Une voix automatisée se présente comme le Crédit Mutuel, évoque une opération suspecte et invite à composer la touche 1 pour joindre un « service des fraudes ». Derrière ce scénario, des cybercriminels cherchent à obtenir des données personnelles ou bancaires, pas à protéger un compte.
Ouest-France a relaté le cas d’une femme contactée de cette façon. Le robot parlait d’une « opération suspecte de 475,17 centimes » sur sa carte. Si elle n’en était pas à l’origine, elle devait appuyer sur 1 pour être mise en relation et « sécuriser » le compte. Elle a échappé au piège : elle n’est pas cliente de cet établissement, et aucun mouvement anormal n’apparaissait de son côté.
Comment le piège de la touche 1 est construit
Le montant, parfois donné au centime, donne une apparence de précision. L’urgence fait le reste : il faudrait agir tout de suite, sinon le débit passerait. Composer 1 n’est pas un geste anodin. Il peut ouvrir la voie à un interlocuteur humain, à une collecte d’informations ou à une mise en relation destinée à extraire codes, identifiants ou données de carte.
Presse-citron, qui a relayé l’affaire le 18 octobre 2026, souligne un point simple : raccrocher sans suivre la consigne. Contacter ensuite sa banque par un canal habituel, numéro connu ou application, permet de vérifier s’il s’agit réellement d’une alerte. Dans la grande majorité des cas, aucun prélèvement n’a eu lieu au moment de l’appel.
Ce schéma s’inscrit dans une hausse documentée de la fraude par manipulation, où le faux conseiller bancaire pèse lourd. La touche 1 n’est qu’une variante : on ne force pas d’abord le virement, on fait entrer la victime dans un dialogue sous prétexte de sécurité.
Ce que dit Cybermalveillance.gouv.fr
Le site officiel, dans sa fiche mise à jour le 7 mai 2026, définit l’hameçonnage comme une technique destinée à leurrer une personne pour lui faire communiquer des données personnelles, des accès, des mots de passe ou des informations bancaires, en se faisant passer pour un tiers de confiance. L’appel téléphonique entre dans ce cadre, au même titre qu’un SMS ou un e-mail.
Aucune administration ni société commerciale sérieuse ne demande des données bancaires ou des mots de passe par message ou par téléphone. En cas de doute, il faut joindre l’organisme par ses coordonnées officielles, pas via le numéro qui vient d’appeler.
Si des éléments de paiement ont déjà été communiqués, ou si des débits anormaux apparaissent, Cybermalveillance.gouv.fr recommande de faire opposition sans délai auprès de la banque, de conserver les preuves et de déposer plainte lorsque l’identité est usurpée ou que des opérations frauduleuses sont constatées.
Même logique du côté des retraites complémentaires
L’Agirc-Arrco a alerté sur des sollicitations qui usurpent son nom et son logo, ainsi que ceux d’organismes de protection sociale, pour récupérer des données, via de faux messages ou des liens sponsorisés. L’organisme précise qu’il ne proposera jamais de mutuelle, de complémentaire santé ni d’offres commerciales.
Le réflexe reste le même que pour la banque : ne pas répondre aux demandes inattendues, ne pas cliquer sur des publicités douteuses, et vérifier directement sur son espace personnel. D’autres scénarios de faux banquiers circulent en parallèle, avec des consignes de protection immédiates comparables : couper le contact, rappeler soi-même, ne jamais valider une opération sous la pression d’un inconnu.
Les appels robotisés au nom d’une banque continueront de tester la peur d’un débit fantôme. La touche 1 n’est pas un bouton de sécurité : c’est souvent le premier pas demandé par l’escroc.



