduit donc pas nécessairement par un gain identique en euros sur votre compte. Si une retenue évolue en parallèle, elle peut réduire le supplément perçu. C’est aussi ce qui explique qu’une pension nette puisse baisser alors que son montant brut reste inchangé.

Pour vérifier votre situation, comparez les attestations de paiement de chaque caisse : montant brut, prélèvements sociaux, impôt retenu et net versé. Et si le montant de départ vous paraît incohérent avec votre carrière, certains indices peuvent signaler une erreur dans le calcul de votre pension. La revalorisation annuelle ne corrige pas, à elle seule, une période de travail oubliée ou des revenus mal enregistrés.

Pour connaître votre future hausse, il faudra donc appliquer les taux officiellement retenus aux deux montants figurant sur vos relevés. Les estimations actuelles donnent un ordre de grandeur ; les décisions de l’automne et de la fin d’année détermineront la somme réellement due.